vendredi 22 juillet 2016

Stranger Things but coolest stuff !



Et voilà, Netflix a encore frappé. Cette fois, ça s’appelle Stranger Things et c’est une grosse balle. Même si la série est courte, ça faisait longtemps que je n’avais pas avalé une saison aussi rapidement (démarré lundi, achevé jeudi). Je suis devenu totalement addict dès le pilote. Et j’étais à la limite d’être dégouté d’avoir une semaine aussi chargée parce que j’aurais voulu voir les derniers épisodes encore plus rapidement. Au final, ça m’a couté quelques heures de sommeil mais ça y est, j’ai fini ce binge-watching totalement jouissif ! Et je ne peux que vous encourager à faire de même !

Stranger Things raconte la série de phénomènes paranormaux qui se multiplient dans la petite ville de Hawkins, Indiana après la disparition mystérieuse de Will Byers, un jeune geek de 12 ans : créatures non identifiées, pouvoirs psychiques, poltergeists, rien n’épargne cette commune banale, isolée et jusque-là sans histoires. Détail primordial pour mieux appréhender la série : le récit se déroule en 1983, avec toutes les (non-)technologies qui vont avec : voitures, radios, téléphones… ça sent bon les 80’s et c’est même de là que la série tire toute son essence.


Parce que Stranger Things est avant tout un hommage ultime au cinéma d’aventure  et fantastique des années 80. Il n’y a pas une scène, pas un plan qui ne rappelle pas les plus grands films cultes de cette période. On pense à E.T. et à Rencontres du 3ème Type bien sûr, aux Goonies aussi, mais encore à Shining, Abyss ou the Thing...  En fait, pour reprendre l’expression qu’un pote a posté sur Facebook (merci Tim !), la série est l’enfant télévisuel que Spielberg et Stephen King auraient pu avoir il y a 35 ans. Visuellement, c’est une pure merveille. La photographie est exactement celle de cette époque ; la réalisation, absolument parfaite, respecte à la lettre les codes du genre aventuro-fantastique spielbergien ; les costumes et les décors sont plus vrais que nature. Et que dire de la musique génialissime de Kyle Dixon & Michael Stein ? Composée au synthé, forcément, elle-seule suffit à ramener le spectateur trois décennies en arrière. 

Bref, les frères Duffer, auteurs-réalisateurs de la série, maîtrisent parfaitement leur sujet et rendent un bel hommage aux eigthies, là où Super 8 avait choisi de rebooter cette veine cinématographique sans y parvenir tout à fait. Alors oui, certains diront que la série va trop loin dans cet hommage et que la forme finit par dépasser le fond. Pour ma part, j’adhère à 200 % ; je n’ai jamais boudé mon plaisir, ô combien régressif et jouissif, et j’ai adoré dévorer cette madeleine de Proust en velours côtelé.


En plus, force est de reconnaître que le fond est tout à fait à la hauteur de la forme. Le récit est particulièrement bien tenu sur les huit épisodes, avec très peu de temps morts et une tension qui va crescendo. Preuve s’il en fallait qu’une saison courte et cohérente vaut bien mieux que 24 épisodes (ou même 13) qui étirent un récit jusqu’à épuisement. De plus, et sans spoiler personne, la saison a une fin, ce qui est bien appréciable au vu des mystères implantés dès le pilote. A ce propos, les éléments fantastiques vraiment chelous (et donc potentiellement difficiles à avaler) sont amenés avec précaution et même avec logique au fil des épisodes, ce qui permet au spectateur de les accepter sans problème et de se laisser aller dans un univers toujours plus étrange. Certains phénomènes ne sont pas totalement expliqués mais qu’importe, on comprend l’idée et on accepte que quelques parts du mystère restent plus flous parce qu’au final, Stranger Things est bourré de bonnes idées - à commencer par les guirlandes de Noël, bijou visuel et trouvaille scénaristique géniale, tour à tour inquiétante et rassurante.

Un mot sur les comédiens, pour la plupart totalement inconnus : jolie prouesse que d’avoir réuni un casting aussi réussi et hyper attachant bien qu’essentiellement composé d’enfants et d’adolescents. Certes, les gamins surjouent un peu mais ça fonctionne très bien (sans doute parce qu’ils nous rappellent Mickey, Choco et Data). Certes, les midinetteries des ados ont un air de déjà-vu mais sont tellement assumées qu’elles en deviennent ultra-touchantes (mention spéciale à Charlie Heaton qui rend le personnage de Jonathan bouleversant à plusieurs reprises). Et oui, Winona Ryder en fait un peu (beaucoup) des caisses mais on s’en fout, ça marche : on est complètement avec elle. La vraie perle de cette saison est sans doute Millie Brown qui interprète Eleven avec beaucoup de subtilité, et qui compense sa quasi-absence de dialogues avec une large palette d’émotions très convaincante.


