dimanche 12 mai 2013

Hatufim vs Homeland: 2 pays, 2 visions



Décidément Arte enchaine les jolis coups ! Une semaine après la fin de la très réussie et très suédoise Real Humans, la chaine lance un autre petit bijou sur ce qui est en train de devenir LA case série de référence. Jeudi soir dernier a commencé Hatufim, une série israélienne qui a connu un succès national d’abord puis une renommée mondiale grâce à l’engouement planétaire autour de Homeland, libre adaptation de Hatufim. Alors naturellement, quand on connait Homeland, la question se pose tout de suite : est-ce que ça vaut le coup de regarder la série d’origine ? La réponse est oui, trois fois oui.

Oui, parce que, avec le même pitch, Hatufim propose un tout autre point de vue : cette histoire de soldats de retour dans leur pays après une longue période d’emprisonnement dans le camp ennemi est ici racontée du côté des prisonniers (ils sont plusieurs à revenir, mais j’y reviendrai plus tard). Hatufim, qui veut dire enlevés en hébreux, annonce dès son titre qu’elle va s’intéresser aux otages libérés et à leur famille. Homeland, par opposition, indique d’entrée de jeu une envie de se positionner du côté des renseignements généraux, avec le personnage ô combien réussi de Claire Danes. Forcément, c’est tout le déroulement de la série israélienne qui s’en retrouve chamboulé. Si les premiers épisodes rappellent par de nombreuses scènes ce qu’on a déjà vu dans son équivalent américain, la suite du récit prend bien plus le temps d’exploiter l’adaptation des anciens détenus à leur nouvelle vie. Et la question de savoir si oui ou non les soldats ont été retournés par l’ennemi devient quasiment secondaire alors qu’elle occupe la première place dans Homeland.

Oui, parce que la galerie de personnages est plus riche. Dans Homeland, Brody était seul à revenir d’Afghanistan. Dans Hatufim, ils sont deux. Ce qui offre naturellement deux fois plus de situations à développer. Une des familles, menée par la belle Yaël Abecassis, attendait le retour du prisonnier avec impatience, et militait jour et nuit pour sa libération. L’autre famille était passée à autre chose, persuadée que l’otage ne reviendrait pas. Deux attitudes différentes qui offrent un retour diamétralement opposé aux deux prisonniers. 
A ces deux familles, il faut ajouter le très joli personnage de Yaël, qui apprend que son frère, qui faisait pourtant partie des otages, est mort depuis longtemps. Touchante, très juste, l’actrice Adi Ezroni crève l’écran. Tout comme Ishai Golan, qui interprète Uri, le prisonnier de guerre timide, réservé, apeuré par cette liberté qu’il doit réapprendre. L’ensemble du casting est globalement parfait, mais je dois dire que c’est grâce à l’immense  talent de ce comédien et à son jeu tout en finesse que je suis rentré de plain-pied dans la série. La scène de la lecture des lettres sur la tombe de sa mère compte parmi les plus émouvantes que j’ai vues récemment. 

 
Oui, parce que Hatufim joue la carte du minimalisme. Bien loin des effets de suspense parfaitement maitrisés de Homeland, Hatufim prend son temps. Il se passe bien moins de choses en une saison de Hatufim qu’en une demi-saison de Homeland. Mais ça n’est pas un mal, loin de là. Les personnages connaissent des évolutions beaucoup plus logiques, plus creusées. La série est plus humaine. Et les scénaristes ont l’occasion de développer chacun de leurs nombreux personnages pour leur donner de véritables enjeux, une vraie profondeur. Aucun perso n’est condamné : même si les choix de certains sont discutables, chacun est présenté avec tellement de justesse que le spectateur se retrouve dans l’impossibilité de juger qui que ce soit. La situation complexe et réaliste de ces soldats libérés après une longue période de captivité est développée jusqu’au bout, avec intimité et émotion.




Qu’on ne s’y trompe pas, j’adore Homeland, j’adore son rythme enlevé et ses cliffhangers insoutenables, j’adore Carrie Mathison et j’adore les directions imprévues que prend la série à chaque épisode. Mais tout ça n’empêche pas d’apprécier Hatufim. La saison 2, que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir, promet d’être plus musclée et de se rapprocher un peu plus des questions d’espionnage, de trahison et de terrorisme présentées dans Homeland. Mais cette première saison, humaine, sensible et incroyablement juste est un bijou. Un vrai coup de cœur.

vendredi 3 mai 2013

Da Vinci's Demons: Léonardo doit souffrir...



