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jeudi 25 février 2016

X-Files s10 : Affaire classée et réussie !



C’était bien sûr l’évènement sériel de l’hiver : le retour d’X-Files à la télévision américaine (sur la Fox, en l’occurrence). Et, une fois n'est pas coutume, une chaine française (M6 en l’occurrence) emboite le pas rapidement puisqu’elle diffuse dès ce soir les six nouveaux épisodes de la saison 10, trois jours après le season finale de la série culte.
Alors d’abord, ami lecteur, tu le sais : j’aime X-Files. Non, je l’adore. Non, je l’idolâtre. La série fait incontestablement partie de mon panthéon. Elle fait aussi partie de mon histoire de sériephile : comme beaucoup, c’est l’une des premières que j’ai vues de façon suivie et régulière. Et c’est surtout l’une des seules que j’ai regardées intégralement plusieurs fois ! Même si je suis définitivement de la Team Scully, je suis fan de ce duo de personnages mythiques et je compte même parmi les rares à avoir aimé leurs remplaçants des dernières saisons.
C’est dire l’appréhension que j’ai eu à l’annonce du retour du service des affaires non-classées. Toucher à X-Files, c’est prendre le risque de dénaturer un chef d’œuvre (n’ayons pas peur des mots). Évidemment, j’ai plongé. Évidemment, j’ai tout vu. Évidemment j’ai aimé. Mais à quel point ? Sans aucun spoil majeur sur cette saison 10 (mais en essayant d’être intéressant quand même pour ceux qui n’ont encore rien vu), j’ai décidé de classer ces six épisodes, du meilleur au moins bon, selon mes propres goûts personnels à moi.


Episodes 1 et 6 : les mythologiques.
Parmi les fans d’X-Files, il y avait ceux qui préféraient les épisodes bouclés avec l’enquête de la semaine ; et il y avait ceux qui suivaient la série pour comprendre les tenants et aboutissants de la conspiration extraterrestre. Bon, en vrai, les fans purs et durs aimaient tous les épisodes mais je suis quand même de ceux qui gardent une affection toute particulière pour la mythologie X-Filienne. Beaucoup moins obscur et bien mieux construit que ce qu’on a bien voulu croire (loin des "ça part en couille" et autre "on capte que dalle" qui reviennent trop souvent), l’arc dramatique autour des petits hommes verts trouvait une jolie fin dans la série d’origine, avec même une belle promesse pour une suite cinématographique ou télévisuelle.

Force est de constater qu’avec les épisodes 1 et 6 de cette saison 10, Chris Carter et son équipe d’auteurs n’ont rien oublié de l’histoire qu’ils nous avaient racontée jusque-là (et notamment tout ce qui était annoncé pour 2012) et reprennent le récit là où ils l’avaient laissé. Et ça, ça fait bien plaisir. Ils trouvent même le moyen de redistribuer les cartes et de relancer la machine de façon intelligente, en injectant au passage une dose pertinente d’actualité (rapport à l’état d’urgence, toussa…).
Alors oui, ça va un peu vite. Oui, c’est parfois un peu facile (notamment le recours à cet illuminé des Internets qui fait plus de découvertes en quelque mois que Mulder et Scully en plusieurs années). Mais ça fonctionne. Et c’est captivant. Je dirais juste qu’il faut quand même bien être à jour sur la série d’origine parce qu’on ne perd pas beaucoup de temps à résumer ce qui a précédé (pour ça, je conseille vivement de revoir le final de la saison 9).
Enfin, le cliffhanger de maboule (oui j’utilise des mots d’antan) n’annonce que du bon pour la suite ! On aime !

Episode 2 et 4 : les loners personnels
X-Files, c’est évidemment Mulder et Scully. Deux personnages qui ont l’un et l’autre beaucoup évolué au cours des saisons et des avalanches d’emmerdes que les méchants conspirateurs ont mis sur leur route. Difficile pour les scénaristes de ne pas injecter des storylines personnelles, et ce même dans les loners de la série (les fameux épisodes bouclés et indépendants). Et c’est le cas ici, par deux fois.