Allez, je crois que j’en ai assez dit pour montrer à quel point cette série m’a plu, à quel point je la recommande et à quel point j’attends d’ores et déjà la suite. Regardez Stranger Things et payez-vous un aller direct vers votre enfance (ou votre adolescence). Kiffez, frémissez, riez. Vous ne serez pas déçus. Moi, pendant ce temps, je vais me refaire les Goonies. Ou Rencontres du 3ème type. Ou E.T. Sans doute les trois, en fait.

mercredi 22 juin 2016

Incontournable Irresponsable



Il n’y a pas que Game of Thrones dans la vie (même si bon, ce dernier épisode… wouahou). Et si beaucoup de gens se sont abonnés à OCS essentiellement pour profiter de la diffusion des épisodes du catalogue HBO 24h après les US, Orange Cinéma Séries proposent aussi des séries originales françaises qui méritent le détour. Et notamment des comédies de 26 minutes, format plutôt rare dans le reste du PAF. C’était le cas de la Lazy Company, petite merveille Monty Pythonesque dont j’ai déjà parlé ici. Et lundi soir, une nouvelle perle est arrivée sur OCS. Ça s’appelle Irresponsable, c’est produit par Tetra Media Fiction (boite de prod qui a sorti Un Village Français et Les Hommes de l’Ombre, excusez du peu), c’est réalisé par Stephen Cafiero et ça vaut vraiment le détour (et je dis même pas ça parce que mon pote qui a produit la série travaille dans le bureau d’à côté). 



Irresponsable, c'est l'histoire de Julien, un trentenaire un brin loser (et c'est un euphémisme) mais un brin attachant (autre euphémisme) qui vit chez sa mère en attendant de trouver un travail. Ou plutôt en attendant qu'un taf lui tombe tout cuit dans le bec. Mais le jour où il retombe sur son amour d'adolescent qui lui annonce (SPOILER) qu'il est le père d'un garçon de 15 ans, Julien est obligé de remettre en question sa vie de gentil parasite-à-sa-maman. 
Sur le papier (comme souvent pour les bonnes séries), le concept n'envoie pas forcément du lourd. La situation de cet adulescent obligé de grandir plus vite que prévu a un air de déjà-vu, voire paraît hyper classique pour quiconque aime le format des dramédies américaines. Mais comme d'habitude, tout est question de traitement qui, ici, est parfaitement réussi et parvient à faire de cette histoire toute simple un petit bijou incontournable, le plus souvent très drôle et parfois hyper touchant.


Évidemment, je salue le travail d'écriture magnifique de Frédéric Rosset, créateur de la série. Ancien étudiant de la première promotion « séries » de la Fémis, repéré par le producteur Antoine Szymalka -ledit pote du bureau d’à côté- il a commencé par se lancer seul dans le développement de cette série avant de s’associer à sa sœur Camille avec qui il a coécrit une partie de la série ; et ensemble, ils ont fait ce qu’on fait tous de mieux : ils ont parlé de ce qu’ils connaissaient, c’est à dire de leur banlieue, de leur génération, finalement beaucoup trop rarement mise en lumière à la télévision dans les fictions françaises (contrairement aux US où les trentenaires sont rois). Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce travail est réussi.
L’arc dramatique général de la saison est parfaitement équilibré et présente une succession d’épisodes qui se suivent mais qui restent très indépendants les uns des autres. Ça permet de raconter des petites histoires à l’intérieur de la grande histoire. Ça laisse aussi la possibilité à certains personnages secondaires d’exister plus pleinement, le temps de certains épisodes. Sur ce point, on sent un vrai respect des scénaristes pour tous leurs personnages. Aucun n’est bâclé, y compris le personnage de la mère, qu’on pourrait d’abord jugé plus caricatural, mais qui finalement offre parmi les plus belles scènes d’émotions à la série.
De situations simples (mais jamais simplistes), les auteurs ont réussi à aboutir à des scènes vraiment drôles, parfois un peu exagérées, parfois un peu attendues mais jamais ridicules. Et ce, souvent grâce aux dialogues modernes, percutants, drôles.

