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mardi 14 novembre 2017

Jonathan Groff: du faux méchant au vrai gentil

  
Le phénomène Stranger Things et le scandale Kevin Spacey ont presque réussi à éclipser l’autre actualité du moment de Netflix: la sortie de l'excellente Mindhunter, la série produite et en partie réalisée par David Fincher. Cette sorte de prolongation sérielle de Zodiac raconte les débuts de la science du profiling dans les arcanes du FBI des 1970's. Dans le rôle principal, Jonathan Groff. Ce jeune comédien enchaîne les projets depuis maintenant près d'une décennie. Petit focus sur trois rôles marquants dans sa jeune carrière.


Jesse St. James – Glee : dans la première saison de la fameuse série musicale de Ryan Murphy, Jonathan Groff et ses bouclettes font leur apparition dans le rôle de Jesse: il est le rival parfait de Rachel Berry. Chanteur principal des Vocal Adrénalines, LE groupe concurrent à abattre, il séduit Rachel et utilise sa naïveté pour fomenter les pires coups bas et décrédibiliser les New Directions.
La performance de Groff sera plus tard critiquée, certains journalistes bas de plafond estimant qu'un acteur ouvertement homosexuel ne peut interpréter de façon crédible un personnage hétérosexuel. Passons sur cette absurdité d'une connerie abyssale pour revenir sur le principal problème de Jonathan Groff dans Glee. Le visage angélique du garçon et le jeu subtil du comédien sont ceux d'un jeune premier. Pas ceux d'un méchant. On a un peu du mal à croire à la perversion de ce faux vilain. Et les scénaristes semblent être de cet avis: les saisons suivantes verront revenir un Jesse totalement transformé: bienveillant, gentil, encourageant, il devient un allié solide et régulier pour Rachel. C'est même lui qui lui tient la main pour l'ultime chanson de la série. Groff fait alors son coming-out de gentil.

Patrick Murray – Looking : après avoir joué dans la seconde saison de Boss le rôle d'un faux gentil (tiens tiens) pas inoubliable, Jonathan décroche en 2014 le rôle de Patrick, geek trop choupinou, héros principal de la nouvelle production HBO. La série d’Andrew Haigh et Michael Lannan suit le quotidien des trois homosexuels trentenaires de San Francisco dans leurs pérégrinations amoureuses et professionnelles. Groff y crève l'écran : totalement à l'aise pour interpréter ce gentil naïf qu'est Patrick, le comédien semble ne faire qu'un avec son personnage. Énervant pour certains, charmant pour d'autres, Patrick est un personnage complexe, certes un poil névrosé et bourré de principes mais inoffensif et terriblement attachant. On a bien du mal à faire le distinguo entre les deux hommes tant Jonathan semble follement s’amuser à interpréter Patrick. En interview, il répète partout qu’il est fier de faire vivre ce personnage gay si complexe, si juste, et ce, même dans les scènes plus gênantes de discours alcoolisé ou de lavement anal.


Holden Ford – Mindhunter : à peine consolé de l’annulation (trop rapide) de Looking, Groff se voit déjà embarqué dans un nouveau projet, et non des moindres. Il campe là encore le rôle principal d’un thriller policier psychologique. Son personnage partage certains traits de caractère avec le précédent: passionné, un brin naïf, peu sûr de lui, Holden est présenté comme un garçon sage. Encore une fois, les premiers épisodes nous donnent à voir un vrai gentil. Mais au fil de l’évolution du personnage de plus en plus marqué par les serial killers qu’il côtoie, Jonathan Groff durcit son jeu qui, tout en restant toujours subtil, fin, devient plus brutal, plus sec. Et peu à peu le comédien fait oublier l’image du bon Patrick pour retrouver celle plus badass de Jesse, en un peu plus crédible cette fois. Ayant muri, vieilli, le comédien semble plus apte à porter sur ses épaules des scènes plus noires et des situations plus borderline.

En trois rôles (dont deux principaux, déjà) le comédien de 32 ans à qui on donnerait le bon dieu sans confession multiplie les genres (il n’y a qu’à voir comme il associe Glee et Mindhunter dans cette vidéo chez StephenColbert - à 6:30). Et même s’il peine à se démarquer de cette image de gentil qui semble vouloir lui coller à la peau, la complexité de son dernier personnage en date semble lui promettre dans les saisons à venir la possibilité d’élargir encore un peu plus sa palette de jeu et d’aller dans des recoins plus darks.

lundi 23 mars 2015

Bye bye, Glee you soon!



