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dimanche 18 novembre 2012

Le deuxième rôle de sa vie



Parmi les nouvelles séries de la rentrée, l’une d’elles revient assez souvent à mes oreilles mais pas forcément pour de bonnes raisons: Go on. Pour faire court, on m’en parle souvent comme la nouvelle série qui signerait le comeback de Matthew Perry, alias Chandler de Friends. Il aurait enfin trouvé une série qui tienne la route. Ne crions pas victoire trop vite. L’acteur a vu son grand retour annoncé par deux fois, a tort. En effet Studio 60 on the Sunset Strip et Mr. Sunshine ont surtout marqué les esprits pour leurs annulations rapides plutôt que pour la performance de Matthew Perry. On en est même venu à dire que le comédien était has-been. Je ne vois pas les choses sous cet angle-là. Je dirais plutôt que ce type a participé à l’une des meilleures séries de ces dernières décennies et ça, c’est déjà l’ultime récompense pour un comédien. Quoiqu’il se passe dans sa vie, le mec a fait Friends, quoi. Une série qui a duré 10 ans !! Ils ne sont pas nombreux, les acteurs à avoir fait mieux que ça en enchainant deux rôles majeurs ! Ils se comptent même sur les doigts d’une main (allez, deux, si on est un peu indulgent) :

D’abord, il y a ceux qui ont radicalement changé de registre et qui ont su s’imposer par deux fois dans des styles bien différents. Et parmi eux, dans la famille "j’ai quitté un univers pesant pour rejoindre la comédie légère", je voudrais David Duchovny. Deux séries, deux univers, deux 1ers rôles marquants. Bon, j’ai évidemment une large préférence pour Fox Mulder plutôt que pour Hank Moody (Californication), mais il faut admettre que la performance subtile de Duchovny dans chacun de ces deux rôles est assez jouissive. Et surtout, dans un cas comme dans l’autre, la série repose sur le charisme et la popularité du comédien. Même s’il n’était pas seul dans X-Files, la série a tout de même beaucoup souffert de son départ. En tout cas, bel exemple du mec qui a réussi à jouer dans l’une des plus grandes séries de tous les temps et qui a su pour autant se recycler avec brio en se payant même le luxe de se moquer du rôle qui l'a fait connaitre:

Dans le sens inverse, on trouve deux exemples de comédiens qui ont quitté le registre de la comédie où ils s’étaient fait connaitre pour exploser littéralement dans le drame : Bryan Cranston et Kelsey Grammer ont tous les deux connus le succès dans des séries légères  (Malcolm pour l’un et Cheers et Frasier pour l’autre), toutes bien plus populaires aux Etats-Unis qu’en France. S’ils ne tenaient pas la tête d’affiche dans leurs séries comiques, les deux avaient su se faire un nom malgré tout : Cranston fut nominé trois fois à l’Emmy award du meilleur second rôle et Grammer gagne le privilège de voir une série dérivée de Cheers entièrement dédié à son personnage, Frasier. On aurait pu penser que le public aurait du mal à imaginer ces deux rigolos en personnage sérieux, voire dramatiques. Et pourtant, les deux comédiens ont réussi cet exploit en quelques épisodes. Bryan Cranston a très vite cessé d’être "le père dans Malcolm" pour devenir le multi-récompensé Walter White de Breaking Bad, un rôle bien loin de Hal… Quant à Grammer, en une saison de Boss, il a magnifiquement glacé d’effroi toute l’Amérique qu’il avait amusé pendant 20ans. Une superbe performance.
Comme quoi, c’est possible de retrouver un premier rôle de choix en changeant de registre. Un conseil que Matthew Perry devrait suivre ?