L’épisode 2 n’est qu’à moitié lié à la mythologie de la série. Comme dans plusieurs anciens épisodes, Mulder et Scully enquêtent sur ce qui pourrait être une sous-filiale de la conspiration principale. Bien écrit et visuellement très fort (ce corridor glaçant d’enfants atteints de malformations génétiques…), l’épisode puise surtout toute sa force dans le passé des deux personnages. L’occasion pour les auteurs de reparler de l’enfant de Mulder et Scully (car oui, ils ont eu un enfant ; oui, ça a bien eu lieu au cours de la série ; et oui, c’est bien Mulder qui est le père) ou plus exactement du vide qu’il a laissé derrière lui, après que ses parents aient été contraints de le faire adopter. C’est donc aussi l’occasion pour les acteurs de dévoiler à nouveau tout leur talent et de présenter des personnages émus et émouvants.
L’épisode 4 se focalise plus sur Scully, dont la mère tombe gravement malade. Tout aussi réussi que le 2 sur le plan personnel et émotionnel, l’épisode pêche en revanche du côté de l’enquête de la semaine. Plus gore, moins bien ficelée, avec un sujet bancal déjà utilisé en saison 6, l’histoire du jour a du mal à trouver un lien avec celle de la mère de Scully. Et il faut bien dire que la performance de Gillian Anderson (Team Scully, j’vous dis !) occulte tout le reste. En un mot, on se fout un peu de ce qui arrive à Mulder et son enquête, même si tous les éléments étaient réunis pour avoir un épisode bien effrayant. Dommage. Pas raté, mais pas totalement réussi.

Episode 3 : le loner parodique
Beaucoup de fans retiennent avant tout les épisodes parodiques de la série d’origine. Très drôles, ils fonctionnaient souvent à merveille, perdus au milieu d’épisodes sérieux et/ou terrifiants. Et leur rareté leur donnait leur saveur. Se pose alors la question d’avoir intégré un épisode parodique dans une saison qui compte si peu d’épisodes. A peine s’est-on remis dans le bain qu’il faut déjà faire fi des nouveaux repères et accepter un nouveau délire de la part de Darin Morgan (un spécialiste de ce type d’épisodes). Ne nous y trompons pas, j’ai trouvé l’épisode vraiment très réussi. C’est marrant, c’est du grand n’imp’ et Duchovny (en son slip rouge) et Anderson prennent visiblement beaucoup de plaisir à se montrer absurdes. Je me suis bien amusé. Mais c’est plutôt que j’aimais aussi beaucoup frissonner devant cette série et que cette saison 6 n’y parvient jamais totalement.

Episode 5 : le loner entre deux chaises
De prime abord, cet épisode est celui qui pourrait paraitre le plus classique avec une enquête sérieuse où une théorie paranormale de Mulder s’oppose à une rationalisation scientifique de Scully. Pourtant cet épisode reste en demi-teinte. Tout d’abord parce qu’avant l’idée farfelue de Mulder,  aucun élément surnaturel ne nous est montré. On a affaire à un cas classique de terrorisme sur lequel le FBI enquête. Donc pour une fois, ça n’est pas le fantastique qui vient aux services des affaires non classées mais bien l’inverse. Étonnant. Et forcément un peu plus lent à démarrer.
Puis les scénaristes collent dans les pattes des héros deux nouveaux agents qui sont leur copie conforme avec 30 ans de moins. Pourquoi pas. D’autant que les p’tits jeunes (qui reviendront dans l’épisode suivant) sont plutôt sympas. Sauf que l’épisode vire dans la parodie qui ne s’assume pas totalement. L’affaire continue d’être sérieuse mais son traitement se résume à beaucoup d’autoréférences que seuls les fans peuvent percevoir. Mais là encore, pourquoi pas.
Puis vient la fameuse scène de Mulder. Ceux qui l’ont vue savent de quoi je parle. Et là, l’épisode bascule. On est à nouveau là pour rire et on perd franchement l’esprit angoissant d’X-Files. Le fond du problème n’est pas ou mal traité au profit d’une forme divertissante. A la fin de l’épisode, on garde un léger arrière-goût de pas assez. Dommage.


