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lundi 23 septembre 2013

Breaking Bad en 12 scènes : le meilleur du pire.



Dimanche soir sera diffusée sur AMC le dernier épisode de ce qui est d’ores et déjà considéré comme une série culte, tant par les critiques que par les téléspectateurs : Breaking Bad. Véritable chef d‘œuvre d’écriture, de réalisation et de jeu, la série de Vince Gilligan se hisse au rang des meilleures productions télévisées de ces dernières années, avant même d’avoir achevé sa diffusion. Pour rappel, Breaking Bad raconte l’histoire d’un prof de chimie de lycée, Walter White, qui se découvre un cancer incurable et qui choisit d’user de ses connaissances pour fabriquer de la méthamphétamine afin de subvenir aux futurs besoins de sa famille. Le milieu de la drogue n’étant pas celui des Bisounours, Walter gravit petit à petit les échelons de la criminalité, par instinct de survie ou par soif de pouvoir. 
Deuxième série commandée par AMC en 2008, Breaking Bad réussit l’exploit très inhabituel de gagner des parts d’audience chaque année en multipliant quasiment par cinq le nombre de spectateurs au fil des saisons. Mais ne nous y trompons pas, ceci n’est pas un effet de mode. Breaking Bad est une perle rare. Une des rares séries dans laquelle chaque saison dépasse en qualité la précédente. Une de celles qui font l’unanimité. Une de celles qui vont me manquer. Retour en arrière sur 5 saisons qui ont apporté leur lot de surprises et de chocs. En voilà une sélection personnelle parmi ceux qui m’ont marqué.
(Je préviens dès maintenant que cet article contient de nombreux spoilers des premières saisons mais ne dévoile rien de la dernière saison actuellement en diffusion)


 
La baignoire d’acide (s1e2) : premier choc, et non des moindres. Walter et Jesse, son jeune acolyte, doivent se débarrasser du corps d’un dealer lancé à leur poursuite (le premier d’une longue liste). Sur les ordres de Walt, Jesse prépare un bain d’acide pour y dissoudre le cadavre. Mais plutôt que de suivre les instructions du prof de chimie qui lui recommande l’usage d’un baril en plastique, Jesse préfère utiliser sa baignoire qui ne résiste évidemment pas à l’acide choisi. La baignoire fond, le plancher de la salle de bain aussi et les restes du dealer se retrouvent éparpillés un étage plus bas. Le ton est donné, Breaking Bad ne nous épargnera rien. Sans tomber dans le gore, la série affronte brutalement les réalités de la chimie, de la drogue et de la maladie. Les corps humains y sont fragiles et souvent maltraités. D’ailleurs, comme pour rappeler d’emblée cet était de fait, chaque personnage de la série présente une particularité physique qui l’affaiblit : Walt est malade, sa femme Skyler est enceinte, son fils Walter Jr. est paralysé, son beau-frère Hank est en surpoids et Jesse est accro au Amphét’.

L’étranglement de la cave (s1e3) : ayant pris en otage un autre dealer (collègue du précédent), Walter se retrouve face au dilemme de savoir quoi en faire. Et finalement, après avoir discuté longuement et calmement de sa maladie avec le prisonnier, Walt panique et étrangle ce dernier. La scène est longue, dure. Mais c’est l’une des caractéristiques de Breaking Bad : les scénaristes prennent leur temps et installent des scènes dans la durée, pour aller jusqu’au bout des choses, jusqu’aux limites de chaque conversation. Il en résulte un suspense haletant et une tension maintenue de bout en bout à chaque épisode.

La première explosion d’Heisenberg (s1e6) : Walter White se créé un alter-ego pour évoluer dans le monde de la drogue : Heisenberg. Et avec ce personnage, Walt laisse libre-court à ses plans les plus maléfiques. Comme par exemple utiliser ses connaissances chimiques pour faire exploser la cache d’un parrain de la drogue. Rien que ça. Au fur et à mesure des saisons, Walt ne recule devant rien et se permet tout. D’une intelligence supérieure à la moyenne, il domine ce monde de malfrats, peu habitué à se confronter à un QI aussi élevé.