Les années 90 n'ont pas été tendres avec tout le monde...
Par forcément, puisque d’autres comédiens ont su rebondir en restant dans un style qui les avait vu naitre. C’est le cas notamment de Teri Hatcher. Pendant longtemps, elle a été pour tous les téléspectateurs la Loïs Lane un peu horripilante des Nouvelles Aventures de Superman. Et c’est un peu comme ça qu’on la présentait quand Desperate Housewives a débarqué. Et finalement, en une saison et un succès rarement égalé, Teri Hatcher est devenue la non moins horripilante Susan Meyer. En restant dans le même jeu, la comédienne a su imposer deux fois son style pour atteindre le haut de l’affiche. Il faut admettre que son deuxième rôle a plus marqué les esprits mais c’est malgré tout un bel exploit que d’avoir su renaitre après s’être vue coller sur la tronche l’étiquette mal coiffée de Loïs.
Qui regrette les pyjamas roses ?
Julianna Margulies a également bien réussi son coup, coté drama cette fois. Si elle n’en tenait pas le premier rôle, elle fut pendant des années Carole Hathaway, LA seule infirmière de Urgences. Avec une telle popularité qui n’est pas étrangère à la présence de son clooneysque partenaire, on aurait pu imaginer qu’il soit un brin difficile pour l’actrice de trouver une place aussi rayonnante dans une série télé. Et pourtant, elle l’a fait avec élégance puisqu’elle a su abandonner les pyjamas roses et informes des Urgences pour les tailleurs un poil plus sexy de The Good Wife. Véritable carton, la série gagne saison après saison ses titres de noblesse et place à nouveau Margulies comme la chouchou n°1 du public. Bien Joué ! On a bien cru, au moment de l’échec de The Lost Room que ça deviendrait compliqué pour elle.
Mais le maitre dans l’art de se recycler dans une autre série du même style est incontestablement Michael C. Hall. En deux rôles dramatiques, le mec est devenu l’acteur fétiche de toute une génération (ok, c’est un peu exagéré… disons de moi, alors). Incroyable de timidité et de conservatisme dans Six Feet Under, Hall donne vie à David Fisher, qui pour la plupart des spectateurs reste l’un des personnages les plus étranges et les plus réussis de la série, avec sa mère Ruth. Mal dans ses baskets, coincé, un peu bizarre mais profondément inoffensif, David aurait pu marquer Michael C. Hall à vie. Mais un an après l’arrêt de la série, le comédien fait voler son image en éclats et s’impose admirablement dans le nouveau drame de l’année, Dexter, en interprétant un type cool, à l’aise, presque séduisant et parfois (très) méchant. Deux rôles diamétralement opposés maitrisés à la perfection. S’il fallait retenir un exemple pour tous les comédiens qui espèrent connaitre le succès par deux fois, c’est sans doute ce nom-là qui ressortirait.

Donc pas de panique pour Matthew Perry, il peut peut-être connaitre le succès en restant dans un registre qu’il maitrise. Parfois ça paye.

J’aurais pu citer d’autres comédiens qui ont réussi à enchainer deux rôles marquants : Damien Lewis a cessé d’être le mec de Band of Brothers pour devenir le suspect n°1 de Homeland, tout comme Claire Danes a cessé d’être Angela, 15 ans en lui donnant la réplique. Edie Falco a réussi à faire oublier Carmela Soprano en interprétant Nurse Jackie. Et Kyle Chandler a connu une seconde jeunesse après Demain à la Une avec Friday Night Lights. Mais il faut avouer que ça reste assez rare. Et même si je souhaite à Matthew Perry de connaitre à nouveau le succès de Friends, je répète ce que je disais au début : un rôle comme celui de Chandler, c’est assez unique. Mieux vaut obtenir un seul rôle aussi mémorable que d’accumuler les personnages de seconds couteaux. Il pourrait se mettre à la retraite dès maintenant, il aura de toute façon marqué l’histoire des séries. Alors qu’on ne me dise pas qu’il devient has-been ou qu’il n’a jamais rien fait d’autre d’aussi réussi. Le mec a fait Friends. Ca impose le respect !

dimanche 8 juillet 2012

Girls, bien loin de Gossip

C’est un hasard du calendrier, mais après The Newsroom et True Blood, je voudrais m’arrêter sur une troisième série issue de la chaine mythique HBO (qui a dit qu’elle était finie ?) : Girls, dont la premieère saison vient de s’achever il y a quelques semaines. Attention, malgré ce titre, on est bien loin de Gossip Girl ou Sex & the City, séries auxquelles on a trop vite voulu comparer cet ovni de la télévision américaine. Bon voilà, le terme est lancé : un ovni. Je m’étais promis de ne pas l’utiliser dans ce billet comme à peu près 90% des articles qui parlent de cette série, mais il faut bien admettre que c’est le mot qui convient le mieux pour définir cette œuvre télévisuelle pour le moins originale.