On m’a forcé, j’vous jure que je ne voulais pas ! Les fresques historiques, c’est moyennement mon truc. A part la magnifique Rome et le fantastico-médiéval Game of Thrones, je n’ai jamais été tenté par les Tudors, Borgias et autre Spartacus, que je juge (sans les avoir vus, j’avoue ; un gros bouh pour moi) souvent trop racoleurs et trop violents. Et ben là, c’est Da Vinci’s Demons que j’ai tenté. J’ai regardé le pilote, ou plus exactement, j’ai fait l’effort d’aller jusqu’au bout de ces 60 minutes. Ma sentence est irrévocable (comme disait Denis) : je ne reviendrai pas. Lynchage en 5 points (aujourd’hui, je spoile, reinafout’) :


Je suis ambidextre, je suis trop un génie...
Le personnage insupportable de De Vinci : on ne voit que lui, il est de toutes les scènes, de tous les plans, de tous les instants, ce qui en soit, est un peu normal pour une série qui porte son nom. Mais malgré l’abattage un poil crispant de Tom Riley, beau gosse pas forcément mauvais mais terriblement mal servi par son rôle, De Vinci devient pénible dés le 1er quart d’heure. Hystérique, survitaminé, sûr de lui, ce Léo-là a tout du super héros omnipotent. Loin de l’image (un peu rabattue, c’est vrai) de ce mystérieux artiste-ingénieur de génie, on a ici affaire à un mec ultra intelligent, avec un talent artistique hors du commun (jusque là, rien d’anormal), sachant manier l’épée et la répartie comme personne et serial-séducteur. Bref, rien ne l’arrête, il maitrise tous les domaines, il n’a peur de personne, il tient tête à tout le monde. En deux mots : un surhomme, très vite exaspérant. Alors forcément, quand les scénaristes tentent de lui donner des faiblesses en le montrant dans des phases de transe aussi absurdes que surjouées ou en le faisant pleurer devant son papounet qui ne le reconnait pas, ben on n'y croit pas. Ca le rend encore plus tête à claque. Un héros taillé à coups de serpe, ca part mal pour la série.

Le massacre des œuvres de De Vinci (le vrai) : j’ai déjà dit que les meilleures séries étaient souvent celles qui retenaient leurs effets. Et bien on tient ici la parfaite démonstration de ce qu’il ne faut surtout pas faire. Dans le pilote, l’intégralité du travail du génie est passée en revue et massacrée vulgairement : Léo dessine déjà toutes ses machines de guerre, fait voler son assistant dans une des premières scènes (risibles) du pilote, créé un automate volant, dessine un soi-disant magnifique portrait de femme en 3 minutes chrono et analyse l’anatomie des oiseaux et des cadavres humains en lousdé. Bref, on nous résume la vie de De Vinci en 50 minutes. Totalement indigeste. Et on se demande bien ce qu’ils nous sortiront pour la suite (à part l’homme de Vitruve, qui apparait déjà furtivement, je ne vois pas).

Léo! Je vole!
Les effets spéciaux, affligeants : C’est laid ! Mon Dieu que c’est laid ! Les décors recréés en 3D sont dignes de ce qu’on pouvait voir dans les vidéos d’introduction des musées des années 1990’s, à l’époque où on trouvait trop cool de pouvoir tourner autour d’un bâtiment en 3D. C’est surléché, c’est artificiel, c’est ringard : c’est moche ! Et je ne reviendrai même pas sur cette scène précédemment évoquée où l’assistant de Léo vole : il est moins crédible que Dean Cain dans Lois et Clark.

Du cul, du sang, faussement choquants : évidemment pour plaire au public de la chaine Starz (qui diffuse aussi Spartacus), Da Vinci’s Demons se doit d’être transgressive. Enfin, quand je dis transgressive, il faut l’entendre au sens de racoleuse. Et donc dans les 5 premières minutes, on a le droit à un méchant qui fait du sexe avec des garçons (comme à peu près tout le monde dans la série) puis qui se fait trancher la gorge, dans un geyser de sang bien giclant ! Paye ton originalité… Rome usait de ces poncifs avant que ça n'en devienne et le faisait avec bien plus de classe. Là, c’est lourd, gratuit, sans intérêt.


