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mardi 15 janvier 2013

Girls: 2 prix mérités et 1 saison 2 prometteuse



Dimanche soir ont eu lieu les Golden Globes. Je passerai rapidement sur l’écrasante victoire de Homeland du côté des drama (meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur série) : en toute franchise, même si j’aime beaucoup la série, c’est un peu exagéré, compte-tenu de la liste des concurrentes. N’oublions pas que la série avait déjà raflé deux de ces prix l’année dernière. Homeland, c’est très bien, mais c’est pas si parfait que ça. Bref. Non, la bonne surprise vient du côté des comédies : l’Association hollywoodienne de la presse étrangère (qui remet les Golden Globes) a couronné la série Girls, dont j’avais déjà parlé ici et qui avait reçu un excellent accueil critique lors de sa saison 1. Le hasard du calendrier a voulu que le premier épisode de la saison 2 soit diffusé sur HBO dimanche soir, au moment où Lena Dunham, créatrice et actrice principale de la série recevait deux prix, celui de la meilleure comédie et celui de la meilleur actrice comique. Coïncidence ? Non. Girls est un programme de qualité et ce premier épisode confirme ce succès.


On retrouve nos quatre héroïnes (enfin surtout trois d’entre elles) à peu près là où on les avait laissées. C’est-à-dire pas en super forme. Aucune d’elles n’est maquée, aucune d’elles n’est épanouie, mais aucune d’elles n’a perdu sa verve ou son énergie. Surtout pas Hannah, le personnage de Lena Dunham. Toujours aussi égocentrique et paumée que dodue et mal fagotée, elle continue de jouer la carte de l’ambiguïté avec son psychopathe de copain, l’étrange et pourtant ô combien charismatique Adam. Fidèle à elle-même, Dunham s’impose encore une ou deux scènes de quasi-nudité comme si, pour comprendre le pathétisme du personnage de Hannah, il fallait forcément voir les kilos en trop de son interprète. D’ailleurs, lors des Golden Globes, les excellentes Tina Fey (30 Rock) et Amy Poelher (Park & Recreations) ont fait allusion à cette étrange manie qu’a Dunham de se montrer à poil. Mais son jeu ne se limite pas qu’à ça et l’épisode confirme que le prix qu’elle a reçu dimanche soir lui revient légitimement.
De leur côté, Marnie et Soshanna se dépatouillent comme elles peuvent avec leurs exs respectifs, le romantique et timide Charlie (joué par Christopher Abbott, toujours très bon) et le moins subtil Ray. L’une comme l’autre se montrent tour à tour drôles et touchantes, et les comédiennes y confirment leur jeune talent même si, une fois encore, le jeu de Zosia Mamet, à la limite de la caricature l’emporte sur celui d’Allison Williams, plus classique. Quant à Jessa, on ne la voit quasiment pas de l’épisode, mais c’est sans doute pour mieux revenir la semaine prochaine.

En tout cas, avec cet épisode, la série est relancée avec brio. L’écriture, aux petits oignons, est toujours là, quelques répliques sont vraiment drôles et malgré tout, pleines de bon sens : « Si tu ne veux pas sortir avec moi, ça va, parce que je ne veux pas non plus sortir avec toi parce que je sors seulement avec des gens qui veulent bien de moi parce que ça s’appelle l'amour-propre. » Et les déclarations d’amour s’incrustent à l’improviste, entre deux dialogues bien sentis :
« Elle (vénère): Tu n'es pas aussi gentil que ça avec moi, je ne comprends même pas pourquoi tu voudrais m'avoir à tes côtés ?!
Lui (détaché) : Et bien, quand tu aimes quelqu'un, tu n'as pas à être tout le temps gentil.
Elle (scotchée) : … ok. ».
Et bim, en un petit rien, la série avance et les personnages continuent de prendre de l’épaisseur.
C’est tout ce qui fait le charme de la série : sous couvert de parler des petits problèmes existentielles de quatre (très) jeunes new-yorkaises globalement assez irritantes, la série aborde avec le plus grand sérieux qui soit les questions fondamentales de l’amour, l’amour-propre, l’amitié et la confiance (en soi). Qui plus est, Girls fait sans doute plus avancer le féminisme que 8 saisons de Desperate Housewives et 5 saisons d'Ally McBeal réunies. Et si le message n'est pas si révolutionnaire, la forme reste décalée. Et tant mieux. C’est sans doute ce qui a valu à Girls le prix de la meilleure série dimanche soir. Sur un plan strictement gaguesque, il est probable que Modern Family enchaine les vannes plus efficacement. Mais pas sûr que cette sitcom (que j’idolâtre par-dessus tout) aille aussi loin dans l’évolution de ses personnages, comme Girls peut le faire. 



