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samedi 5 mai 2012

J'aime détester Glee!


Il y a certaines séries que je n’assume pas à 100%. Et en tête de ces séries, il y a Glee. Au bout de trois saisons, je suis toujours incapable de savoir ce que j’en pense. Je n’arrive pas à me faire une opinion parce que j’ai encore du mal à comprendre de quoi il s’agit : est-ce une comédie musicale de teenagers ringarde et kitsch ou une parodie pop et légère de High School Musical ? Sans doute un peu des deux. Et c’est bien là qu’est le problème. Glee a du mal à choisir son camp.

Lorsqu’on croit avoir affaire à un thème sérieux, voire grave, les personnages volontairement débiles et souvent très drôles viennent alléger l’ambiance et nous offrent les meilleurs moments de la série. On se dit alors que Glee doit être vu au 5ème degré et que les scénaristes, conscients d’être là pour nous détendre, ne se prennent pas au sérieux. Mais au contraire, les histoires d’amour des lycéens qui devraient être légères sont abordées avec toute la gravité du monde et plombent la série qui bascule dans le pathos et le ridicule. On en vient à se dire que finalement, les auteurs sont niais et que la série se prend pour ce que qu’elle n’est pas : un drama.


Il en va de même pour les personnages : certains, les meilleurs, sont clairement là pour faire rire et sont pour le coup extrêmement réussis. Je pense à Sue Sylvester, Brittany ou Santana. Problème : depuis peu, la série cherche par tous les moyens à leur donner plus de profondeur et, par là même, se tire une balle dans le pied en atténuant leur bêtise ou leur méchanceté. D’autres personnages sont tout simplement odieux. La faute, pour beaucoup d’entre eux à un casting totalement raté : je pense à Mr. Shue ou Kurt, les deux pires têtes à claques de la série. Et pourtant, les scénaristes s’entêtent à leur donner toujours plus d’importance, en les mettant au cœur de problématiques pompeuses. Au milieu de tout ça, on trouve des personnages qui, à l’image de la série, naviguent d’un extrême à l’autre. Le meilleur exemple est celui de Rachel, héroïne de la série, tantôt très drôle parce qu’insupportable et prétentieuse, et tantôt très pénible parce que tragédienne et niaise. Là encore, au final, je suis incapable de dire si j’aime ou non ce personnage.
Au passage, pour ceux que ça amuse, je vous conseille la lecture de ce billet très juste sur les pires personnages de la série.

Et puis, il y a les chansons. Là encore, on trouve le pire et le meilleur dans la bande originale de la série. Certaines reprises de tubes pop-rock sont très réussis et certains mash-up (terme désignant deux chansons mixés en une seule) sont très bien trouvés. A côté de ça, on nous balance du Barbara Streisand et du Whitney Houston bien indigeste et très ‘ricain. Les voix des uns sont de belles trouvailles, celles des autres sont irritantes au possible.

Bref, Glee change d’humeur toutes les semaines et d’un épisode à l’autre, on ne retrouve pas du tout le même ton. Les audiences, qui dégringolent totalement après une première saison au sommet, reflètent cet état de fait : semaine après semaine, le public a encore et toujours du mal à s’y retrouver dans cette ambiance mi-figue mi-raisin.
Pour autant, malgré toutes ces critiques, j’aime détester Glee (à moins que ce ne soit l’inverse) et je continue à la regarder parce que malgré tout, ça change des dramas noirs et sombres que je regarde majoritairement et puis parce que la série réussit parfois à offrir de grands moments. Et en voici certains exemples.
(La qualité des vidéos est parfois très très moyenne: elles ont été altérés volontairement par les YouTubers pour contrer les interdictions dues au non respect des droits d'auteur)

Parfois, la série reprend des titre en vogue, sans grands changements, mais ça marche:




Parfois, ils nous la font sans instrument, uniquement avec des voix:



Parfois, ils modifient le tempo de la chanson et ça change tout (même si c'est chanté par Kurt...):


Parfois, ils reprennent (très bien) Amy Winehouse et en plus ils dansent dessus !



Parfois ils font des mash-ups très réussis, comme ici "I Will Survive" et "Survivor":



Il y a également l'excellent "Singing in the rain" / "Umbrella", que je n'ai pas réussi à trouver sur Youtube mais que vous pouvez aller regarder là.
Et tant que vous y êtes, allez écouter la reprise de "Smile" de Charlie Chaplin, c'est plutôt réussi.

Et parfois, ils nous pondent un truc vraiment top. Je l'ai déjà posté sur ce blog mais ça mérite d'être regardé à nouveau:

lundi 9 avril 2012

Ally McBeal en musique !

Aujourd’hui, j’écoutais ITunes en mode aléatoire. A un moment, comme ça, sans prévenir, une chanson est arrivée et m’a renvoyé directement quelques années en arrière, à l’époque où je regardais religieusement Ally McBeal toutes les semaines sur M6 (je ne vais pas dire tout de suite de quelle chanson il s’agissait pour ne pas gâcher la surprise). Bien avant la mode des séries musicales comme Glee ou Smash, Ally McBeal plaçait la musique au centre de son univers.
Les premières notes de certaines chansons pouvaient suffire à expliquer précisément aux téléspectateurs l’état d’esprit dans lequel se trouvait l’héroïne, sans avoir besoin qu’un seul dialogue ne soit prononcé. D’autres musiques permettaient d’annoncer l’arrivée de certains personnages avant même qu’on ne les voit (je pense à la petite musique stressante qui précédait chacune des entrées de Ling dans les bureaux de Cage & Fish). Vonda Shepard, qui était l’interprète d’une immense majorité des chansons entendues dans la série mais qui incarnait aussi la chanteuse du bar où tous les personnages se retrouvaient en fin de journée, avait même le droit de voir son nom et son visage apparaitre au générique de la série. Un cas unique selon moi.
Avec une musique aussi présente, j’ai donc repensé à la playlist de la série et j’ai retenu ces quelques indispensables pour tout fan qui se respecte.