Après 6 années d’existence, Glee a entonné son dernier rappel jeudi soir dernier dans ce qu’il convient d’appeler une indifférence générale. Bien loin de l’immense succès de ses premières saisons, la série musicale avait perdu ses téléspectateurs au fil des années. Il faut admettre que la qualité n’était plus vraiment au rendez-vous, hormis quelques sursauts scénaristiques et musicaux de plus en plus rares. Malgré tout, je suis resté fidèle à cette série et je suis content d’avoir été jusqu’au bout de ces six ans de reprises plus ou moins heureuses. Glee a été un véritable guilty pleasure assumé et je le dis : elle va me manquer.  Pour au moins 5 raisons :

Rachel, Mercedes, Santana, Blaine, Unique, Mike, Brittany, Jake : les performers.
La première caractéristique de Glee est évidemment d’être une comédie musicale. Ça chante et ça danse donc beaucoup dans les couloirs du lycée McKinley. Evidemment, toutes les chansons sont loin d’être passionnantes, toutes les chorégraphies n’étaient pas grandioses et tous les comédiens ne se valent pas. Mais parmi eux, il faut quand même reconnaitre que certains en avait sous le pied. Qu’on aime ou pas la voix de Lea Michele ou celle de Amber Riley, force est de constater qu’elles envoyaient du lourd. Et on ne peut pas nier les qualités de danseurs de Heather Morris, Harry Shum Jr. ou de Jacob Artist : un régal pour les yeux.
Je ne suis pas le mec le plus exigeant musicalement, certes. Mais j’assume parfaitement avoir aimé et écouté un certain nombre de reprises de la série et même avoir découvert bon nombre d’artistes grace à Glee. Et je suis très admiratif du rythme de production de la série, qui ajoutait à la difficulté habituelle de tourner 24 épisodes en une saison les contraintes imposées par les enregistrements et les répétitions des séquences musicales.

Sue, Santana, Becky : les bitchs
Une autre des caractéristiques principales de Glee était son second degré distillé au compte-goutte, au fil des épisodes. Parfois, la série se prenait très au sérieux (et c’était regrettable) mais souvent les scénaristes prenaient un malin plaisir à critiquer ouvertement les points faibles des scénarios ou des personnages. Comme pour éviter qu’on ne le fasse à leur place. Et pour cela, rien de tel que les diatribes assassines de Sue, Santana et Becky. Ces trois reines de bitchage remettaient chacun à sa place, s’attaquant aux défauts des personnages, aux incohérences des scénarios (et elles étaient nombreuses) et même au physique des comédiens et ce, avec une répartie parfaite mais politiquement totalement incorrect : jubilatoire.

Kurt, Blaine, Santana, Brittany, Unique, coach Beist : les personnages LGBT
Glee est une série de Ryan Murphy, showrunner ouvertement gay qui a toujours eu à cœur de défendre la cause homosexuelle dans chacun de ses projets et dans Glee plus que nulle part ailleurs. Le sujet de l’homosexualité compte de toute évidence parmi les thèmes les plus abordés par la série. En multipliant les personnages gays, Murphy leur a donné la parole de façon juste et respectueuse. Sans les ostraciser ni les traiter différemment des autres personnages, la série les a toujours mis au cœur des intrigues sur une chaine pourtant peu réputée pour son ouverture d’esprit. Je suis persuadé que Glee a contribué à faire évoluer les mentalités comme peu l’ont fait sur les networks nationaux avant elle.  
Très personnellement, je dois beaucoup à Glee ; elle est arrivée à un moment crucial de ma vie, elle m’a aidé à passer une étape charnière pas évidente au cours de laquelle tous les soutiens sont bons à prendre. Elle m’a fait grandir (merci Santana) et je sais que je ne suis pas le seul dans ce cas. Pour cela, elle aura à jamais une place particulière dans mon panthéon des séries.

Quinn, Blaine, Emma : la caution cute.
Sans être forcément les plus intéressants et les plus riches de la série, ces trois personnages étaient un peu mes chouchous, pour des raisons qui m’échappent quelque fois. Sans doute était-ce à cause de la beauté et de l’élégance de Quinn, du sourire, des nœuds papillon et des pantalons de Blaine ou encore des grands yeux et des manies d’Emma. Ou bien tout simplement était-ce le travail des trois comédiens qui ont réussi à me charmer, chacun à leur manière.