Au final, la dixième saison de cette série culte qu’est X-Files est plutôt très réussie. Mais il faut bien dire que ça ne ressemble plus tout à fait à la série des années 90 ; et c’est bien normal. Il y a beaucoup de fan service, de clins d’œil plus ou moins appuyés et de private joke destinés aux fans de la première heure (au passage, je me demande comment les nouveaux spectateurs peuvent appréhender cette saison ; à mon avis, ils sont perdus). On sent aussi que les auteurs ont voulu en dire le plus possible en très d’épisodes peu : ils ont cherché à remettre le plus d’histoires sur les rails, ils ont tenu à proposer tous les genres d’épisodes possibles. La saison aurait peut-être encore plus gagné à retenir un peu ses effets. D’autant plus qu’au vu des audiences, il n’y a aucune raison qu’une onzième saison ne voit jamais le jour (mais ça, évidemment ni Chris Carter, ni la Fox ne pouvaient le deviner).
Pour les plus fans d’entre vous je vous conseille les analyses beaucoup plus poussées de Sullivan Le Postec écrites pour le DailyMars, épisode par épisode (ici, , ou encore là. Et ici aussi). C’est passionnant !

vendredi 15 mars 2013

Le bestiaire d'X-Files: un palmarès qui tue!


L’autre jour, en lisant le blog de mon amie Astiera et plus particulièrement un article qui recensait les moments les plus flippants de sa vie de sériephile, je suis retombé sur un extrait ou plutôt sur un personnage d’X-Files qui m’a moi aussi fortement marqué quand j’étais plus jeune. Pour ceux qui n’ont pas encore cliqué sur le lien d’Astiera, et pour garder le suspens, je ne vous dirai pas tout de suite de qui il s’agit (toi, fan d’X-Files, tu sais déjà). Mais en en parlant autour de moi, je me suis rendu compte que ce méchant comptait probablement parmi les plus connus de la télé des années 1990. Etonnant pour un perso qui n’apparaît en tout et pour tout que dans 2 épisodes. De fil en aiguille, j’ai repensé à tous les ennemis de Mulder et Scully qui m’ont marqué. Et ils font légion ! Voilà pour moi, les plus marquants (NDA : je ne parle ici que des monstres de la semaine ; je mets de coté tout ce qui a trait à la mythologie des extraterrestres) :

Les demi-dieux : assez peu effrayants physiquement, mais redoutables en termes d’effets visuels, ces monstres ont la particularité spectaculaire de maîtriser les éléments. Vus de l’extérieur, ils ressemblent à monsieur-tout-le-monde, ce qui contraste d’autant plus avec la violence des catastrophes souvent mortelles qu’ils provoquent. Dans la famille "Percy Jackson qui tourne mal", on a donc :

- Cecil L'Ively (L’incendiaire – 1x11) : Ce jardinier séduisant est en fait un pyromane avéré. Sauf que lui n’a pas besoin d’allumette, ni d’essence pour déclencher des incendies ; non, lui il utilise ses doigts. Pratique. Et dangereux. Surtout pour quelqu’un de légèrement obsédé par les jolies femmes qui l’entourent. Mulder, phobique du feu, appréciera.
Interprété par Mark Sheppard.

- Daren Peter Oswald (Coup de Foudre – 2x03) : Vu comme ça, il paraît encore plus inoffensif que le précédent. Malgré un nom qui évoque légèrement le tireur isolé, on ne pourrait pas se douter que cet adolescent ayant à peine fini de muer est capable de déclencher la foudre. Rien que ça. Donc attention à ne pas trop le souler sur le rangement de sa chambre ou sur la table à débarrasser.
Interprété par le toujours génial Giovanni Ribisi.

Les difformes : certains méchants d’X-Files étaient véritablement terrifiants physiquement. Monstreux, déformés, c’était toujours un peu un choc de les voir apparaître à l’écran. Mais dans les faits, ils n’étaient pas forcément les plus dangereux (enfin pas tous). C’est le syndrome "la Belle et la Bête". Dans la famille "Elephant man", on trouve :

- L’homme-douve (L’hôte – 2x02) : C’est la première bestiole vraiment dégueu à faire son apparition dans X-Files. Plus vraiment humain, mais pas complètement animal, cette aberration de la nature est le résultat d’une mutation foireuse dans les alentours de Tchernobyl. Ce parasite géant n’est pas foncièrement mauvais ; il cherche surtout à survivre et à se reproduire. Et c’est vrai que pour ça, il fait des dégats. Comme je suis sympa, je vous épargne les visuels. Mais c’était moche.
Interprété par Darin Morgan, qui a dit de son costume qu’il s’agissait certainement de la chose la plus laide jamais portée par un acteur.