Une trame mystico-politco-foireuse dont on se fout : Qui dit Da Vinci à Hollywood dit forcément complots, mystères et énigmes. Ca ne loupe pas, on y a droit ici aussi. D’abord avec une guéguerre sans intérêt que se livre le Royaume de Milan et les Médicis florentins. Sans intérêt parce qu’on n’en comprend pas bien les enjeux ; c’est traité en toile de fond avec tout plein de personnages ayant plus ou moins véritablement existé mais qu’on a du mal à différencier les uns des autres. Au début on se concentre et puis plus tard - au bout de 4-5 minutes, grand max - on décroche. Cerise sur le gâteau, LE personnage féminin est en fait… une méchante ! Ouh, alors ça on l’avait pas vu venir du tout… Booooring.
Ouh, je mets du mascara, je suis mystérieux...
Ajoutons à ça la quête de Léo. Après avoir rencontré un chamane-gourou, Léo part à la recherche du Livre des Feuilles (sans doute rangé à coté du tout aussi crédible Livre des Ombres des sœurs Halliwell) qui doit lui apporte la clé de… bah, je sais plus en fait, parce que les infos sont noyées dans un gloubiboulga de révélations foireuses et de vérités débiles.

Cette série est donc à oublier d’urgence ! Pas croyable de faire du si mauvais avec un sujet pourtant intriguant à la base (quoique…). En se donnant des airs qu’elle n’a pas, la série en fait des caisses, sans second degré et devient totalement indigeste. Zéro pointé.Assez impardonnable venant de David S. Goyer, le mec qui a écrit la nouvelle trilogie Batman... et FlashForward (tout s'explique)...

jeudi 4 avril 2013

Real Humans: le nouvel art de vivre suédois


Difficile de passer à coté, étant donné l’omniprésence de la série dans les médias, dans la rue, sur les réseaux sociaux… Mais c’est justifié : une petite bombe arrive ce soir sur Arte. Son nom ? Real Humans ou Äkta Människor dans sa langue originale. Oui, parce qu’il s’agit, oh surprise, d’une série suédoise. Gros coup de cœur de l’année 2013, j’ai tout simplement avalé la série en un week-end (de trois jours, certes, mais quand même !). Hâte de voir si le public français va accrocher à ce récit d’anticipation bien ficelé et bien joué.


(Attention la BA qui suit est celle concoctée par Arte et bizarrement, elle comporte un nombre incroyable de spoilers!!!)

Real Humans (je vais garder ce titre, plus facile à écrire et à dire) présente une société, suédoise donc, dans laquelle des robots humanoïdes ultra réalistes prennent en charge les tâches alors considérées comme les plus avilissantes de notre quotidien : femme de ménage, cuisinier, manufacturier, coach sportif ou même esclave sexuel, chaque hubot (terme issu de la contraction de Humain et de Robot) a son rôle précis. Évidemment, se pose immédiatement pour le spectateur, toutes les questions éthiques, morales, économiques et biologiques que soulèvent habituellement la mythologie des robots. Mais Real Humans ne tombe pas dans le travers de vouloir répondre à tout, tout de suite. La série prend son temps : les premiers épisodes, peut-être un poil timides et explicatifs, présentent les -nombreux- personnages de la série. Les règles qui régissent ce monde robotisé nous sont délivrées peu à peu, de façon digeste, et la plupart des questions trouvent leurs réponses au fur et à mesure des 10 épisodes de la série.

Et petit à petit, le récit gagne franchement en intensité. Des histoires à la base indépendantes les unes des autres se retrouvent intelligemment imbriquées les unes aux autres. Et la dimension aventure de la série rejoint rapidement les arcs narratifs plus familiaux. Au final, on a affaire à un puzzle bien présenté et à un récit bien tenu. Le rythme régulier sans être frénétique maintient une belle énergie : on s’ennuie rarement.
En deux mots, et pour ne pas spoiler ceux qui s’y mettent tout juste (ce qui suit est amorcé dans les premières minutes de la série), certains Hubots, apparemment différents des autres, cherchent à monter en grade et à obtenir un début de reconnaissance sociale dans une société partagée entre un attrait pour ces nouvelles machines et une peur quasi-raciste de ces êtres artificiels. Tous les points de vue des personnages, vraiment bien écrits, sont défendables. Ce qui permet à la série d’aborder intelligemment les thèmes de l’âme, l’amour, la foi, la mort ou la filiation (rien que ça). Seule la fin, pas toujours très claire, laisse certaines questions en suspens. Mais que les spectateurs se rassurent, la fiche Wikipédia suédoise annonce que "serien kommer tillbaka för en andra säsong under hösten 2013". Ce qui, pour les non linguistes, se traduit par "la série sera de retour pour une deuxième saison à l'automne 2013".