L’enfant chez les addicts (s2e6) : La drogue, c’est mal, on le sait. Mais la drogue c’est sordide, glauque. Et notamment dans cet épisode où Jesse tente de récupérer de la came volée par un couple de toxicos. En pénétrant dans leur maison, il prend conscience de la réalité des amphét’. Et nous aussi. D’autant plus qu’un enfant vit avec le couple, dans la misère affective et matérielle la plus absolue. Le héros de Breaking Bad a beau se faire un max de thunes en dealant, la série n’est en aucun cas une apologie de la drogue. Bien au contraire. 


Non-assistance à personne en danger (s2e12) : Walt a besoin de Jesse pour préparer ses amphéts. Sauf que celui-ci préfère se camer avec sa copine, Jane. Le jour où Walt passe voir Jesse pour le convaincre de reprendre, il surprend le couple en plein bad trip. Pire, il assiste sans réagir à l’overdose de Jane qui s’étouffe dans son vomi. Plutôt que d’aider la jeune femme, il préfère la regarder mourir et laisser Jesse culpabiliser de la mort de Jane. La relation qui unit les deux hommes prend un tournant très malsain (si tant est qu’elle ait été saine à un moment) : Walt fera désormais ce qu’il veut de Jesse et de son entourage pourvu que ça lui rende service.

L’attaque des jumeaux mexicains (s3e7) : Gus Fring, le patron de la drogue qui emploie Walt, cherche à protéger son chimiste des menaces des concurrents et notamment deux frères jumeaux mexicains redoutables. Pour faire d’une pierre deux coups, il détourne leur attention sur Hank, le beau-frère de Walt qui bosse chez les stups et qui subit alors une attaque d’une violence sans précédent. Même s’il survit, on assiste là aussi à une spécificité de Breaking Bad : les combats, les coups de feu et les accidents sont réalistes et peuvent donc être mortels. Ce réalisme allié à la durée particulièrement longue de chaque scène donne des scènes d’un stress rarement atteint à la télévision.

Le doigt sur la détente (s3e13) : pour survivre face à Gus qui se méfie de son employé, Walt doit s’assurer qu’il reste le meilleur chimiste. Quitte à éliminer les rivaux. Et justement, pendant que Jesse était en désintox, Walt a été contraint de former le gentil Gale, maintenant sur le point de surpasser le maitre. Mais c’est sans compter sur la personnalité sans scrupules de Walt qui décide de l’éliminer. Ou plutôt de confier cette mission à Jesse, pour ne pas être directement impliqué. Il envoie donc le pauvre gars abattre froidement Gale. Et le cliffhanger particulièrement intenable de cette saison 3 nous montre un Jesse en pleine hésitation et en plein désarroi face aux ordres de sono "boss" : jusqu’où peut-il aller pour Walt ?


Les déductions de Hank (s4e7) : Même si son beau-frère est le criminel qu’il recherche, Hank est un bon flic. Comme on est dans Breaking Bad, ses enquêtes évoluent lentement mais surement. Pas de laboratoire ultrasophistiqué pour analyser un ADN ou une douille en deux minutes. Non, Hank réfléchit à son rythme, mais avec i
ntelligence. Et la fin de cet épisode 7 vient le prouver magistralement. Posément, il vient exposer à son supérieur sa théorie sur le trafic d’amphétamines. Sa rhétorique est impeccable, ses preuves incontestables. Si on oublie qu’il ne voit pas le rôle que Walt joue dans cette opération, c’est un sans-faute qui vient nous rappeler que Walt est loin d’être le seul cerveau de la série. Encore un cliffhanger magistral.

Ricine et explosif (s4e13) : la fin de la saison 4 compte parmi les moments les plus forts de la série. Walt trouve le moyen de se débarrasser de Gus Fringe et de prendre le commandement de toute la filière qu’il a contribué à monter. Encore une fois, il utilise les grands moyens et fait littéralement exploser son ancien patron. Visuellement, Breaking Bad reproduit une fois de plus l’exploit de rester parfait même avec des scènes qui auraient pu être insoutenables dans une autre série. Et le plus réussi de cette fin de saison ne réside pas dans cette explosion mais dans le dernier plan de l’épisode. Trop complexe pour être résumé brièvement ici, ce plan nous révèle l’ampleur de la noirceur du personnage de Walt qui est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Et quand on dit tout, c’est tout. Ce type n’a plus de morale. Depuis ce moment-là, personnellement, j’attends qu’il tombe.