- Edmund, Sherman et George Peacock (La meute – 4x03): Attention, épisode aussi choquant et malsain qu’ensoleillé (c’est rare dans X-Files). Cette étrange famille de Pennsylvanie est composée de trois frères tous plus difformes les uns que les autres. Refusant de se soumettre aux autorités et suspectés des pires atrocités, les frères prennent rapidement les armes pour se défendre et pour garder intact leur vilain secret d’inceste et de consanguinité. Sympa. Je vous laisse imaginer les horreurs que Mulder et Scully trouveront à l’intérieur.
Interprétés par Chris Nelson Norris, Adrian Hughes et John Trottier (il paraît).

- Elidao Buente  (El Chupacabra – 2x11) : cet immigrant mexicain se retrouve très vite accusé du meurtre de sa belle-sœur. Jusque là, rien de très original. Sauf que tout ce que touche ce malheureux fermier (belle-sœur comprise) a une légère tendance à pourrir instantanément. Et s’il était possédé par un esprit ? Ca expliquerait les légères déformations subies par le jeune homme. Un des premiers X-Files que  j’ai vus. J’ai pas aimé.
Interprété par Raymond Cruz.
 
- Le grand Mutato (Prométhée Post-Moderne – 5x5) : Pour le coup, la référence à Elephant Man et à la Créature de Frankenstein est assumée. Aussi monstrueux qu’inoffensif, cet être solitaire est rejeté par une communauté conformiste étroite d’esprit. Un très beau conte plus qu’un épisode d’X-Files. Mais une créature pas jolie-jolie.
Interprété par Chris Owen, qui interprétera plus tard l’agent Jeffrey Spender. 


Les psychopathes : de loin la catégorie de méchants la plus dangereuse, la plus effrayante, la plus perverse. Ces monstres là utilisent des armes psychologiques très fortes. Et ils se rapprochent le plus de cas rationnels et réalistes. D’où le coté "et-si-c’était-vrai" de ces épisodes : flippant. Dans la famille "Norman Bates", je vous présente :

- Luther Lee Boggs (Le message – 1x13) : ancien tueur en série arrêté pas Mulder, ce condamné à mort prétend avoir des informations sur une nouvelle série de meurtres. Le côté chelou est qu’il obtient ces infos de l’au-delà. Le côté psychopathe, c’est qu’il se sert de ce don pour manipuler la pauvre Scully qui vient de perdre son père. Et le côté flippant, c’est que Scully le croit (c’est d’ailleurs une des premières fois où la foi de Scully prend le pas sur son scepticisme naturel).
Magistralement interprété par l’effrayant Brad Dourif, le Grima, langue de serpent, du Seigneur de Anneaux.

- Donald Addie Pfaster (Le Fétichiste – 2x13) : Cas très particulier, ce tueur n’a rien de paranormal. Il est juste fétichiste. Mais pas le genre à aimer porter du cuir ou à lécher des pieds. Non, lui, son truc, c’est plutôt la collection d’ongles, de cheveux ou de dents prélevés sur ses victimes violées et assassinées. Très malsain, le jeune homme est mystérieusement accompagné par le diable en personne (rien que ça…). Et même Scully, à qui on ne la fait pas, est terrorisée.
Interprété par Nick Chinlund qui reviendra en saison 7 pour le même personnage dans un épisode largement dispensable.

- Gerry Thomas Schnauz (Les hurleurs – 4x04) : Ce tueur allemand a la particularité de ne pas être tout seul au dernier étage. Il y a du monde au plafond, visiblement. Investi d’une mission par des êtres mystérieux, les fameux hurleurs du titre, cet être dérangé kidnappe les jolies filles (fait pas bon d’être une bombe dans X-Files, moi, j’vous l’dis !) pour opérer sur elles une lobotomie sans anesthésie. Sympa.
Interprété par Pruitt Vince, dont le trouble oculaire rend le physique encore plus dérangeant.