Un mot sur le look de la série. Forcément très fraiche (on est en Suède quand même), la superbe photographie de la série propose des couleurs pastelles, variées, douces, comme pour mettre en opposition cette société en apparence modèle et ses problématiques éthiques. C’est le syndrome Desperate Housewives : plus l’environnement est joli, plus on peut aborder des thèmes durs. Les décors, suédois par excellence (merci Ikéa), sont fidèles à l’idée qu’on s’en fait.
La vraie prouesse technique de la série provient évidemment des maquillages des robots. Et oui, je vais sans doute en décevoir certains mais il ne s’agit pas de vraies machines. Ce sont bel et bien des comédiens qui interprètent très justement ces hubots, avec une gestuelle remarquablement travaillée, ni trop caricaturale, ni trop naturelle. Les visages, surmaquillés, les coiffures et les lentilles, très artificielles, déroutent au premier abord. Ça fait faux, pourrait-on dire. Mais justement, ce sont de faux humains. Et très vite on ne voit plus que le plastique des personnages et on oublie la chair des comédiens. Très réussi.

Je reparlerai peut-être de cette série plus tard sur ce blog, lorsque la diffusion Arte aura un peu avancé et que je pourrai en dire un peu plus sans gâcher le plaisir de tout le monde. Mais je répète qu’on tient là un petit bijou et qu’en cette année un peu morose en termes de nouveautés sérielles, ça fait beaucoup de bien. D’autant plus quand ça provient d’un pays et d’une culture qu’on a peu l’habitude de voir ou d’entendre. Bra visning!



PS : Pour ceux qui ne pourront attendre la diffusion hebdomadaire sur Arte, sachez que le coffret de l’intégrale est sortie hier (je comprend pas bien la stratégie d'Arte sur ce coup là...) pour une somme raisonnable (et ça vaut le coup). Au passage, merci à mon twittos d’ami Arnaud pour sa review du coffret sur DVDséries !
Pour ceux qui ont plus de moyens, Arte propose son Hubot Market pour choisir et commander son robot personnel !

vendredi 15 mars 2013

Le bestiaire d'X-Files: un palmarès qui tue!


L’autre jour, en lisant le blog de mon amie Astiera et plus particulièrement un article qui recensait les moments les plus flippants de sa vie de sériephile, je suis retombé sur un extrait ou plutôt sur un personnage d’X-Files qui m’a moi aussi fortement marqué quand j’étais plus jeune. Pour ceux qui n’ont pas encore cliqué sur le lien d’Astiera, et pour garder le suspens, je ne vous dirai pas tout de suite de qui il s’agit (toi, fan d’X-Files, tu sais déjà). Mais en en parlant autour de moi, je me suis rendu compte que ce méchant comptait probablement parmi les plus connus de la télé des années 1990. Etonnant pour un perso qui n’apparaît en tout et pour tout que dans 2 épisodes. De fil en aiguille, j’ai repensé à tous les ennemis de Mulder et Scully qui m’ont marqué. Et ils font légion ! Voilà pour moi, les plus marquants (NDA : je ne parle ici que des monstres de la semaine ; je mets de coté tout ce qui a trait à la mythologie des extraterrestres) :

Les demi-dieux : assez peu effrayants physiquement, mais redoutables en termes d’effets visuels, ces monstres ont la particularité spectaculaire de maîtriser les éléments. Vus de l’extérieur, ils ressemblent à monsieur-tout-le-monde, ce qui contraste d’autant plus avec la violence des catastrophes souvent mortelles qu’ils provoquent. Dans la famille "Percy Jackson qui tourne mal", on a donc :

- Cecil L'Ively (L’incendiaire – 1x11) : Ce jardinier séduisant est en fait un pyromane avéré. Sauf que lui n’a pas besoin d’allumette, ni d’essence pour déclencher des incendies ; non, lui il utilise ses doigts. Pratique. Et dangereux. Surtout pour quelqu’un de légèrement obsédé par les jolies femmes qui l’entourent. Mulder, phobique du feu, appréciera.
Interprété par Mark Sheppard.

