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jeudi 18 juillet 2013

Glee: après la mort du héros



Ça a fait le tour du net et des news cette semaine: Cory Monteith est décédé. Le comédien de 31 ans incarnait Finn Hudson dans la série de Ryan Murphy, Glee. La nouvelle a surpris les fans puisque Monteith semblait remonter la pente après une période un peu sombre de sa vie : pour des raisons d’addiction à l’alcool et à la drogue, il s’était fait hospitalisé en centre de désintox en mars dernier. Tout paraissait aller en s’arrangeant pour l’acteur qui souffrait de ces dépendances depuis son adolescence. Mais finalement, il a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel dans la nuit du 13 juillet. Glauque. Seulement voilà, The Show Must Go On, comme dirait Freddie puisque que le season premiere de la cinquième saison de Glee est prévu pour le 19 septembre sur la Fox. Et le tournage de la série doit reprendre d’ici quelques semaines. Au-delà de la tristesse qu’ils doivent ressentir, les scénaristes de la série vont devoir plancher rapidement pour trouver un moyen de faire vivre la série sans son personnage principal.

Ça n’est pas une première, ça s’est déjà vu dans l’histoire des séries, même si l’importance du rôle de Finn complexifie la tâche. Et pourtant, Spartacus avait du faire face aux mêmes difficultés scénaristiques. Avant le démarrage de la seconde saison, l’acteur Andy Whitfield qui interprète le rôle-titre de la série, se découvre un cancer. Là, pour les scénaristes, la tâche est un peu plus ardue que pour Glee. Car, si celle-ci est une série chorale où de nombreux personnages occupent tous plus ou moins l’avant-scène, Spartacus repose sur un héros. Le perdre devient donc un poil problématique. Dans l’urgence, les scénaristes font donc le choix de remonter le temps pour une mini-série de 6 épisodes et proposent ainsi un préquel à la série, sans Spartacus, en attendant que Whitfield se soigne. Malin. Mais malheureusement, l’acteur ne s’en sort pas. Il a malgré tout le temps de valider le choix de son remplaçant : Spartacus revenant pour une seconde saison, il fallait lui trouver un nouveau visage. C’est chose faite avec Liam McIntyre, qui a pu rencontrer son prédécesseur avant que celui-ci ne meurt.

Touche pas à mes filles est un autre exemple d’une série qui a su rebondir malgré la mort de son personnage principal. Cette sitcom réalisée entre 2002 et 2005, raconte le quotidien d’un père de famille (John Ritter) obligé de surveiller de près ses trois enfants et notamment sa fille ainée (Kaley Cuoco, Penny de The Big Bang Theory), un peu trop intéressée par les garçons. Au début de la troisième saison, au cours du tournage du 4ème épisode, John Ritter meurt brutalement d’une dissection aortique. Après une pause de quelques semaines, la production décide d’intégrer la mort de l’acteur à la série. Le personnage du père disparait lui-aussi et de nouveaux chaperons font leur apparition (le grand-père et l’oncle des enfants). Le titre de la série est modifié dans sa version originale : de 8 Simple Rules For Dating My Teenage Daughter, on passe à 8 Simple Rules. Mais les audiences ne remonteront pas vraiment et la saison 3 sera la dernière de la série.

On pourrait citer trois autres cas de séries qui ont vu un de leurs comédiens mourir trop tôt. Plus secondaires, leur disparition n’a pas véritablement bouleversé le déroulement des séries dans lesquelles ils jouaient :
Nancy Marchand qui incarnait l’infâme mère de Tony Soprano, meurt au début de la saison 2. Détail intéressant, les scénaristes intègrent cette mort au récit en réécrivant certaines scènes de Nancy Marchand. Avec d’anciens rushs et la magie des effets spéciaux, l’actrice a pu "jouer" de façon post-mortem et le personnage a ainsi eu une fin soignée.
Plus sobrement, la mort de John Spencer, l’incontournable Léo de The West Wing, vient secouer la dernière campagne présidentielle de la série. Dans ce cas précis, l’issu du personnage était toute trouvée, Léo ayant déjà fait une attaque cardiaque plus tôt dans la série. Ironie du sort, c’est également de ça qu’est mort le comédien à seulement 58 ans, malgré un physique qui pouvait laisser croire qu’il en avait bien plus.
Un peu moins jeune, Larry "J.R." Hagman est mort à 81 ans en novembre dernier, au milieu du tournage de la saison 2 de Dallas 2012. Naturellement, les scénaristes ont aussi fait mourir le plus mythique des Ewing. Et là, il sera peu probable que Pamela se réveille un jour en réalisant que la mort de J.R. n’était qu’un rêve (pour rappel, c’était l’excuse bidon trouvée dans la série originale pour faire revenir Bobby, personnage pourtant mort un an plus tôt).