- John Lee Roche (Cœur de Tissu – 4x10) : Il nous en manquait un, le voilà : c’est notre ami pédophile ! Glacial, froid, il est sacrément perturbant, surtout quand il arrive à communiquer avec Mulder à travers ses rêves. Ce type là est vraiment repoussant. Dégueu.
Interprété par Tom Noonan (pas de bol parce que je te déteste maintenant)

Les cannibales : Si Mulder a un faible pour les graines de tournesol, il lui arrive d’être confrontés à des êtres ayant des gouts culinaires un peu plus particulier. Ca bouffe beaucoup dans X-Files et ça bouffe mal. Dans la famille "Hannibal Lecter", on retrouve :

-Virgil Incanto (Meurtres sur Internet – 3x06) : à priori, ce mec là a tout pour plaire. Séduisant, en mal d’amour, il assume utiliser les sites de rencontres pour chercher l’âme sœur (à une époque où Internet était assez peu répandu). Bonus non négligeable, il peut faire perdre beaucoup de kilos à sa future prétendante. Et pour cause, il dévore leur graisse. Un baiser avec lui, se transforme vite en liposuccion. Avoir proposé ce script à Gillian Anderson est une insulte à ses formes diablement sexy !
Interprété par Timothy Carhart.

- Leonard Betts (Régénérations – 4x12): Leonard, il a un côté sympa, il est capable de détecter très tôt les cancers chez les individus malades. Il a un côté moins sympa : il dévore les cellules cancéreuses de ces malades. Pas cool, et puis crados, un peu. Et très inquiétant quand il s’en prend à Scully, pourtant en bonne santé ! Enfin à priori…
Interprété par Paul McCrane, le Romano des Urgences.

- Robert Roberts (Appétit Monstre – 7x03) : Lui, il aime le tartare. Saignant. Et il adore quand c’est du tartare de cervelle humaine. Superbe épisode écrit uniquement du point de vue du tueur. Il est là à toutes les scènes et Mulder et Scully deviennent secondaires. Ce sont eux les ennemis et Robert devient attachant. Jolie prouesse.
Interprété par Chad Donella

- Victor Eugene Tooms (Compressions – 1x03 ; Le retour de Tooms – 1x21) : Allez voilà, j’aurai tenu le suspens jusqu’au bout. Le voilà, LE tueur qui a effrayé toute une génération de téléspectateurs. Demandez à quelqu’un quel monstre l’a marqué dans X-Files et il répondra Tooms. Ce mutant qui se nourrit de 5 foies humains une fois tous les 30 ans a la particularité de pouvoir se glisser dans des recoins totalement inaccessibles (un tuyau d’aération, une cheminée…). Ce qui renvoie à la peur ancestrale de tout un chacun : même enfermé chez soi, on n’est pas en sécurité. Tooms a tellement frappé les esprits qu’il reviendra pour un deuxième épisode presqu’aussi flippant. Il faut dire qu’il est le premier monstre de la série et il intervient dans le premier épisode qui ne parle pas d’extraterrestre. Ca a un peu choqué.
Interprété par le cultissime Doug Hutchinson, qui doit beaucoup à ce rôle.


Voilà, à la vue de cette liste, je me demande encore comment ne pas avoir été plus traumatisé dans ma jeunesse. Que d’horreurs, que de perversions, mais que de plaisir à mater cette série décidément culte ! Et vous, qui vous a empêché de dormir ? à part Tooms, bien évidemment… ;)

jeudi 12 janvier 2012

X-Files: une iconographie mythique


Plus qu’Urgences ou Friends, X-Files est peut-être LA série américaine des années 1990 en France. En tout cas, l’impact qu’elle a eu sur le public français est bien plus "envahissant" que n’importe quelle autre série. Avec X-Files, M6 lance ce qui deviendra sa fameuse trilogie du samedi, organise des conventions de fans, commercialise des produits dérivés et diffusent même la série deux fois par semaine (un soir pour des épisodes inédits, un autre soir pour des redif’) ! La série est un raz-de-marée. Et 10 ans après, il me semble qu’elle occupe toujours une place particulière dans mon panthéon des séries. Visuellement, X-Files est une grande réussite. Et ce qui me fascine avec cette série, c’est l’iconographie qu’elle a su mettre en place, surtout dans ses premières saisons. Grâce à quelques éléments, on sait immédiatement qu’on regarde X-Files, même si on arrive en cours d’épisodes.