- Daren Peter Oswald (Coup de Foudre – 2x03) : Vu comme ça, il paraît encore plus inoffensif que le précédent. Malgré un nom qui évoque légèrement le tireur isolé, on ne pourrait pas se douter que cet adolescent ayant à peine fini de muer est capable de déclencher la foudre. Rien que ça. Donc attention à ne pas trop le souler sur le rangement de sa chambre ou sur la table à débarrasser.
Interprété par le toujours génial Giovanni Ribisi.

Les difformes : certains méchants d’X-Files étaient véritablement terrifiants physiquement. Monstreux, déformés, c’était toujours un peu un choc de les voir apparaître à l’écran. Mais dans les faits, ils n’étaient pas forcément les plus dangereux (enfin pas tous). C’est le syndrome "la Belle et la Bête". Dans la famille "Elephant man", on trouve :

- L’homme-douve (L’hôte – 2x02) : C’est la première bestiole vraiment dégueu à faire son apparition dans X-Files. Plus vraiment humain, mais pas complètement animal, cette aberration de la nature est le résultat d’une mutation foireuse dans les alentours de Tchernobyl. Ce parasite géant n’est pas foncièrement mauvais ; il cherche surtout à survivre et à se reproduire. Et c’est vrai que pour ça, il fait des dégats. Comme je suis sympa, je vous épargne les visuels. Mais c’était moche.
Interprété par Darin Morgan, qui a dit de son costume qu’il s’agissait certainement de la chose la plus laide jamais portée par un acteur.

- Edmund, Sherman et George Peacock (La meute – 4x03): Attention, épisode aussi choquant et malsain qu’ensoleillé (c’est rare dans X-Files). Cette étrange famille de Pennsylvanie est composée de trois frères tous plus difformes les uns que les autres. Refusant de se soumettre aux autorités et suspectés des pires atrocités, les frères prennent rapidement les armes pour se défendre et pour garder intact leur vilain secret d’inceste et de consanguinité. Sympa. Je vous laisse imaginer les horreurs que Mulder et Scully trouveront à l’intérieur.
Interprétés par Chris Nelson Norris, Adrian Hughes et John Trottier (il paraît).

- Elidao Buente  (El Chupacabra – 2x11) : cet immigrant mexicain se retrouve très vite accusé du meurtre de sa belle-sœur. Jusque là, rien de très original. Sauf que tout ce que touche ce malheureux fermier (belle-sœur comprise) a une légère tendance à pourrir instantanément. Et s’il était possédé par un esprit ? Ca expliquerait les légères déformations subies par le jeune homme. Un des premiers X-Files que  j’ai vus. J’ai pas aimé.
Interprété par Raymond Cruz.
 
- Le grand Mutato (Prométhée Post-Moderne – 5x5) : Pour le coup, la référence à Elephant Man et à la Créature de Frankenstein est assumée. Aussi monstrueux qu’inoffensif, cet être solitaire est rejeté par une communauté conformiste étroite d’esprit. Un très beau conte plus qu’un épisode d’X-Files. Mais une créature pas jolie-jolie.
Interprété par Chris Owen, qui interprétera plus tard l’agent Jeffrey Spender. 


Les psychopathes : de loin la catégorie de méchants la plus dangereuse, la plus effrayante, la plus perverse. Ces monstres là utilisent des armes psychologiques très fortes. Et ils se rapprochent le plus de cas rationnels et réalistes. D’où le coté "et-si-c’était-vrai" de ces épisodes : flippant. Dans la famille "Norman Bates", je vous présente :

- Luther Lee Boggs (Le message – 1x13) : ancien tueur en série arrêté pas Mulder, ce condamné à mort prétend avoir des informations sur une nouvelle série de meurtres. Le côté chelou est qu’il obtient ces infos de l’au-delà. Le côté psychopathe, c’est qu’il se sert de ce don pour manipuler la pauvre Scully qui vient de perdre son père. Et le côté flippant, c’est que Scully le croit (c’est d’ailleurs une des premières fois où la foi de Scully prend le pas sur son scepticisme naturel).
Magistralement interprété par l’effrayant Brad Dourif, le Grima, langue de serpent, du Seigneur de Anneaux.

