mardi 13 octobre 2015

Dix pour Cent: validé à 2000%

Cette série, ça fait bien longtemps que je l’attends. A peu près depuis le moment où Cédric Klapisch a commencé à poster des photos du tournage sur Instagram il y a de ça un an. Et l’impatience est montée d’un cran après le dernier festival de la Rochelle et la diffusion hors compétition des premiers épisodes qui ont fait parler de la série, notamment pour sa qualité d’écriture et de jeu. Dix pour Cent arrive enfin  ce mercredi 14 octobre, sur France 2. J’ai eu l’occasion de voir les six épisodes que compte cette première saison et ma sentence est sans appel : il FAUT regarder Dix pour Cent. Au moins pour ces cinq raisons :



Des personnages soignés : Dix pour Cent raconte le quotidien de quatre agents de comédiens qui jonglent entre leur travail auprès de clients plus ou moins célèbres, les complications financières et successorales engendrées par le décès du fondateur de l’agence et leurs problèmes personnels, familiaux et/ou sentimentaux.
De mémoire de moi, c’est la première fois qu’une comédie française de 52 minutes réussit à donner vie aussi joliment à près d’une dizaine de personnages. A la fois drôles et touchants, crédibles et loufoques, pas un seul d’entre eux n’est laissé pour compte. Certes, certains occupent le devant de la scène et sont donc forcément plus riches (Andréa, Gabriel, Matthias et Camille pour ne pas les citer), mais les rôles secondaires sont tout aussi soignés et attachants que les premiers rôles. En cela, le personnage de Sophia - auquel on ne s’intéresse pas forcément spontanément - compte parmi mes préférés et sa trajectoire est l’une des plus touchantes de Dix pour Cent.
Dans cette série chorale, chacun a donc une histoire à défendre et aucun n’est oublié en court de route. On ressent une profonde bienveillance des scénaristes pour leurs personnages. 
Et si certains sont un peu caricaturaux (Hervé et Noémie), le jeu des comédiens - vraiment TOUS parfaits - nous fait oublier leurs traits de caractère volontairement un peu appuyés. De même, certaines histoires paraissent déjà vues de prime abord (l’arrivée de la fille cachée par exemple) mais les scénarios et les dialogues, génialement écrits par Fanny Herrero et son équipe, parviennent à crédibiliser n’importe quelle situation.
Au final, on en vient à aimer tous les personnages, y compris ceux présentés comme antipathiques, aucune storyline n’est traitée à la légère et à la fin de la (trop courte) saison, le spectateur est pleinement satisfait de l’avancée de chacun des arcs narratifs. Allez, seul petit bémol: je regrette que le personnage d'Arlette ne soit pas plus développé.

Camille Cottin : Dix pour Cent a beau être une série chorale avec un casting remarquable (je ne le dirai jamais assez), je suis obligé d’admettre que Camille Cottin envoie du très très lourd dans ces six épisodes. Vraiment drôle, la comédienne confirme qu’elle a un sens percutant et terriblement efficace du rythme et de la comédie. Mais ça, on le savait déjà depuis Connasse. Pourtant la comédienne nous surprend tout autant lorsqu’elle dévoile d’autres aspects de son personnage, plus tendres, plus émouvants. Le duo qu’elle partage avec Grégory Montel donne des scènes intimistes confondantes de douceur. Et son histoire d’amour à priori inimaginable finit par nous prendre aux tripes après nous avoir fait rire dans ses débuts. Certes le personnage d’Andréa et sa trajectoire ont été parfaitement dessinés par les scénaristes, mais le talent de Camille Cottin vient y apporter un supplément d’âme indéniable.

Les guests : c’est probablement sur cet aspect que la série a le plus fait parler d’elle. Dans chaque épisode, des guests viennent jouer leurs propres rôles dans des histoires loufoques, pleines d’autodérisions. Le procédé n’est pas nouveau, Entourage et Platane l’avaient déjà fait auparavant. Mais ici, à la différence de certains cas dans la série d’Eric Judor, les invités ne prennent pas toute la place. Ils se mettent au service d’une histoire certes souvent très drôle mais qui reste secondaire, le temps d’un épisode. Les vraies stars de la série restent les personnages fictifs de l’agence. Avec ses invités, Dix pour Cent ne cherche pas à leur servir la soupe gratuitement ou à faire dans le bling-bling. Au contraire, elle s’en sert avant tout pour servir son sujet et crédibiliser ses storylines.

La direction artistique : En plus d’être drôle et bien écrite, Dix pour Cent est aussi une série belle à regarder.
La réalisation de Cédric Klapisch mais aussi celles d’Antoine Garceau et de Lola Douillon (ne les oublions pas) proposent plein de belles idées, joliment exécutées et servies par une magnifique photographie : le premier plan-séquence dans les couloirs de l’agence, celui de la date entre Camille et Hippolyte ou encore le joli moment où Matthias, face à sa conscience, imagine le regard lourd de jugement de ses collègues.
Les décors sont tout aussi soignés : les bureaux de l’agence - où se déroule la majorité de l’action - reconstitués en studio sont splendides et les maisons des stars font envie.
Enfin, le générique, riche, élégant, léché est à l’image de la série qui visiblement semble ne rien avoir négligé.


La musique : ici c’est le fan de l’Auberge Espagnole et des Poupées Russes qui parle. Cédric Klapisch retrouve dans Dix pour Cent Loïk Dury et Christophe "Disco" Minck, qui avaient déjà écrit la superbe BO de ces films. Toujours dans le même univers musical, les deux compositeurs illustrent une fois de plus à merveille l’univers du réalisateur. Tantôt enlevée, tantôt plus grave, la musique se met parfaitement au service des différents aspects de la série.
Petit message en douce aux producteurs : vivement que la BO soit disponible !



Produite par Mon Voisin Productions (la société de Dominique Besnehard, à l’initiative du projet et s’inspirant ici de sa propre expérience d’agent) et Mother Production, Dix pour Cent est la première belle surprise française de cette saison 2015-2016. En attendant d’autres évènements tout aussi attendus comme Panthers ou Versailles, je ne saurais insister plus lourdement pour vous conseiller de vous intéresser à cette série : c’est frais, léger, touchant, ça fait du bien et c’est  beau à regarder ! Je signe sans hésiter !


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