
Un remake de Sleepy Hollow,
déjà, dit comme ça, c’est suspect. D’abord, parce que c’est s’attaquer à
l’un des films les plus réussis de Burton, selon moi. Et puis parce que
tenir la distance sur une saison, même courte, avec ce sujet-là, ça
sent l’étirement d’intrigues à outrance. Mais bon, donnons-lui sa
chance, me suis-je dit. Et bien, il m’a fallu exactement 4 minutes pour
me dire "WTF ?!", pour trouver la série ridicule et pour me demander si
on n’était pas tout simplement en train de se foutre de ma gueule.


Bon, ça
c’était le pilote. Je suis un peu sévère parce que certaines scènes (les
scènes d’action notamment) sont plutôt efficaces et bien réalisées. Et
quelques vannes sur les Starbucks et les taxes des beignets sont plutôt
bien trouvées. Mais c’est un peu limite.
Et
vient alors le temps du deuxième épisode. Misère de misère. On a
furieusement l’impression que les scénaristes se sont réunis autour
d’une table avec pour objectif de répondre à la question : "Comment
qu’on tient 13 épisodes avec un type qui découpe la tête des gens ?". La
conclusion est évidente : ils n’ont pas réussi à trouver une réponse.
Parce que le deuxième épisode ne parle pas du tout du cavalier sans
tête. Pourtant, ça avait l’air d’être un problème mastoc : le mec est
quand même l’un des quatre cavaliers de l’Apocalypse (ah, si St-Jean
gagnait un dollar à chaque fois qu’on site l’Apocalypse dans une
série…), c’est pas rien. Bah non, on s’en fout. On préfère s’intéresser à
un autre phénomène paranormal : la résurrection d’une sorcière du 18ème
siècle. Mais pas une des gentilles sœurs Halliwell. Non, une méchante
venue tuer les descendants de son bourreau, qui ne sont que deux et qui
se trouvent justement habiter à Sleepy Hollow (le nom du bled). Lucky girl ! Je passe sur les maquillages ridicules de la sorcière carbonisée, qui rappelle vaguement la Guerre du Feu parce que certains effets spéciaux viennent joliment rattraper la sauce.
Pour
l’arrêter, pas de problème, Crane et Mills sont sur le coup. Comment ?
En consultant les vieux grimoires du shérif bien sur ! Décidément, ces
grimoires sont visiblement plus exhaustifs que le livre des Ombres et
Wikipédia réunis. Problème, ils ont été classés aux archives. Pas de
souci, notre visiteur du passé connait un vieux passage secret construit
sous le poste de police pour rejoindre l’annexe du commissariat.
Really, REALLY ? D’ailleurs, ces souterrains sont à priori connus de
tout le monde (on y voit des passerelles métalliques) mais personne n’a
pensé à enlever les barils de dynamite datant de 1780. Et comme on
découvre qu’ils doivent tuer la sorcière par le feu, on se demande bien
où on nous emmène avec cette poudre de canon. Subtilité, légèreté,
toussa, toussa…
A
propos de finesse, dans la famille "Deus Ex Machina", la série s’impose
en reine. Dès que l’enquête est au point mort, les auteurs (qui
planchent toujours sur la première question citée plus tôt) choisissent
d’user de ce procédé scénaristique honteux qui consiste à nous sortir
une solution de nulle part. Ici encore, les rêves du héros sont très
révélateurs et lui livrent les solutions en moins de deux, en mode
"fausse énigme tout pourrie". On va me rétorquer que c’est de la magie
et que ça fait partie du mythe. Ok, mais point trop n’en faut. On
réinvente déjà les règles au 2ème épisode : Ichabod, qui
jurait dans le pilote n’avoir rien vu d’aussi étrange que le cavalier
sans tête, se souvient cette fois-ci d’une apparition mystérieuse qui
l’avait effrayé sur un champ de bataille. A ce rythme-là, on n’a pas
fini d’accumuler les facilités. Bon, je ne vais pas m’éterniser sur la
fin de l’épisode : tout est bien qui finit bien et Maddie trouve même un
moyen de papoter tranquille avec son défunt shérif (aucun personnage
gens ne meurt dans cette série. Jamais. NEVER EVER). Cliché, ennui,
bâillement.

Dans
la narration, rien n'est logique. Aucune des réactions des personnages n'est compréhensible. Les usages intempestifs de flashbacks tentent en
vain de donner de l’épaisseur aux deux héros, mais finissent très vite
pas lasser. Top facile de piocher dans leur passé, inconnu du
spectateur, pour trouver une solution aux problèmes rencontrés. Autre
procédé insupportable (pourtant utilisé trop fréquemment en série télé),
les personnages "qui savent tout mais qui diront rien", ou du moins
rien de façon claire et audible : le shérif et la femme sorcière font
manifestement exprès de ne divulguer leurs précieuses infos qu’au compte
goutte, et ce dans un charabia incompréhensible. Dans quel but ?
Mystère.
Bref,
cette série ne m’a pas du tout plu. Je ne comprends pas la décision un
poil prématurée de la Fox d’avoir d'ores et déjà commandé une saison 2
(je rappelle que 3 épisodes ont été diffusés à l’heure où j’écris ce
post). D’autant que si les audiences suivent la tendance des 3
épisodes, plus personne ne regarde d’ici un mois. Quoi qu’il en soit, ça
n’est pas du tout ma came. Au contraire, tout ça m’a bien pris la tête.
Ha ha.
*Chaque président a son hobby, il parait que Lincoln chassait les vampires…