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samedi 7 décembre 2013

Modern Family, pour les rares qui hésiteraient encore...

La semaine dernière, je débattais encore sur Twitter pour convaincre quelqu’un de regarder Modern Family. Au cours de la diffusion de la cinquième saison, je ne pensais plus qu’il était nécessaire d’expliquer à quel point cette série comptait parmi les plus drôles du moment. Les Emmy Awards semblent pourtant s’acharner à le proclamer haut et fort puisque la série a remporté trois ans de suite la récompense ultime de meilleure comédie. Mais comme visiblement, elle reste inconnue pour beaucoup et qu’elle peine à intéresser certains, il est temps que je me penche sur cette série pour voir si j’arrive à persuader les sceptiques de regarder cette sitcom.
Modern Family raconte le quotidien d’une famille moderne (d’où le titre finement recherché) qui présente plusieurs formes de schémas familiaux apparus ces dernières décennies : les familles recomposées, homoparentales, les couples multiculturels, intergénérationnels, ou bien encore le phénomène nouveau de ces adulescents devenus parents. Si ces tendances sociologiques ne sont pas toutes récentes, la famille Pritchett-Dunphy possède la particularité de les accumuler et de complexifier légèrement les rapports qu’entretiennent les personnages entre eux. Mais puisqu’il s’agit d’une comédie, ces difficultés ne sont pas vraiment prises au sérieux et sont avant tout là pour nous faire marrer. Et ça marche super bien pour au moins 5 raisons qui, personnellement, m’ont rendu accro à cette série.


1) Phil Dunphy (interprété par Ty Burrel) : lorsque j’ai commencé à regarder la série, c’est lui qui m’a fait rire en premier. Phil est marié à Claire et est le père de trois enfants. Et sa particularité première est de ne pas avoir encore totalement réalisé qu’il n’avait plus 20 ans. Dans sa tête, Phil est encore jeune. Mais ça, c’est dans sa tête, parce que pour le reste de son entourage, il est surtout souvent ringard, lourd et embarrassant. Phil cherche absolument à rester dans le coup alors qu’il a déjà 3 wagons de retard, il veut devenir le meilleur ami de ses enfants quand ceux-ci commencent à s’émanciper, il voudrait être le "mec cool et fun" apprécié de tout le monde alors qu’il a un humour assez… simpliste, dirons-nous. Mais il reste super attachant, parce que quelle que soit la situation, Phil essaye toujours de bien faire. Même s’il connait parfaitement ses limites, il ne lâche jamais l’affaire, quitte à devenir ridicule. Ce qu’il fait d’ailleurs très bien.
2) Cam Tucker (Eric Stonestreet) : deuxième personnage à m’avoir sauté aux yeux au premier visionnage de la série. Cam est en couple avec Mitchell, le frère de Claire. Pour ceux qui ont un doute, même si Cameron est également un prénom féminin, il s’agit bien là d’un couple homosexuel. Et franchement, chez Cam, ça se voit légèrement. C’est l’archétype du héros "bigger than life". Drama-queen par excellence, Cam adore mettre sa vie en scène (comme le jour où il a présenté sa fille adoptive à sa famille sur la musique du Roi Lion. Priceless). Il est capable de tout, pourvu qu’il soit au centre de l’attention et qu’on l’admire. Il adore se déguiser (son personnage de Fisbo le clown est immanquable), il est persuadé de chanter divinement bien et il a évidemment une vision du bon gout un peu particulière. Mais même s’il est maniéré, susceptible, Cameron n’oublie pas ses origines paysannes qui remontent parfois à la surface de façon hilarante. 



3) Gloria Pritchett (Sofia Vergara) : troisième personnage totalement délirant de la série, Gloria est mariée à un homme de 30 ans son ainé, Jay, le père de Claire et Mitchell (vous suivez ?). Originaire de la Colombie, c’est la bomba latina par excellence. La taille de ses seins n’a d’égal que la puissance de sa voix. Et ses décolletés sont souvent tout aussi prononcés que son accent. Boule de nerfs superstitieuse et pourrie gâtée, Gloria a bien l’intention d’agir selon sa volonté. Véritable tornade, Gloria sait parfaitement user de ses charmes pour obtenir ce qu’elle veut de son mari (et de Phil, aussi, il faut le dire) mais elle refuse souvent de l’admettre. Pas question pour elle de passer pour l’écervelée de service.



J’ouvre une parenthèse pour dire que les trois comédiens interprétant les personnages dont je viens de parler sont, comme le reste du casting, parfaits en tout point. Ils parviennent à interpréter ces personnages limites caricaturaux avec beaucoup de subtilité (et notamment Eric Stonestreet, à mille lieux de Cam, dans la vraie vie). Là encore, les Emmy ont vu juste puisque chacun y a remporté le meilleur second rôle comique.