Brittany : un concept à elle toute seule.
Difficile d’expliquer le personnage de Brittany à ceux qui ne la connaissent pas mais elle est sans conteste le personnage le plus drôle de la série. Jamais là où on l’attend, elle repousse toujours un peu plus loin les limites de l’absurde. Loin d’être idiote comme on pourrait le penser à première vue, Brittany vit dans son monde que les autres ne peuvent pas comprendre. Elle parle à son chat, elle croit aux licornes et au Père Noël et elle fait des vidéos absolument mythiques autour de fondues savoyardes. Personnage résolument optimisme et positif, elle aura été le rayon de soleil de la série (en plus d’en être sa meilleure danseuse comme dit précédemment) !
Vive Brittany S. Pierce !


Glee est loin, très loin d’être une série parfaite mais elle aura été une série touchante, amusante, légère. Certes, j’ai mis du temps à la cerner et j’ai été perturbé jusqu’au bout par ses changements de ton, mais j’ai toujours pris du plaisir à regarder ce petit bonbon qui au fond, avait parfaitement conscience de ses limites. Glee me manquera, c’est certain.

PS : toi aussi, note les personnages qui reviennent le plus souvent dans ce post et tu pourras établir mon trio gagnant. ;)

jeudi 13 février 2014

Crappy Valentine's Day !



Aaaah l’amooouuur… Le romantisme, les chandelles, les p’tits cœurs, le chocolat, les bons sentiments, la guimauve qui dégouline, les surnoms niais et les bisous qui collent… Eurk ! La Saint Valentin, c’est vraiment tout moisi. Non mais sérieux, c’est quoi ce besoin d’étaler son bonheur à la face du monde ?  Pourquoi les gens ont cette manie de vouloir se prouver ce jour-là qu’ils sont plus heureux que tous les autres ? Alors que franchement, entre nous, une bonne rupture, c’est quand même plus spectaculaire, non ? En tout cas, dans les séries télé, ça en jette. Et ça créé des moments cultes, parfois bien plus mémorables que certaines histoires d’amour qui durent. Florilège de scènes où des couples volent en éclat, pour notre plus grand plaisir :

Desperate Housewives (saison 2 épisode 6) : c’est ce qui s’appelle une belle douche froide. Alors que Susan plaisante avec sa mère en essayant la robe de mariée de cette dernière, elle reçoit la visite de son mec qui vient un poil péter l’ambiance. Faut dire que Mike vient d’apprendre que Susan a tout fait pour faire fuir son fils Zach. La sentence est irrévocable, comme dirait l’autre : Mike interrompt manu militari leur relation. S’en suit une scène déchirante où la pauvre Susan pleure, hurle, crie, court après Mike jusque dans la rue dans une robe de mariée qui n’est même pas la sienne et qui ne colle plus vraiment à l’ambiance. Mais Mike est intraitable (comme dirait l’autre) et laisse Susan s’effondrer littéralement au beau milieu de Wisteria Lane. Très belle performance de Teri Hatcher qui se casse la voix en hurlant son désespoir. Pour une fois Susan n’est pas pathétique, elle est touchante.



Friends (saison 3 épisode 16) : couple mythique de la télévision s’il en est, Ross et Rachel n’ont pas arrêté de rompre et de se remettre ensemble au cours des 10 saisons. Les engueulades ont été nombreuses et les vacheries multiples. Mais la rupture, la vraie, la seule, c’est celle qui intervient en milieu de saison 3, après seulement un an de relation. Au cours d’une pause demandée par Rachel, Ross faute avec une quasi-inconnue et Rachel l’apprend. Les trois quarts de l’épisode nous donne à voir un déchirement en belle et due forme, magnifiquement interprété par Aniston et Schwimmer. De cet épisode naitra le mythique « we were on a break », véritable mantra de Ross. Admirons au passage qu’avec la présence des quatre autres acolytes coincés dans la chambre de Monica, la rupture, si triste soit-elle du côté des intéressés, reste drôle pour les téléspectateurs. Du grand Friends.

Les Soprano (saison 4 épisode 13) : pendant 4 ans, Carmela Soprano est restée digne face aux nombreuses infidélités de son mari. Par intérêt mais sans doute aussi par peur de se retrouver seule, elle n’a jamais laissé ressortir sa jalousie. Et la pression est montée, petit à petit. Jusqu’à ce que la cocotte-minute explose dans cet épisode. Alors que Carmela a dû mettre fin à une relation pourtant très platonique avec un des employés de son mari, elle reçoit un appel de l’une des maitresses de celui-ci. Les époux Soprano nous livrent alors une des plus belles scènes de rupture de la télévision. Carmela et Tony hurlent, se tapent, pleurent, se déchirent. Dans un couple où le non-dit tient lieu de normalité depuis 4 ans, ça surprend un peu. Si on a déjà vu James Gandolfini s’énerver dans des épisodes précédents, pour Edie Falco, c’est un peu une première. Et il faut dire qu’elle excelle magistralement dans ce rôle de femme au foyer bafouée et hystérique.