La dépression de Skyler (s5e3-4) : souvent décrié sur Internet, le personnage de Skyler me plait pourtant beaucoup. Cette mère de famille est contrainte de participer aux activités criminelles de son mari dans le seul but de protéger ses enfants. Et forcément ça tape un peu sur le système. Comme le prouve l’épisode 3 de la saison 5 où elle envoie chier sa sœur comme jamais elle ne l’avait fait auparavant. 

Ou comme le montre l’épisode 4 où elle décide d’en finir avec sa vie sous les yeux ébahis de sa famille. Très forte, Skyler est la seule qui peut véritablement faire plier Walt. Il lui faut juste du temps pour se rendre compte de cette force, au fur et à mesure de la série.

 
L’attaque du train (s5p1e5) : Pour pouvoir continuer à cuisiner des amphéts, Walt et sa petite bande décident de vider le wagon-citerne d’un train, contenant de la méthylamine, nécessaire à la préparation de la drogue. L’opération est calculée au millimètre près. Les moyens techniques et la réalisation de cet épisode sont magistraux. Le braquage du train devient instantanément une des scènes les plus cultes de la série. D’autant que sa conclusion, aussi surprenante que terrifiante vient marquer le spectateur déjà bien cramponné à son fauteuil. Je vous le dit, il ne fait pas bon de faire du vélo dans le désert du Nouveau-Mexique. Et il ne fait pas bon d’être témoin des méfaits de Walter White.

La montagne de billets (s5p1e8) : tandis que Walt prépare ses drogues, Skyler s’occupe de blanchir l’argent du couple grâce à la station-service que possède le couple. Sauf que Walt rapporte beaucoup d’argent. Vraiment beaucoup. Et qu’il est impossible pour Skyler d’en écouler autant. Et c’est pour cette raison qu’elle finit par mettre son mari devant le fait accompli en l’emmenant dans un box de stockage pour lui montrer la pile de billet amassés. Elle parvient alors à lui faire entendre raison : enough is enough. Et Walt accepte. Les scénaristes nous font croire un instant qu’on va vers un happy end. Mais c’est sans compter la seconde partie de la saison 5 diffusée cette année.

A l’heure où j’écris ce post, le final de la série n’a pas encore été diffusé. Mais je peux d’ores et déjà dire que l’intégralité de la seconde partie de la saison 5 (diffusée un an après la première partie pour faire durer le plaisir) compte parmi les meilleurs moments de la série. Chaque épisode, chaque scène, chaque personnage (clin d’œil à Marie qui se dévoile complètement dans cette saison) est traité à la perfection. J’aurais pu écrire un article entier sur ces 8 derniers épisodes mais il m’aurait alors fallu en raconter l’intégralité car tout y est remarquable : la réaction de Hank, de Marie, de Flynn, la rencontre de Jesse et Marie, l’essence dans le salon, la fusillade, les louboutins dans le désert, le couteau de cuisine, les barils de fric, la cigarette de ricine… Prévue de longue date, la fin de la série est parfaitement contrôlée par les scénaristes. Et tous les épisodes témoignent d’une maitrise absolue de l’art d’écrire pour la télévision. Chaque semaine, je suis toujours surpris de voir venir la fin de l’épisode tant j’ai été happé par le récit. Ceux qui ont crié (à juste titre) au génie devant l’épisode 9 de la saison 3 de Game Of Thrones devrait jeter un œil à Breaking Bad. Enorme bombe, gros niveau…


Mise à Jour post-final (SPOILERS): ça y est, la série est terminée. Et comme il fallait s'y attendre, le dernier épisode boucle le tout de façon magistrale (au passage si vous voulez une explication du génial titre de ce final, allez lire le 1er commentaire sur cette page). Sans jouer la surprise et le twist sorti de nulle part, Vince Gilligan remplit le contrat qu'il avait passé avec son public dés le pilote. Il nous l'avait dit: son héros ne survivra pas. D'une manière ou d'une autre, il est condamné. Et donc logiquement, la fin de série voit Walt tomber définitivement.

Mais au regard du très léger rictus qu'on voit sur son visage dans les dernières secondes, on peut se dire que Walt part vainqueur. Il a lavé sa femme de tout soupçon, il a révélé où était enterré Hank et au cours d'une scène au combien stressante avec ses anciens associés, il s'est assuré que Walt Jr toucherait ses 10 millions de dollars à sa majorité (je souhaite bien du courage à Elliot et Gretchen pour déposé tant de cash sur un compte en banque sans attirer les soupçons). Il a terminé sa journée en éliminant ses ennemis et concurrents au cours d'une de ses derniers plans diaboliques. So Breaking Bad!