La première chanson, évidemment, c’est celle du générique, une des rares qui soit signée de Vonda Shepard. Je suis bien incapable de dire si j’aime ou non cette chanson. Elle représente simplement la série.
 

Ally McBeal était sujette aux visions. C’était même, avec les chansons, un moyen efficace et souvent très drôle de comprendre ce à quoi elle pensait. Sauf que, en cours de saison 1, ces visions maitrisées deviennent des hallucinations incontrôlées. La plus récurrente d’entre elles est un petit bébé en image de synthèse qui vient danser sous les yeux d’Ally. Toujours accompagné d’une petite musique tribale bien particulière, le bébé est là pour lui rappeler que son horloge biologique tourne. Cruel mais efficace puisque que petit à petit, Ally apprend à vivre avec ce bébé dansant et à se rassurer sur son avenir. Et la chanson "I can’t stop this feeling" qui venait s’ajouter par-dessus la musique tribale est associé pour toujours à ce bébé en 3D.

Pour soigner ces hallucinations et ses problèmes de cœur, Ally va voir une psy aux méthodes un peu particulières. Celle-ci conseille à Ally, entre autres, de fredonner une chanson qui fout la pêche à chaque fois qu’elle sent le blues monter. La chanson qu’Ally choisit est Tell Him de Bert Berns. Et comme elle a TRES souvent le blues, c’est vite devenue une chanson récurrente de la série. Elle prend l’habitude de se défouler dessus et par mimétisme, j’avoue que cette chanson a tendance (ou du moins avais, je l’écoute moins aujourd’hui…) à me donner la patate à moi aussi. 

Un autre personnage à l’imagination débordante est bien évidemment John Cage (le magnifique Peter MacNicol), le patron excentrique et farfelu de la série. Pour se donner du courage quand il en a besoin (c’est-à-dire chaque fois qu’il veut aborder une femme), il se retrouve en tête à tête avec lui-même dans les toilettes unisexe de la société pour se concentrer et laisser l’esprit de Barry White lui venir en aide. John Cage choisit "You're the First, the Last, My Everything" pour le guider sur la voie de la sexe attitude. Et oui, Barry White est quand même pas mal connu pour donner à une soirée une ambiance sexy et décontracte. Alors, peu à peu, John a mis en place tout un rituel autour de cette chanson pour se mettre dans le mood de l’amuuur. Et ce rituel est vite devenu connu de tous les employés. Si bien que chacun a pu, à un moment ou à un autre, participer à la petite danse de John. Ne serait-ce que dans l’épisode où Barry White himself est venu pousser la chansonnette dans le bar pour fêter l’anniversaire de John. 
 
Dans le genre "légende black américaine", on a aussi eu l’énorme présence d’Al Green, qui apparait à Ally en vision pour la réconforter dans ses plus grands moments de solitude. La nostalgie et la tendresse qu’inspirent ce chanteur collent parfaitement à l’ambiance de la série. Et je suis bien content qu’il ait été invité dans la série parce que j’avoue qu’au moment de la première diffusion de la série, je ne connaissais pas Al Green (ouais, ça va, j’étais jeune !). 
 
Enfin, la fameuse chanson sur laquelle je suis tombé cet après-midi et qui m’a fait le coup de la madeleine de Proust, c’est celle qui est devenue pour beaucoup LA scène romantique de la série. Dans la saison 4, Ally rencontre un avocat, Harry, incarné par Robert Downey Jr., acteur un peu à la dérive à cette époque (il s’est depuis bien rattrapé avec Sherlock Holmes et Iron Man). Toutes les téléspectatrices ont rêvé qu’Harry devienne LE mec d’Ally. Et pourtant, ça n’a pas été le cas. Mais avant de tirer sa révérence, il a offert à Ally THE cadeau d’anniversaire. Il lui chante "Every breath you take", mais attention, pas en mode karaoké. Non, quand Harry décide de faire un cadeau, il fait les choses en grand et s’offre le soutien de Sting en personne pour se taper un p’tit bœuf. Et du coup, quand Monsieur Sting arrive à l’écran, ça devient une séquence culte. En quelques minutes, lui et Harry Downey Jr réinventent la classe. J’adore.


Bon je m’arrête là mais j’aurais pu continuer avec d’autres séquences cultes vu le défilé de stars que la série nous a apporté (Tina Turner, Macy Gray, Gloria Gaynor, Josh Groban, Anastacia ou Elton John) et les séquences musicales que nous ont offert des personnages comme Elaine ou Renee ou des épisodes en comédie musicale. Ally McBeal avait très justement choisi de mettre la musique au centre du récit. Ce qui a surement contribué à faire de cette série l’une des séries les plus cultes des années 1990.