4) Le mockumentaire : Modern Family est tourné à la manière d’un faux documentaire. Comme si une équipe de télévision suivait le quotidien de cette famille jour et nuit. Deux particularités découlent de ce choix de réalisation. La première : les interviews. Dans chaque épisode, les personnages sont interviewés face caméra par un journaliste qu’on ne voit jamais. Ils racontent leur vision des choses et c’est souvent l’occasion pour eux de faire preuve de mauvaise foi ou bien au contraire d’être confrontés à leurs défauts. C’est aussi un moyen pour les scénaristes de mettre très rapidement en place des situations pour aller plus directement à la comédie. La seconde particularité de ce mockumentaire vient des regards caméras. Puisqu’ils sont supposés être filmés par une équipe de télévision, les personnages ont tendance à regarder la caméra dès qu’ils sont gênés. Et ces regards de détresse sont souvent accompagnés de silences embarrassants pour eux, hilarants pour nous. Haley, la fille ainée de Phil et Claire, excelle dans cet art de la gêne. En bonne adolescente qu’elle est, sa famille la met souvent très mal à l’aise.

5) Les enfants : c’est assez rare pour être remarqué, mais les enfants sont drôles dans Modern Family. J’ai déjà présenté Haley, mais sa sœur Alex et son frère Luke ne sont pas en reste. Un peu plus monodimensionnels que les adultes, ces personnages moins présents à l’écran sont pourtant très drôles. Et surtout très justes ! Les comédiens, si jeunes soient-ils, s’en sortent très bien. Seul Manny, le fils de Gloria, est raté : son personnage d’enfant précoce est assez insupportable et son comédien ne fait pas vraiment dans la subtilité. Même Lily, la fille de Cam et Mitchell, s’en tire mieux. Bon c’est surtout grâce à des répliques assassines bien placées et pas tellement pour le talent de la comédienne. Mais bon elle a quatre ans et tout le monde ne peut pas ressembler aux sœurs Olsen !

 Voilà les cinq raisons principales qui expliquent mon attachement à la série. Alors certes, dans le fond, il s’agit d’une sitcom assez classique, quelque fois un brin moralisatrice, mais les quiproquos, la finesse des dialogues et des jeux de mots et les comique de situations s’imbriquent parfaitement et s’enchainent à toute vitesse. On a beau être en 5ème saison, la qualité est toujours là et elle n’a jamais baissé depuis le début.

vendredi 8 février 2013

Homos et papas: Modern Family vs. The New Normal



La question du mariage pour tous aura fait pas mal parler d’elle en ce début d’année 2013. Les problématiques de l’adoption, de la PMA et même de la GPA se sont vite retrouvées au centre des débats et ont passionné les foules et nos chers députés. De là à voir débarquer sur les télés françaises des séries où les héros seraient des couples homosexuels élevant des enfants, il y a encore une marge que je ne nous vois pas franchir demain. Pourtant, il est étonnant de voir qu’aux Etats-Unis, ces sujets sont déjà abordés frontalement dans les séries télé, diffusées dans un pays où cette question ne fait pas du tout l’unanimité, loin de là. Modern Family et The New Normal sont deux exemples, radicalement opposés dans leur approche, de cette facilité avec laquelle les networks abordent un sujet toujours un brin touchy à des heures de grande écoute. Cela dit, la façon de traiter l’homoparentalité dans ces deux séries est bien différente. Et si l’une l’aborde avec normalité et simplicité, l’autre la place lourdement au centre de ses intrigues, rendant la série indigeste et peu convaincante.

D’un coté, Modern Family. Diffusée depuis septembre 2009 sur ABC, c’est tout bonnement la sitcom la plus drôle et la plus intelligemment écrite de la télévision actuelle. Extrêmement bien jouée et bien réalisée, la série présente le quotidien d’une famille qui, à elle seule, collectionne toutes les problématiques qui secouent actuellement la vision traditionnelle de la famille : famille recomposée, parents adulescents, couple mixte, décalage de génération et homoparentalité. 