L’autre énorme point fort de la série, ce sont les comédiens. Et évidemment Sébastien Chassagne, absolument par-fait. Il est de toutes les scènes, de tous les gags ; il a un sens du rythme bluffant, talent indispensable en comédie. Je ne le connaissais pas, mais j’espère qu’on le reverra vite. Une pépite, ce comédien. Et là, j’en profite pour saluer la direction d’acteur de Stephen Caliero qui a su trouver le juste équilibre entre les dialogues de Rosset et les improvisations de Chassagne. Magique.
Les autres comédiens ne sont pas en reste. J’ai déjà évoqué la mère de Julien, interprétée génialement par Nathalie Cerda qui a su trouver le subtil dosage entre loufoquerie et tendresse. Mais je pourrais aussi mentionner Théo Fernandez, impeccable en ado blasé (bien mieux mis en valeur que dans Le Secret d’Elise, donc là encore merci Caliero) ; et pourtant, c’est compliqué de trouver des adolescents crédibles à la télévision. La plupart du temps, je les trouve têtes à claques, mais lui, c’est l’exception qui confirme la règle. Enfin Marie Kauffmann qui interprète Marie, l’amour de Julien, dévoile toutes les facettes de son talent au fur et à mesure de l’évolution de son personnage, mieux servi par l’écriture dans les derniers épisodes. Je pourrais continuer en citant tous les autres personnages mais ça serait trop en dire. Et pis ça serait trop long parce que franchement, ils fonctionnent tous.
Bref, je vais m’arrêter là ; on aura compris que je me suis trouvé un petit coup de cœur et que je vous conseille vraiment de vous y mettre. Mais genre vraiment. Les bonnes dramédies en 26 minutes, bien écrites et biens jouées, sont trop rares en France pour qu’on passe à côté de celle-ci. Foncez !

mercredi 11 mai 2016

The (not so) Good Wife (anymore)… in my opinion.



Plutôt discrètement, The Good Wife a tiré sa révérence dimanche soir. Programme phare de CBS depuis 7 ans, la série judiciaire intelligente et drôle suivait les déboires surtout professionnels mais aussi personnels d’Alicia Florrick (Julianna Margulies), une avocate de Chicago mêlée malgré elle aux scandales politico-sexuels de ton procureur (puis gouverneur) de mari. De prime abord assez classique dans sa forme, ce procedural (un épisode, un procès) a pris de plus en plus d’ampleur au fil des épisodes et des saisons, notamment grâce à une galerie de personnages secondaires récurrents délicieux et à des storylines feuilletonnantes de plus en plus complexes. Moi-même d’abord sceptique, j’ai fini par plonger et force est d’admettre que The Good Wife est une excellente série. Du moins jusqu’à sa saison 5. Sans être ratée, la saison 6 amorce déjà un certain déclin qualitatif. Et pour être franc, malgré un regain d’intérêt durant quelques épisodes en fin de saison, on s’est franchement ennuyé pendant une bonne partie de la saison 7. Alors pourquoi ça ne marchait plus ? Pourquoi The Good Wife est devenue l’ombre d’elle-même sur sa fin ?  J’y vois cinq raisons.
(bon, forcément, ça spoile un peu mais je reste vague sur les derniers épisodes)


La carrière d’Alicia en dents de scie : pendant les cinq premières saisons, Alicia n’avait de cesse de gravir les échelons petit à petit au sein de son cabinet allant même jusqu’à créer sa propre société avec Cary ; mais depuis le début de la saison 6, sa carrière est un peu plus chaotique. Et il faut bien dire qu’elle change d’avis comme de chemisier. Après avoir essayé de devenir procureur (LA fausse bonne idée de la saison 6), Alicia lâche la boite qu’elle avait avec Cary (LA vraie bonne idée de la saison 5), essaye d’être avocate commise d’office, monte finalement son business, d’abord toute seule puis avec Lucca, mais finalement abandonne pour revenir chez Lockhart Gardner (qui entre temps a changé 10 fois d’associés et de noms) pour en devenir associé. Bref, les scénaristes font des choix qu’ils semblent regretter quelques épisodes plus tard. A chaque fois, on se dit "ah tiens pourquoi pas, ça peut être cool" et puis finalement on nous coupe l’herbe sous le pied avec autre chose. Du coup, on attend de ce qu’on va bien pouvoir nous sortir du chapeau et on s’ennuie.