Girls, c’est l’histoire de quatre nanas d’une vingtaine d’années qui vivent à Brooklyn en système D. Fauchées, pas très jolies (enfin, pas toutes), un peu paumées, elles essayent tant bien que mal de démarrer leur vie dans le monde des adultes. Certaines fréquentent des mecs un peu - voire carrément - chelou, moitié artistes, moitié psychopathes. D’autres essayent désespérément de trouver le bon pour enfin connaitre l’amour. Rien de bien nouveau à première vue. 

Sauf que Girls est produit par deux personnalités hors du commun qui ont su donner toute leur patte à la série : Judd Apatow d’abord, le réalisateur de comédies comme 40 ans toujours puceau ou En cloque, mode d’emploi. Spécialise des blagues un peu lourdingues, il aime pousser les situations embarrassantes jusqu’à l’extrême. Rien n’est épargné à ses personnages, qui, malgré cet humour gras (ou peut-être grâce à celui-ci), sont souvent extrêmement attachants.  Le second producteur de Girls est une productrice puisqu’il s’agit de Lena Dunham. C’est qui ? me demanderez-vous à juste titre. Et bien elle est non seulement la comédienne principale de la série mais elle écrit et réalise également la plupart des épisodes ! Autant l’avouer tout de suite : avoir sa série sur HBO à seulement 26 ans, ça en jette ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a peur de rien. Comme Apatow, elle ne craint pas le ridicule et l’exploite même à fond. Tout ce qu’elle inflige à son personnage, qu’elle bombarde d’attaques touchant souvent au physique, c’est un peu à elle-même qu’elle se l’inflige.

Au final il faut bien avouer que son personnage est de loin le mieux servi par les dialogues et les scénarios de la série : égoïste, mal fagotée, boudeuse, complexée, rondouillarde, assistée, Hannah, qu’interprète Dunham, passe son temps à faire tourner tout son petit monde autour de son nombril (rondouillet). Engoncée dans une histoire de cul, qu’elle imagine être une histoire d’amour, elle refuse d’entendre les conseils de ses copines, et devient même incapable de s’intéresser à leurs problèmes. Elle préfère s’accrocher à ce mec tordu, limite flippant, quitte à en oublier de se trouver un job pour gagner sa vie et ne plus vivre aux crochets de sa colocataire. Bon, dit comme ça, ce personnage ne donne pas méga envie. Mais pourtant, avec le talent de Lena Dunham et de l’ensemble du casting (vraiment excellent), ces situations bizarres, parfois malsaines, deviennent hilarantes.

Au passage, petit clin d’œil à deux personnages qui ont particulièrement attiré mon attention notamment grâce à la prestation des comédiens qui les interprètent : Shoshanna, la copine totalement weird qui cherche à se débarrasser de sa virginité est jouée par Zosia Mamet qu’on avait déjà vue dans United States of Tara, un autre bijou du câble américain, dans la catégorie "série d’auteur décalée". Christopher Abbott m’a également bien séduit pour sa façon d’incarner Charlie, le mec timide, un brin collant mais transi d’amour pour Marnie.

Alors certes, la série à un coté ciné américain indépendant un peu trop marqué : les personnages habitent dans le coin trendy de New-York, s’habillent avec des fringues venus d’ailleurs et assistent à des teufs branchouilles dans des hangars glauques quand elles ne participent pas à des séances de lecture de poètes à la mode. Mais c’est bien ce côté bobo-décalé qui donne tout son charme à la série. D’abord dérangeant, parce que loin des codes girly, glamours et clinquants qu’on connait dans les autres séries dites de filles, ce ton apporte finalement de la fraicheur à ce nouveau programme. Et la réaction de téléspectateurs est assez unanime : après avoir regardé les premiers épisodes en se demandant de quoi il s’agissait, beaucoup finissent par admettre que cette série propose un humour chelou mais fun jamais vu ailleurs. Et ça fait du bien !

mercredi 15 février 2012

Audrey Fleurot, fleuron des séries françaises

Depuis la sortie d’Intouchables, je peux enfin parler d’Audrey Fleurot à mon entourage sans avoir à ressortir mon téléphone pour leur montrer de qui il s’agit. Facile, c’est la rousse qui joue la secrétaire de François Cluzet et qui fait tourner la tête d’Omar Sy. Mais je n’ai pas attendu ce film, ni même Minuit à Paris de Woody Allen –dans lequel elle fait une apparition – pour la connaitre et devenir un grand admirateur de cette actrice ! Audrey Fleurot fait partie des rares comédiennes françaises (en fait, c’est peut-être même la seule) que j’apprécie pour l’ensemble de sa carrière télévisuelle. Elle a la particularité d’avoir joué dans trois séries majeures de ces dernières années. Trois séries qui ont démontré qu’il était possible de créer des programmes télé de qualité en France. 
 