Le fils de la famille, Mitchell est ouvertement homosexuel et vit avec Cameron. Dans le pilote, le couple adopte Lily, une petite fille originaire du Vietnam. Au-delà de ce premier épisode, la question de l’homoparentalité n’est évoquée que très rarement par la suite dans la série. Il y est beaucoup question de l’éducation de Lily mais le fait qu’elle soit élevée par deux hommes n’est finalement  que rarement au centre des problématiques. Les auteurs vont même jusqu’à prendre le contre-pied en sous-entendant à plusieurs reprises que les adultes féminins référents de la petite fille sont plus nocifs pour son éducation que ses deux papas (pas exemple, récemment, Lily s’est mise à répéter les sarcasmes de la sœur de Mitch, Claire, sans que ses pères ne comprennent où elle avait pu apprendre ce type de langage). C’est ce qui fonctionne parfaitement avec Modern Family : Mitch et Cam ne sont ni pires, ni meilleurs que les autres : ils sont mis sur le même plan que Claire et son mari Phil. Loin d’être parfaits, ils font tout autant de bourdes dans l’éducation de leur progéniture. Et si le couple était hétérosexuel, il est probable que bon nombre des intrigues s’en trouveraient inchangées.
Pourtant les deux personnages sont loin d’être aseptisés. Les auteurs n’ont pas cherché à les lisser pour plaire au plus traditionnel des républicains, loin de là. Maniérés et extravertis (enfin, surtout Cam’), les deux papas sont même parfois à deux doigts de la caricature. Mais c’est sans compter sur le talent de Jesse Tyler Ferguson  et surtout sur celui d’Eric Stonestreet, déjà récompensé de deux Emmys pour sa performance toute en nuances. Au final, ça fonctionne totalement. Une famille qui aurait pu être pointée du doigt pour ses particularités trop marquées est finalement parfaitement intégrée à la série et contribue même fortement au succès de celle-ci.

De l’autre coté, on a The New Normal. Diffusée depuis la rentrée 2012 sur NBC, la nouvelle série de Ryan Murphy (à qui l’on doit Nip/Tuck et Glee) présente la vie de Bryan et David qui tentent de fonder une famille avec l’aide de Goldie, une mère porteuse. Contrairement à Modern Family, l’homoparentalité est bel et bien au centre de la série et est même l’unique thème de la sitcom. Avec la finesse qui le caractérise (ironie…), Murphy chausse ses plus gros sabots, envoie du lourd, et finit par desservir son sujet.


Si avec David, on évite à peu près les clichés de l’homosexualité (pensez-donc, il aime le football…), on se vautre en plein dedans avec Bryan, (mal) interprété par Andrew Rannels (pourtant bien meilleur dans Girls) : tout sonne faux dans ce personnage. Chaque fringue, chaque vanne, chaque manière le ramène à son statut d’homosexuel. Et qu’un personnage principal soit à ce point défini par cette unique facette de sa personnalité le discrédite très vite. Plutôt que de jouer la normalité annoncée dans le titre de la série, Murphy souligne lourdement ce trait de personnalité, jusqu’à ne plus voir que ça chez ces deux personnages. Et à force de clamer « mes héros sont comme tout le monde », il finit par les rendre antipathiques, car monodimensionnels et agaçants de perfection.
Pire que ça, les héros semblent incapables d’évoluer et de remettre leurs choix en questions : ils ne paraissent pas voir les débats et les discussions soulevés par la situation dans laquelle ils se sont embarqués (ce qui est un problème dans une série qui prétend justement prendre le sujet à bras-le-corps). Tout coule de source sans qu’aucune question ne soit jamais posée ou débattue. Le seul personnage qui ose s’exprimer à l’encontre des héros est la jeune grand-mère forcément homophobe, raciste, antisémite, misogyne et agressive de la mère porteuse. Pas facile de débattre avec un personnage aussi radical, aussi caricatural et aussi méchant et résultat, on passe totalement à coté de sujets de société intéressants qui mériteraient un peu plus de nuances. Au passage, on se demande d’ailleurs bien ce qu’Ellen Barkin est venue faire dans cette série.
Au-delà du fait que la question de la GPA est autrement plus sensible que celle de l’adoption et qu’elle aurait mérité d’être traitée plus subtilement, centrer toutes les intrigues autour de cette unique problématique amène très vite la série à tourner en rond. Je n’ai vu qu’une dizaine d’épisodes et déjà, j’ai une forte impression de déjà-vu. Cela dit, je suis curieux de savoir comment les scénaristes vont réussir à maintenir les personnages de Goldie, de sa grand-mère et de sa fille lorsque le bébé sera né et adopté par Bryan et David. Mais honnêtement, il y a peu de chances que je tienne jusque là, et de toute façon, j’imagine mal la série prendre le parti osé de faire disparaitre Goldie une fois son service rendu aux garçons, comme c’est pourtant souvent le cas dans la vie réelle.