L’inexistence de Diane et Cary : c’est vraiment le plus grand échec de cette saison.
Diane est un personnage super fort, incarnée par une comédienne ultra charismatique (<3 Christine Baranski) et avec qui il ne se passe malheureusement plus rien depuis de nombreux épisodes. L’idée géniale de la faire juge a été abandonnée alors qu’on tenait là un développement inédit, largement à la hauteur du perso. L’associer à Cary était un pis-aller pas inintéressant mais la sauce n’a jamais pris.
Cary, justement, parlons-en : depuis qu’il a rejoint le vaisseau-mère, il ne sert plus à rien. C’est même risible à quel point les scénaristes ne savent plus quoi faire de lui. Des embryons d’intrigues sont amorcés (un collègue gay qui se méprend, une accusation de discrimination à l’embauche…) mais aucune n’est menée à son terme. A part celle des quatre derniers épisodes, trop courte et trop floue pour être vraiment réussie. Dommage le talent (et la voix) de Matt Czuchry méritait mieux.
Dans l’épisode final, qui personnellement m’a beaucoup déçu (à ce propos, je vous invite à lire cet article de mon pote Marc, pas content, et celui-ci de mon pote Maxime, bcp plus nuancé : ils ne sont pas d'accord mais leurs deux avis m'ont intéressé), Diane et Cary sont pour moi LES personnages oubliés. Rien n’est fini, rien n’est bouclé pour eux. Certes la série s’appelle The Good Wife et se concentrait sur  l’histoire d’Alicia mais c’est dommage de ne pas donner une fin claire à ces personnages.

Les affaires de Peter et donc d’Eli : Boooring. OSEF. Balek’. J’en passe et des pas mûres.
Ok, je n’ai JAMAIS aimé Peter (la faute au comédien qui jouait Big dans Sex & the City, personnage que je détestais déjà). Mais alors là dans cette saison 7, on les accumule avec lui. Je me fous de sa campagne électorale en début de saison et je m’ennuie carrément avec son nouveau procès en seconde partie de saison. J’avoue même avoir été totalement largué pendant un bon bout de temps avant de comprendre quoique ce soit à cette histoire de grand jury. Ca sort de nulle part, c’est flou ; une fois de plus, on a le sentiment que les scénaristes ne savent pas où ils vont avant de nous sortir une vieille affaire de derrière les fagots.
Quant à Eli, j’ai beau aimé son personnage (et son comédien), j’ai toujours trouvé qu’il avait un rôle à part, difficilement conciliable avec le reste de l’univers de la série. Et au bout de 7 ans, ça ne marche définitivement plus. Il nous fatigue à revenir sans cesse vers Alicia pour des politiqueries qui n’intéressent que lui et Peter. Seul moment passionnant (et au final peu exploité) : lorsqu’il révèle à Alicia l’un de ses plus gros coups de pute datant des premières saisons.

Les p’tits nouveaux, pas à la hauteur : à force d’essorer les personnages existants précédemment cités et de ne plus savoir quoi leur faire faire, il fallait bien en créer d’autres pour apporter un peu de sang frais. Et c’est souvent assez réussi… du moins en apparence. Car rapidement, ces personnages tournent à vide et se révèlent être de jolies coquilles dénuées de vrais enjeux. C’était le cas de Finn arrivé en saison 5, largement développé en saison 6 et totalement zappé en saison 7. Mais c’est surtout le cas de Lucca Quinn, avocate badass et nouvelle confidente d’Alicia et de Jason, détective privé et amant d’Alicia. Deux supers personnages sur le papier mais qui n’ont finalement pas grand-chose à défendre si ce n’est une répartie cinglante à la cour pour l’une et une moue séducto-charmante pour l’autre. Ces deux-là offrent de jolies scènes mais ont du mal à s’extraire de leur rôle de faire-valoir.

Le départ de Kalinda : on ne va pas se voiler la face, l’un des meilleurs personnages (le meilleur ?) de la série a tiré sa révérence en fin de saison 6. Et c’est vraiment regrettable. Kalinda (Archie Panjabi) était le perso le plus original, le plus complet, le plus sexy, bref le plus intéressant de la série, au coude à coude avec Alicia. On ne reviendra pas sur les vraies raisons de son départ (en gros, Julianna Margulies ne pouvait pas encadrer Panjabi), mais ça a laissé un énorme vide que les scénaristes n’ont jamais réussi à combler. D’ailleurs, on a très rarement vu Jason à l’œuvre, là où on se délectait des méthodes d’investigation peu orthodoxes de Kalinda. Preuve que le nouveau détective ne lui arrive pas à la cheville.


L’une des meilleures séries des networks s’est achevée dimanche dernier mais peut-être aurait-elle mérité de se terminer deux ans plus tôt. The Good Wife n’a jamais réussi à retrouver les sommets des saisons 4 et 5 et nous sert une dernière saison (et un final) en demi-teinte, pas complètement satisfaisante, voire franchement décevante. Tant pis, on gardera plutôt en mémoire Colin Sweeney, Elsbeth Tascioni, Patti Nyhom, Bishop, Chumhum et la NSA qui ont fait les grandes heures de The Good Wife. In my opinion.