Mad Men (saison 3 épisode 11) : à l’extrême inverse de Carmela Soprano, on trouve Betty Draper et son éternelle élégance. Le jour où elle découvre la vérité sur le passé de son mari en fouillant dans le bureau de celui-ci, elle reste calme et digne. C’est la cerise qui fait déborder le vase. Plutôt que de se laisser aller à la colère, elle confronte Don à ses mensonges avec les preuves qu’elle a trouvées, presque sans dire un mot. Même si cet épisode ne marque pas tout à fait la rupture entre Don et Betty, leur relation prend un sacré coup dans l’aile. Et voir Don acculé par Betty pour la première fois fait un peu froid dans le dos (et un peu plaisir aussi, je dois bien l’avouer).

Ally McBeal (saison 4 épisode 23): Aaaah, ce cher Larry, il en aura déçu des fans d’Ally. Avouons-le, on y a cru. On pensait qu’elle avait trouvé le bon. Et en plus, on l’aimait bien (le mec est pote avec Sting quand même !). Et puis finalement non. Larry choisit de rejoindre son fils à l’autre bout du pays, sans Ally. Bon, ça c’est la version officielle. La version officieuse, c’est que Robert Downey Jr traversait une zone de turbulence avec la justice américaine pour des petits problèmes de drogue et qu’il était dans l’incapacité légale de terminer le tournage de la série. Longtemps les producteurs ont espéré que le comédien pourrait rester, d’où un premier faux départ en milieu de saison, au cours duquel Larry laisse à Ally un bonhomme de neige d’adieu. Original mais déchirant. C’était malheureusement le premier pas vers une rupture inéluctable et définitive en fin de saison.

Sex And The City (saison 6 épisode 7): Carrie Bradshaw en a connu des ruptures amoureuses. Et pas qu’une seule. Big était assez fort dans cet art de la laisser en plan quand elle ne s’y attendait pas. Elle-même se défendait pas mal non plus : elle a quand même foutu Aidan à la porte au moment où il entamait des travaux dans leur nouveau chez-eux. Mais la rupture la plus mesquine de la série vient d’un personnage secondaire de la saison 6 : Burger, l’écrivain maudit, plaque Carrie par post-it interposé. Oui, par post-it. La grande grande classe ! Mais ça a donné un des épisodes les plus réussis de la saison dans lequel Carrie va passer ses nerfs sur les potes de Burger, fumer un pet en pleine rue pour se consoler et se faire embarquer par les flics à qui elle est obligée de raconter son malheur. Pauvre Carrie, rien ne lui aura été épargnée. Et nous, on rigole.


Bonus1 : Dawson (saison 3 épisode 23) : Joey quitte Dawson pour Pacey. Drame à Capeside. Bon en même temps, se faire jeter par Joey, il commence à avoir l’habitude le pépère. Donc ça n’est pas le plus intéressant. Non, le plus drôle dans cet épisode pour nous, fans cruels que nous sommes, est la gueule absolument mythique que James Van der Beek tire quand Joey s’en va. Cette grimace tellement improbable est même devenue le sujet d’un excellent sketch du site Funny or Die. Dawson ou l’art de nous faire rire avec un râteau.


Bonus 2 : Glee (saison 4 épisode 4, très justement appelé The Break Up) : globalement la série de Ryan Murphy aime bien jouer les drama queens. Mais là, il faut dire que la barre est placée assez haut. Pour faire toujours tout mieux que tout le monde, les scénaristes nous offrent non pas une, ni deux, ni trois, mais quatre ruptures simultanées dans un seul et même épisode. Autant vous dire que ça chiale sévère pendant 42 minutes. Et ça chante aussi, parce que c’est bien connu, quand on vient de se faire lourder, le refuge le plus sûr, c’est les chansons d’amour bien tristes.



Au vue de cette petite liste loin d’être exhaustive, je pense qu’on peut donc conclure que l’amour, c’est très surfait en somme. Et plutôt que de fêter la Saint Valentin, on devrait attendre patiemment la sainte Rita, patronne des causes désespérées. C’est beaucoup plus raccord avec la réalité des séries.