La question qui restait véritablement en suspends au début de ce dernier épisode concernait la survie de Jesse. Là encore, Vince Gilligan fait le bon choix en le laissant partir, détruit mais libre. Pour ça, je l'en remercie, parce que quand même Jesse, je l'aime beaucoup. Malgré sa poisse légendaire, c'est la première victime de tout ce bordel. See you, bitch!
Je terminerais en vous conseillant la lecture de ce billet de Dominique Montay qui résume parfaitement ce que je pense de cette fin de saison (et notamment que le sommet de la série a été atteint lors du magistral épisode 5x14)
Bravo Vince, thanking bad.
 

dimanche 18 novembre 2012

Le deuxième rôle de sa vie



Parmi les nouvelles séries de la rentrée, l’une d’elles revient assez souvent à mes oreilles mais pas forcément pour de bonnes raisons: Go on. Pour faire court, on m’en parle souvent comme la nouvelle série qui signerait le comeback de Matthew Perry, alias Chandler de Friends. Il aurait enfin trouvé une série qui tienne la route. Ne crions pas victoire trop vite. L’acteur a vu son grand retour annoncé par deux fois, a tort. En effet Studio 60 on the Sunset Strip et Mr. Sunshine ont surtout marqué les esprits pour leurs annulations rapides plutôt que pour la performance de Matthew Perry. On en est même venu à dire que le comédien était has-been. Je ne vois pas les choses sous cet angle-là. Je dirais plutôt que ce type a participé à l’une des meilleures séries de ces dernières décennies et ça, c’est déjà l’ultime récompense pour un comédien. Quoiqu’il se passe dans sa vie, le mec a fait Friends, quoi. Une série qui a duré 10 ans !! Ils ne sont pas nombreux, les acteurs à avoir fait mieux que ça en enchainant deux rôles majeurs ! Ils se comptent même sur les doigts d’une main (allez, deux, si on est un peu indulgent) :

D’abord, il y a ceux qui ont radicalement changé de registre et qui ont su s’imposer par deux fois dans des styles bien différents. Et parmi eux, dans la famille "j’ai quitté un univers pesant pour rejoindre la comédie légère", je voudrais David Duchovny. Deux séries, deux univers, deux 1ers rôles marquants. Bon, j’ai évidemment une large préférence pour Fox Mulder plutôt que pour Hank Moody (Californication), mais il faut admettre que la performance subtile de Duchovny dans chacun de ces deux rôles est assez jouissive. Et surtout, dans un cas comme dans l’autre, la série repose sur le charisme et la popularité du comédien. Même s’il n’était pas seul dans X-Files, la série a tout de même beaucoup souffert de son départ. En tout cas, bel exemple du mec qui a réussi à jouer dans l’une des plus grandes séries de tous les temps et qui a su pour autant se recycler avec brio en se payant même le luxe de se moquer du rôle qui l'a fait connaitre:

Dans le sens inverse, on trouve deux exemples de comédiens qui ont quitté le registre de la comédie où ils s’étaient fait connaitre pour exploser littéralement dans le drame : Bryan Cranston et Kelsey Grammer ont tous les deux connus le succès dans des séries légères  (Malcolm pour l’un et Cheers et Frasier pour l’autre), toutes bien plus populaires aux Etats-Unis qu’en France. S’ils ne tenaient pas la tête d’affiche dans leurs séries comiques, les deux avaient su se faire un nom malgré tout : Cranston fut nominé trois fois à l’Emmy award du meilleur second rôle et Grammer gagne le privilège de voir une série dérivée de Cheers entièrement dédié à son personnage, Frasier. On aurait pu penser que le public aurait du mal à imaginer ces deux rigolos en personnage sérieux, voire dramatiques. Et pourtant, les deux comédiens ont réussi cet exploit en quelques épisodes. Bryan Cranston a très vite cessé d’être "le père dans Malcolm" pour devenir le multi-récompensé Walter White de Breaking Bad, un rôle bien loin de Hal… Quant à Grammer, en une saison de Boss, il a magnifiquement glacé d’effroi toute l’Amérique qu’il avait amusé pendant 20ans. Une superbe performance.
Comme quoi, c’est possible de retrouver un premier rôle de choix en changeant de registre. Un conseil que Matthew Perry devrait suivre ?