- Les lampes torches : Avant X-Files, les séries télé avaient tendance à fuir les ambiances sombres, plutôt réservées aux salles obscures du cinéma. Mais la série choisit d’aller à contre-courant et de proposer des atmosphères de nuit, avec très peu de lumière. C’est malin : de cette façon, on évite d’en montrer trop, on économise les effets et les scènes n’en sont que plus stressantes. La photo de la série est hyper marquée par cette omniprésence de l’obscurité. Conséquence immédiate, les deux héros se baladent systématiquement avec des lampes torches plus ou moins grosses pour essayer d’y voir quelque chose. Ces simples accessoires permettent d’identifier la série au premier coup d’œil.

- Les portables : aussi cultes que les lampe-torches, les téléphones portables. Véritables précurseurs, Mulder et Scully passent leur temps au téléphone, et ce, bien avant que Jack Bauer ne s’en fasse greffer un dans la main. Plus les saisons avancent et plus les téléphones rapetissent, mais une chose est sure, Mulder et Scully n’ont pas beaucoup d’amis : la preuve, ils n’ont même plus besoin de se présenter au téléphone.

Ce qui est vrai dans un sens marche aussi dans l’autre sens.


- Les imperméables et le temps pourri : Mulder et Scully portent la poisse : où qu’ils aillent aux États-Unis, il fait toujours un temps de chiottes. Et les 2 agents se trouvent souvent obligés de sortir leurs imperméables. La vraie raison de cette météo pourrie vient du lieu de tournage de la série. Pour des raisons de budget, les premières saisons ont été tournées à Vancouver au Canada. Le climat local, pas très estival, a fini par donner un vrai charme à la série. Là encore, cette petite pluie incessante est devenue une marque de fabrique incontournable d’X-Files.

- La cigarette : avant Mad Men, la cigarette n’était pas un symbole de coolitude. Bien au contraire. Avant Mad Men, la cigarette était LE MAL. La faute à l’homme à la cigarette, l’ennemi numéro 1 de Mulder. Celui qui connait les réponses, qui fomente des complots et qui pourrit le gouvernement américain de l’intérieur (en anglais, on le surnomme parfois the cancer man). La clope devient une véritable institution pour la série : un simple plan sur un mégot ou sur un briquet, et c’est tout l’épisode qui bascule dans la théorie du complot.
- Les badges : Mulder et Scully présentent leurs badges plusieurs fois dans chaque épisode (à commencer par le générique). Véritables sésames, ils leur permettent d’entrer à peu près n’importe où et d’interroger n’importe qui. Objet culte de référence, les badges d’X-Files deviennent très vite des must-have pour les fans absolus. 

- Le poster de Mulder : au dessus de son bureau, Mulder a un poster, devenu lui aussi cultissime. A lui-seul, il représente la série. Malgré son coté amateur, il symbolise tout le personnage de Mulder, qui est prêt à croire n’importe quel phénomène, même à partir d’une photo floue. La légende veut que ce poster ait été créé par l’équipe déco, à la dernière minute pour charger un peu plus les murs du bureau de Mulder.

- La coupe de Scully : Reconnaissables entre mille, les silhouettes du grand brun et de la petite rousse sont devenues, elles-aussi, mythiques. Si la coupe de Mulder n’a pas beaucoup évolué en 9 ans, celle de Scully a pas mal changé au fil des saisons. Ce site, ici, propose de voter pour votre coupe préférée. Pour moi, c’est tout vu, je suis d’accord avec le site : la coupe de Scully, c’est celle de la saison 4 (qui se trouve être pour beaucoup, la saison la plus réussie).

- Le générique et la musique de Mark Snow : totalement incontournable, la musique du générique d’X-Files est ultra-mythique. Et pourtant elle est hyper simple : des phrases de 6 notes basiques répétées en boucle. C’est ce qui en fait sans doute son génie. Tout le monde connait cet air, même ceux qui n’ont jamais regardé la série (ils existent ?). Mais la musique de la série ne se limite pas à celle du générique. Elle est omniprésente : de longues nappes qui durent, peu mélodieuses, et qui accompagnent la quasi-totalité de chaque épisode. Sans l’image, on est déjà capable de reconnaitre le programme, ce qui n’est pas si courant pour une série télé.


 
Ainsi, à partir de simples accessoires et des quelques effets, X-Files s’est forgé une identité visuelle très forte, assez inoubliable. Celle-ci a fortement contribué au succès de la série et lui permet de traverser les années sans trop vieillir. De là à imaginer qu’elle pourrait revenir pour un ultime film en 2012 (date clé de la mythologie X-phile), on peut toujours rêver…