- Donald Addie Pfaster (Le Fétichiste – 2x13) : Cas très particulier, ce tueur n’a rien de paranormal. Il est juste fétichiste. Mais pas le genre à aimer porter du cuir ou à lécher des pieds. Non, lui, son truc, c’est plutôt la collection d’ongles, de cheveux ou de dents prélevés sur ses victimes violées et assassinées. Très malsain, le jeune homme est mystérieusement accompagné par le diable en personne (rien que ça…). Et même Scully, à qui on ne la fait pas, est terrorisée.
Interprété par Nick Chinlund qui reviendra en saison 7 pour le même personnage dans un épisode largement dispensable.

- Gerry Thomas Schnauz (Les hurleurs – 4x04) : Ce tueur allemand a la particularité de ne pas être tout seul au dernier étage. Il y a du monde au plafond, visiblement. Investi d’une mission par des êtres mystérieux, les fameux hurleurs du titre, cet être dérangé kidnappe les jolies filles (fait pas bon d’être une bombe dans X-Files, moi, j’vous l’dis !) pour opérer sur elles une lobotomie sans anesthésie. Sympa.
Interprété par Pruitt Vince, dont le trouble oculaire rend le physique encore plus dérangeant.

- John Lee Roche (Cœur de Tissu – 4x10) : Il nous en manquait un, le voilà : c’est notre ami pédophile ! Glacial, froid, il est sacrément perturbant, surtout quand il arrive à communiquer avec Mulder à travers ses rêves. Ce type là est vraiment repoussant. Dégueu.
Interprété par Tom Noonan (pas de bol parce que je te déteste maintenant)

Les cannibales : Si Mulder a un faible pour les graines de tournesol, il lui arrive d’être confrontés à des êtres ayant des gouts culinaires un peu plus particulier. Ca bouffe beaucoup dans X-Files et ça bouffe mal. Dans la famille "Hannibal Lecter", on retrouve :

-Virgil Incanto (Meurtres sur Internet – 3x06) : à priori, ce mec là a tout pour plaire. Séduisant, en mal d’amour, il assume utiliser les sites de rencontres pour chercher l’âme sœur (à une époque où Internet était assez peu répandu). Bonus non négligeable, il peut faire perdre beaucoup de kilos à sa future prétendante. Et pour cause, il dévore leur graisse. Un baiser avec lui, se transforme vite en liposuccion. Avoir proposé ce script à Gillian Anderson est une insulte à ses formes diablement sexy !
Interprété par Timothy Carhart.

- Leonard Betts (Régénérations – 4x12): Leonard, il a un côté sympa, il est capable de détecter très tôt les cancers chez les individus malades. Il a un côté moins sympa : il dévore les cellules cancéreuses de ces malades. Pas cool, et puis crados, un peu. Et très inquiétant quand il s’en prend à Scully, pourtant en bonne santé ! Enfin à priori…
Interprété par Paul McCrane, le Romano des Urgences.

- Robert Roberts (Appétit Monstre – 7x03) : Lui, il aime le tartare. Saignant. Et il adore quand c’est du tartare de cervelle humaine. Superbe épisode écrit uniquement du point de vue du tueur. Il est là à toutes les scènes et Mulder et Scully deviennent secondaires. Ce sont eux les ennemis et Robert devient attachant. Jolie prouesse.
Interprété par Chad Donella

- Victor Eugene Tooms (Compressions – 1x03 ; Le retour de Tooms – 1x21) : Allez voilà, j’aurai tenu le suspens jusqu’au bout. Le voilà, LE tueur qui a effrayé toute une génération de téléspectateurs. Demandez à quelqu’un quel monstre l’a marqué dans X-Files et il répondra Tooms. Ce mutant qui se nourrit de 5 foies humains une fois tous les 30 ans a la particularité de pouvoir se glisser dans des recoins totalement inaccessibles (un tuyau d’aération, une cheminée…). Ce qui renvoie à la peur ancestrale de tout un chacun : même enfermé chez soi, on n’est pas en sécurité. Tooms a tellement frappé les esprits qu’il reviendra pour un deuxième épisode presqu’aussi flippant. Il faut dire qu’il est le premier monstre de la série et il intervient dans le premier épisode qui ne parle pas d’extraterrestre. Ca a un peu choqué.
Interprété par le cultissime Doug Hutchinson, qui doit beaucoup à ce rôle.


Voilà, à la vue de cette liste, je me demande encore comment ne pas avoir été plus traumatisé dans ma jeunesse. Que d’horreurs, que de perversions, mais que de plaisir à mater cette série décidément culte ! Et vous, qui vous a empêché de dormir ? à part Tooms, bien évidemment… ;)