Les années 90 n'ont pas été tendres avec tout le monde...
Par forcément, puisque d’autres comédiens ont su rebondir en restant dans un style qui les avait vu naitre. C’est le cas notamment de Teri Hatcher. Pendant longtemps, elle a été pour tous les téléspectateurs la Loïs Lane un peu horripilante des Nouvelles Aventures de Superman. Et c’est un peu comme ça qu’on la présentait quand Desperate Housewives a débarqué. Et finalement, en une saison et un succès rarement égalé, Teri Hatcher est devenue la non moins horripilante Susan Meyer. En restant dans le même jeu, la comédienne a su imposer deux fois son style pour atteindre le haut de l’affiche. Il faut admettre que son deuxième rôle a plus marqué les esprits mais c’est malgré tout un bel exploit que d’avoir su renaitre après s’être vue coller sur la tronche l’étiquette mal coiffée de Loïs.
Qui regrette les pyjamas roses ?
Julianna Margulies a également bien réussi son coup, coté drama cette fois. Si elle n’en tenait pas le premier rôle, elle fut pendant des années Carole Hathaway, LA seule infirmière de Urgences. Avec une telle popularité qui n’est pas étrangère à la présence de son clooneysque partenaire, on aurait pu imaginer qu’il soit un brin difficile pour l’actrice de trouver une place aussi rayonnante dans une série télé. Et pourtant, elle l’a fait avec élégance puisqu’elle a su abandonner les pyjamas roses et informes des Urgences pour les tailleurs un poil plus sexy de The Good Wife. Véritable carton, la série gagne saison après saison ses titres de noblesse et place à nouveau Margulies comme la chouchou n°1 du public. Bien Joué ! On a bien cru, au moment de l’échec de The Lost Room que ça deviendrait compliqué pour elle.
Mais le maitre dans l’art de se recycler dans une autre série du même style est incontestablement Michael C. Hall. En deux rôles dramatiques, le mec est devenu l’acteur fétiche de toute une génération (ok, c’est un peu exagéré… disons de moi, alors). Incroyable de timidité et de conservatisme dans Six Feet Under, Hall donne vie à David Fisher, qui pour la plupart des spectateurs reste l’un des personnages les plus étranges et les plus réussis de la série, avec sa mère Ruth. Mal dans ses baskets, coincé, un peu bizarre mais profondément inoffensif, David aurait pu marquer Michael C. Hall à vie. Mais un an après l’arrêt de la série, le comédien fait voler son image en éclats et s’impose admirablement dans le nouveau drame de l’année, Dexter, en interprétant un type cool, à l’aise, presque séduisant et parfois (très) méchant. Deux rôles diamétralement opposés maitrisés à la perfection. S’il fallait retenir un exemple pour tous les comédiens qui espèrent connaitre le succès par deux fois, c’est sans doute ce nom-là qui ressortirait.

Donc pas de panique pour Matthew Perry, il peut peut-être connaitre le succès en restant dans un registre qu’il maitrise. Parfois ça paye.

J’aurais pu citer d’autres comédiens qui ont réussi à enchainer deux rôles marquants : Damien Lewis a cessé d’être le mec de Band of Brothers pour devenir le suspect n°1 de Homeland, tout comme Claire Danes a cessé d’être Angela, 15 ans en lui donnant la réplique. Edie Falco a réussi à faire oublier Carmela Soprano en interprétant Nurse Jackie. Et Kyle Chandler a connu une seconde jeunesse après Demain à la Une avec Friday Night Lights. Mais il faut avouer que ça reste assez rare. Et même si je souhaite à Matthew Perry de connaitre à nouveau le succès de Friends, je répète ce que je disais au début : un rôle comme celui de Chandler, c’est assez unique. Mieux vaut obtenir un seul rôle aussi mémorable que d’accumuler les personnages de seconds couteaux. Il pourrait se mettre à la retraite dès maintenant, il aura de toute façon marqué l’histoire des séries. Alors qu’on ne me dise pas qu’il devient has-been ou qu’il n’a jamais rien fait d’autre d’aussi réussi. Le mec a fait Friends. Ca impose le respect !