Girls, c’était la série qui dérangeait l’année dernière. Cette année, elle devient en un épisode celle qu’on est ravi de retrouver. Ca fait grandement du bien de voir qu’un programme un peu chelou puisse parvenir à trouver son public. Même si les audiences étaient un peu décevantes pour ce retour de la saison 2 (mettons-ça sur le compte de la concurrence des Golden Globes diffusée sur une chaine nationale, NBC), gageons que les deux prix reçus sauront conforter le succès de la série. Et remercions au passage l’Association hollywoodienne de la presse étrangère d’avoir osé mettre un énorme coup de projecteur sur une série qui sort un peu de l’ordinaire !

dimanche 8 juillet 2012

Girls, bien loin de Gossip

C’est un hasard du calendrier, mais après The Newsroom et True Blood, je voudrais m’arrêter sur une troisième série issue de la chaine mythique HBO (qui a dit qu’elle était finie ?) : Girls, dont la premieère saison vient de s’achever il y a quelques semaines. Attention, malgré ce titre, on est bien loin de Gossip Girl ou Sex & the City, séries auxquelles on a trop vite voulu comparer cet ovni de la télévision américaine. Bon voilà, le terme est lancé : un ovni. Je m’étais promis de ne pas l’utiliser dans ce billet comme à peu près 90% des articles qui parlent de cette série, mais il faut bien admettre que c’est le mot qui convient le mieux pour définir cette œuvre télévisuelle pour le moins originale.


Girls, c’est l’histoire de quatre nanas d’une vingtaine d’années qui vivent à Brooklyn en système D. Fauchées, pas très jolies (enfin, pas toutes), un peu paumées, elles essayent tant bien que mal de démarrer leur vie dans le monde des adultes. Certaines fréquentent des mecs un peu - voire carrément - chelou, moitié artistes, moitié psychopathes. D’autres essayent désespérément de trouver le bon pour enfin connaitre l’amour. Rien de bien nouveau à première vue. 

Sauf que Girls est produit par deux personnalités hors du commun qui ont su donner toute leur patte à la série : Judd Apatow d’abord, le réalisateur de comédies comme 40 ans toujours puceau ou En cloque, mode d’emploi. Spécialise des blagues un peu lourdingues, il aime pousser les situations embarrassantes jusqu’à l’extrême. Rien n’est épargné à ses personnages, qui, malgré cet humour gras (ou peut-être grâce à celui-ci), sont souvent extrêmement attachants.  Le second producteur de Girls est une productrice puisqu’il s’agit de Lena Dunham. C’est qui ? me demanderez-vous à juste titre. Et bien elle est non seulement la comédienne principale de la série mais elle écrit et réalise également la plupart des épisodes ! Autant l’avouer tout de suite : avoir sa série sur HBO à seulement 26 ans, ça en jette ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a peur de rien. Comme Apatow, elle ne craint pas le ridicule et l’exploite même à fond. Tout ce qu’elle inflige à son personnage, qu’elle bombarde d’attaques touchant souvent au physique, c’est un peu à elle-même qu’elle se l’inflige.

Au final il faut bien avouer que son personnage est de loin le mieux servi par les dialogues et les scénarios de la série : égoïste, mal fagotée, boudeuse, complexée, rondouillarde, assistée, Hannah, qu’interprète Dunham, passe son temps à faire tourner tout son petit monde autour de son nombril (rondouillet). Engoncée dans une histoire de cul, qu’elle imagine être une histoire d’amour, elle refuse d’entendre les conseils de ses copines, et devient même incapable de s’intéresser à leurs problèmes. Elle préfère s’accrocher à ce mec tordu, limite flippant, quitte à en oublier de se trouver un job pour gagner sa vie et ne plus vivre aux crochets de sa colocataire. Bon, dit comme ça, ce personnage ne donne pas méga envie. Mais pourtant, avec le talent de Lena Dunham et de l’ensemble du casting (vraiment excellent), ces situations bizarres, parfois malsaines, deviennent hilarantes.

Au passage, petit clin d’œil à deux personnages qui ont particulièrement attiré mon attention notamment grâce à la prestation des comédiens qui les interprètent : Shoshanna, la copine totalement weird qui cherche à se débarrasser de sa virginité est jouée par Zosia Mamet qu’on avait déjà vue dans United States of Tara, un autre bijou du câble américain, dans la catégorie "série d’auteur décalée". Christopher Abbott m’a également bien séduit pour sa façon d’incarner Charlie, le mec timide, un brin collant mais transi d’amour pour Marnie.

Alors certes, la série à un coté ciné américain indépendant un peu trop marqué : les personnages habitent dans le coin trendy de New-York, s’habillent avec des fringues venus d’ailleurs et assistent à des teufs branchouilles dans des hangars glauques quand elles ne participent pas à des séances de lecture de poètes à la mode. Mais c’est bien ce côté bobo-décalé qui donne tout son charme à la série. D’abord dérangeant, parce que loin des codes girly, glamours et clinquants qu’on connait dans les autres séries dites de filles, ce ton apporte finalement de la fraicheur à ce nouveau programme. Et la réaction de téléspectateurs est assez unanime : après avoir regardé les premiers épisodes en se demandant de quoi il s’agissait, beaucoup finissent par admettre que cette série propose un humour chelou mais fun jamais vu ailleurs. Et ça fait du bien !