Sur le même sujet on ne peut plus brûlant qu’est l’homoparentalité, deux visions et deux traitements s’opposent donc dans ces séries : d’un coté, la question est abordée subtilement, discrètement et surtout comiquement au milieu de tout un tas d’autres sujets de société. De l’autre, c’est l’unique thème d’une série qui devient rapidement indigeste et cloisonnante. Preuve s’il en fallait que le prosélytisme n’est décidément pas une bonne manière pour faire passer des idées et des modes de pensée. Pas la peine de pointer si lourdement du doigt un sujet sensible : on peut tout aussi bien faire avancer le débat par petites touches. Friends l’avait bien compris : homoparentalité et GPA y étaient déjà abordées, tout en finesse et en humour.

mardi 23 octobre 2012

Les Emmys ont mis dans le mille



Ça y est, les networks américains ont fait leur rentrée ! Autant vous dire qu’il y a du giga-pain sur la méga-planche pour les sérivores : entre les nouvelles séries qu’il faut tester et les anciennes qu’il faut reprendre, le planning est bien rempli ! Or, juste avant mon départ en vacances au Québec (j’ai conscience d’être pénible avec des introductions comme ça) a eu lieu la 64ème cérémonie des Emmy Awards, qui récompense les séries télévisées aux Etats-Unis. Une chose est sure, au vue du palmarès et de ce début de saison 2012-2013, je suis en phase avec le jury des Emmys. Parmi les anciennes séries, deux continuent de sortir du lot en ce mois d’octobre selon moi et ce sont justement celles-ci qui ont été distinguées dans les catégories meilleure série dramatique et meilleure série comique. J’ai nommé Homeland et Modern Family.
 
Homeland, je l’ai déjà dit, fait partie des grandes découvertes de la saison passée. Présentée comme LA nouvelle série d’espionnage, héritière de 24, elle a égalé son modèle en une saison. Aussi bien écrite, plus intelligente et surtout mieux jouée, elle est devenue un incontournable de cette rentrée, placardée sur tous les bus new-yorkais (oui, parce que je suis aussi allé à New York. Je sais, ça énerve…). 
Et les Emmys ne s’y sont pas trompés puisque la série s’est vue attribuer quatre récompenses - et non des moindres - dans la catégorie dramatique: meilleure série (mettant fin à 4 ans de règne ininterrompu de Mad Men), meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario ! Totalement justifiés pour la saison 1, les prix attribués aux deux comédiens principaux trouvent également leur entière justification dans les premiers épisodes de la saison 2. Comme s’ils connaissaient les résultats à l’avance, Claire Danes (toujours aussi hallucinante qu’hallucinée) et Damian Lewis (superbe d’ambiguïté) ont à nouveau tout donné pour ce redémarrage que plus d’un critique attendait au tournant. Le constat est indéniable : la série repart sur une très bonne lancée. La saison 2 promet d’être un bon cru ! Et c’est sans grande surprise qu’une saison 3 vient d’être commandée. Longue vie à Homeland !

Coté comédie, la cérémonie des Emmy Awards était une fois de plus dominée par le succès incontestable de Modern Family. Depuis trois ans que la série existe, elle rafle tous les prix. Cette année, elle gagne à nouveau le prix de la meilleure série comique (pour la 3ème fois consécutive) ainsi que les prix des meilleurs seconds rôles pour Eric Stonestreet (l’inénarrable Cam’) et Julie Bowen (la trop parfaite Claire Dunphy). En bonus, elle se paye également le prix de la meilleure réalisation. Pourtant, cet été, la série phare d’ABC avait fait parler d’elle autrement que pour ses vannes. Les comédiens avaient en effet menacés de ne pas reprendre le tournage de la saison 4 si leurs salaires n’étaient pas revus à la hausse. 
Après un bras de fer un poil tendu, le cast a obtenu gain de cause et les épisodes ont pu être mis en boite. Et pour avoir vu les premiers épisodes de cette rentrée 2012, je peux affirmer qu’on tient toujours ici la meilleure série comique du moment. J’ai beau aimer New Girl ou The Big Bang Theory, Modern Family reste un bijou d’écriture et de drôlerie. Loin de se reposer sur ses lauriers comme on avait pu le lire à propos de la saison 3, la série semble aller de l’avant dans cette saison 4 en introduisant quelques éléments feuilletonnants assez jouissifs.

Pour le reste du palmarès, je reste un énorme fan de Aaron Paul qui interprète Jesse dans Breaking Bad ; je trouve donc que son Emmy du meilleur seconde rôle dans une série dramatique est une fois de plus (c’est son deuxième) amplement mérité. J’espère que Boss (l’autre trouvaille de l’année dernière) réussira à se faire une place en 2013. 
Je reste déçu que Zooey Deschanel reparte les mains vides pour son rôle de Jess dans New Girl et que Girls ne trouvent pas grâce aux yeux des Emmys mais les deux séries étant encore à l’antenne cette année, on ne peut qu’espérer les voir récompensées l’année prochaine. 

M’enfin, pour le moment, je ne boude pas mon plaisir et profite pleinement des nouvelles saisons des deux séries distinguées cette année : ce sont de loin celles que j’attends chaque semaine avec le plus d’impatience !