Alors comment Glee peut s’en sortir ? Plusieurs options sont possibles :
- Comme dans Spartacus, les producteurs pourraient choisir de remplacer l’acteur et de garder le personnage de Finn. Pilule difficile à avaler pour les Gleeks (probabilité estimée par mes soins: 5%).
- Glee pourrait faire un saut dans le temps et expliquer le départ de Finn autrement que par sa mort (probabilité : 7%)
- La série pourrait aussi faire comme si de rien n’était. Glee n’étant pas la série la plus réaliste et s’autorisant ce genre de choses ; les situations évoluent d’un épisode à l’autre parfois sans grande cohérence. D’ailleurs, rappelons que pendant sa désintoxication, Cory Monteith avait déjà manqué le tournage des six derniers épisodes de la dernière saison sans que la disparition de Finn ne soit expliquée ou même évoquée dans la série (probabilité : 14%).
- Glee pourrait aussi innover et faire un épisode hors-temps : une sorte de show en dehors de la chronologie de la série pour évoquer la mort de l’acteur, lui rendre hommage et passer à autre chose pour ne pas plomber le reste de la saison d’une série qui se veut être une comédie (probabilité : 23%).
- L’option la plus probable reste quand même d’intégrer le décès du comédien à l’histoire. Et là, ça risque de pleurer dans les chaumières, d’autant que Glee n’est pas forcément réputée pour faire dans la subtilité (probabilité : 51%).


Une chose est sure, je plains fortement le casting de la série - et plus spécialement Lea Michele qui partageait la vie de l’acteur – qui vont devoir "rejouer" des scènes de tristesse et de deuil d’ici quelques semaines.

lundi 23 janvier 2012

Meilleurs ennemis

En écrivant un post sur Boss, je me suis interrogé sur les personnages mauvais, les méchants dans les séries télé. J’ai d’abord constaté qu’un grand nombre de séries présentaient des personnages principaux à la morale douteuse (Boss, Breaking Bad, les Sopranos, Dexter, Dirty Sexy Money, Boardwalk Empire pour n’en citer que quelques unes). J’ai surtout constaté que dans d’autres séries où les héros incarnaient des valeurs plus légales, les personnages secondaires mauvais recevaient souvent un soutien très fort des téléspectateurs, parfois plus fort que les héros. J’y vois au moins trois raisons, qui varient selon les genres de série dans lesquelles ils apparaissent :

- Dans les comédies, ils nous font rire : les personnages de méchants y sont particulièrement jouissifs. Sans limite, ils expriment tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Ils sont politiquement incorrects et lancent des répliques souvent extrêmement borderlines.
Des exemples : Ling dans Ally McBeal était égoïste, méprisante, peste, insultante mais hilarante. Apparue au début en tant que guest, ses répliques qui tuent et ses rugissements de lions lui ont permis de s’élever au rang de personnage principal. 
Dans Glee, le personnage de Sue Sylvester compte parmi les plus populaires de la série, même si à la base, les créateurs de la série n’étaient pas surs qu’elle reviendrait dans la série(son interprète (Jane Lynch) s’étant engagée sur un autre série qui n’a finalement pas vue le jour). Pourtant, la coach des pompom girls est devenue une figure mythique de la série pour ses piques déplacées souvent liées au physique. 
Dans Entourage, avec le colérique Ari Gold, les scénaristes se permettent là aussi des répliques misogynes, racistes et homophobes et ça passe sans problème. Pourquoi ? parce que le personnage n’est pas foncièrement mauvais : il hurle, il s’agite, il provoque mais il n’en reste pas moins l’un des alliés les plus fidèles du héros.
Autre cas, la débridée et regrettée Edie Brit devient très vite la 5ème desperate housewives dés le début de la série ; ses réflexions blessantes mais souvent franches ont permis plus d’une fois aux héroïnes d’ouvrir les yeux.
Le plus grand danger pour ses personnages est de devenir gentil : devant leur popularité toujours grandissante, les scénaristes essaient de leur donner du fond et de justifier leur méchanceté. Si cela a bien fonctionné pour Ari Gold, ça a moins payé pour Sue Sylvester qui perd tout son intérêt lorsqu’elle fait preuve d’humanité.