Elle est tout d’abord la Dame du Lac dans Kaamelott. Celle qui apparait à Arthur mais que les autres ne peuvent pas voir. Celle qui a formé Arthur à sa destinée quand il était petit. Et celle qui est déchue de son rang de protectrice lorsque qu’Arthur met en péril son mariage et la quête du Graal. Comme tout le reste du casting de Kaamelott, elle est parfaite dans son rôle : guide spirituelle un peu larguée (en même temps, qui ne l’est pas dans cette série), pas toujours de très bon conseil et un tantinet capricieuse, elle allie naturellement la dimension divine de son personnage avec le bagout d’une gamine contemporaine. Elle est à la fois très classe et très prolo, une sorte de fonctionnaire de bonne famille. Je guette chacune de ses apparitions (c’est le cas de le dire) parce que c’est toujours synonyme de bons fous-rires pour moi ; et dans la saison 6, j’ai été servi puisque la série repart aux origines de Kaamelott et nous présente l’envoi en mission de la Dame du Lac par un conseil divin et ses premières apparitions auprès du jeune Arthur.


Son autre grand rôle, le plus marquant sans doute, est celui qu’elle tient dans la série Engrenages. Elle y interprète le rôle de Joséphine Kalrsson, une avocate bien pourrie jusqu’à la moelle, attirée par le fric et difficilement impressionnable.  Un peu à l’écart des intrigues au début, elle gagne en importance au fur et à mesure des saisons. Son personnage ultra charismatique prend aussi de l’épaisseur lorsqu’il révèle ses faiblesses (et oui, parce qu’il en a) : si Joséphine aime l’argent, c’est parce qu’elle est profondément seule et qu’elle n’a trouvé que ça pour se rassurer. 
A mon sens, c’est le personnage le plus intéressant de la série (avec celui du juge d’instruction) parce qu’il est très original. Rares sont les séries françaises qui mettent en avant un personnage féminin globalement mauvais. Et on sent bien qu’Audrey Fleurot s’en donne à cœur joie. Extrêmement juste dans chacune de ses scènes, elle amène facilement le téléspectateur à avoir de l’empathie pour ce personnage à priori détestable et même à adopter son point de vue un peu borderline. En plus, cerise sur le gâteau, c’est dans cette série qu’Audrey Fleurot est le plus à son avantage physiquement, ce qui ne gâche rien. Véritable vamp’, elle se devait d’être désirable et sensuelle, même sous une robe d'avocat ; c’est réussi.


Enfin le troisième rôle majeur de la comédienne à la télévision est celui d’Hortense dans l’excellente fiction de France 2, Un Village Français. Aux antipodes de Joséphine, Audrey Fleurot y incarne cette fois-ci la femme du maire d’un petit village d’Alsace qui doit apprendre à vivre pendant l’Occupation allemande de 39-45. Avec ce nouveau personnage, l’actrice utilise encore une toute autre palette d’émotions : fragile, émotive, Hortense est une femme peu sure d’elle. Dans les  premières saisons, du moins. Parce qu'évidemment, les évènements extraordinaires la forcent à sortir peu à peu de sa carapace, et à devenir un personnage trouble, égoïste, presque vénéneux. Toujours parfaite dans son interprétation, Fleurot apporte une certaine détermination à cette héroïne plutôt naïve de prime abord. Et cette dualité prend tout son sens dans une série qui refuse le manichéisme et qui cherche à brouiller la limite entre les justes et les mauvais.

En tout, trois séries qui comptent parmi les plus belles réussites de la télé française. Alors soit Audrey Fleurot a un excellent agent qui flaire les bons projets, soit les réalisateurs font appel à elle quand ils ont besoin d’une actrice solide. On en revient à la théorie de la poule et de l’œuf. Qu’importe, le résultat est le même : voir cette actrice au générique d’une série est pour moi un vrai gage de qualité. Dans le pire des cas, même si l’épisode est moyen, je sais que je profiterai au moins de sa prestation.