- Dans les dramas, ils peuvent se repentir : les méchants y sont souvent moins caricaturaux que dans les comédies. Plus subtils, moins manichéens, ils finissent toujours par évoluer. Dans le bon sens… ou pas. Et c’est cette dualité qui les rend parfois aux yeux du téléspectateur plus abordables et plus humains que les gentils.
Des exemples : Dans X-Files, Alex Krycek reste selon moi un des personnages les plus intéressants de la série. Au début présenté comme un traitre, il fait équipe avec Mulder pour le compte de l’homme à la cigarette. Trahi à son tour, Krycek va tracer son propre chemin, sur la voie de la rédemption à mi chemin entre la vertu (représentée par Mulder et Scully) et le mal*. 
De même, le vampire Spike s’impose comme un des personnages, si ce n’est le personnage le plus attachant de Buffy ! D’abord introduit comme un ennemi drôle et pathétique, Spike se retrouve obligé en saison 4 de faire alliance avec Buffy et tombe même amoureux de cette dernière : déchiré entre ses instincts de vampire et ses sentiments, il devient de plus en plus humain. On découvre alors un personnage fragile, peu sûr de lui, mais loyal et même prêt à risquer sa vie pour sauver Buffy. 
Dans Lost, le gentil Jack s’oppose très vite au méchant Sawyer. Celui-ci, par instinct de survie, préfère s’isoler du reste du groupe puisque, c’est bien connu, l’enfer, c’est les autres. Mais comme on est dans Lost, Sawyer n’est évidemment pas monolithique. Et là encore, des sentiments amoureux et amicaux l’amènent à s’humaniser au fil des saisons pour finalement inverser les rôles avec Jack et devenir le sauveur du groupe. 
Toujours dans Lost, le très méchant Ben Linus, introduit en saison 2, reste un des plus beaux salauds de l’histoire des séries. Manipulateur, menteur, traitre, il est longtemps LE type à abattre. Et puis, à un moment précis en cours de saison 5, le personnage trébuche, et sa chute est passionnante. Il perd tous ses repères, ne sait plus où aller ; l’ancien bourreau devient alors un petit bonhomme fragile. Et le personnage prend une ampleur incroyable. 
Dans le même genre, T-Bag, meurtrier malsain, raciste et pervers de Prison Break est également un personnage bizarrement passionnant. Répugnant et dangereux, il fascine pourtant parce qu’il représente tous les pires interdits de la société. Et puis, fatalement, à un moment donné, lui aussi chute et perd son aplomb au fil des épisodes. Et le plaisir du spectateur devient alors de voir jusqu’où le personnage va tomber.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie n’est pas simple pour ces méchants de drama. Les scénaristes prennent plaisir à se venger des méfaits de ces personnages. Si beaucoup d’entre eux cherchent la rédemption, celle-ci a un prix. Parmi les personnages cités ci-dessus, deux d’entre eux vont perdre un bras, un autre va voir sa fille mourir sous ses yeux et un autre encore va y laisser sa peau. Méchant ? un métier à haut risque…

- Dans les soaps, ils sont sources de rebondissements : ici, les méchants ont une autre fonction, forcément appréciée du public : ils foutent le bronx et relancent l’action. Aussi caricaturaux que les méchants de comédies, ils ne sont cette fois-ci pas là pour plaisanter mais pour se déchainer sur les gentils de la série. Sans foi, ni loi, ils sont irrécupérables. Et les scénaristes s’en donnent à cœur joie pour cumuler en eux toutes les tares de la société. Mais grâce à eux, le récit évolue. Et pour ça, on leur dit merci !
Des exemples : pour faire court, qui ne se souvient pas de JR Ewing dans Dallas et de Amanda Woodward dans Melrose Place ? L’un comme l’autre, ils en ont fait voir de toutes les couleurs à leurs ennemis. Tous deux sont increvables et ont survécu à plusieurs tentatives d’assassinats. Et preuve de leur popularité, tous deux apparaissent en personnage secondaire dans la suite des séries qui les ont vu naitre : Melrose Place, nouvelle génération (sortir en 2009, annulée en 2010) pour l’une et Dallas (prévue pour l’été 2012) pour l’autre.

 

*Pffiu, c’est beau ça…