Ça s’appelle une
fausse joie. Voire même une véritable déception. Je ne l’attendais pas, la
nouvelle saison de Misfits a repris cette semaine sur E4. Je n’ai pas encore
regardé le premier épisode mais je suis déjà désappointé. Postulat de base :
Misfits compte parmi les meilleures séries que les britanniques nous ont pondues
récemment. En tout cas pour les deux premières saisons. La troisième, marquée
par le départ de Nathan, personnage phare de la série, montrait certaines
faiblesses mais continuait d’assurer le spectacle, notamment grâce aux performances
de Iwan Rheon et Lauren Socha, toujours aussi bons dans leurs rôles
respectifs de Simon et Kelly.
Cette saison 3 se
terminait sur un constat bien triste (attention, les plus perspicaces auront vu
venir le spoiler) : Alisha se faisait honteusement égorgée par cette conn***se
de Rachel, revenue d’on ne sait où pour foutre le boxon. Simon, éperdument
amoureux d’Alisha, choisissait d’utiliser son pouvoir (et oui, parce que c’est
le principe de cette série : les héros ont des pouvoirs) et de repartir
dans le passé pour vivre en boucle son histoire d’amour avec Alisha. Trop
romantique… mais trop relou parce que la série nous privait d’un coup de deux
personnages de la série, dont Simon, rien que ça ! Je l’ai déjà dit, mais
Simon était, selon moi, le personnage le plus fascinant de cette série. D’abord
inquiétant, il devenait peu à peu mystérieux puis attachant pour finir
charismatique. Un super perso pour un super comédien. Comédien qui a décidé de
passer à autre chose (la musique notamment). Quelle mouche l’a piquée,
franchement ? Bon, les fans de série n’ont pas tout perdu puisqu’Iwan Rheon
aurait signé pour la saison 3 de Games of Thrones (qui décidément, après avoir
récupéré des comédiens de Skins, continue d’attirer tous les jeunes comédiens
talentueux des séries britanniques). Bref, le départ de Simon était un coup dur.
Mais bon, il restait Kelly.
Sauf que là,
horreur, je viens d’apprendre que Lauren Socha qui interprète Kelly (et qui a pourtant été récompensée d’un BAFTA
pour ce rôle), ne faisait pas partie du casting de la
saison 4 !!! Et ça, c’est dur à avaler. Kelly était d’abord cette fille
avec un accent cockney absolument imbitable ! L’entendre parler était un réel
plaisir en soi. Peu importe ce qu’elle racontait, tout devenait absolument mythique
dans sa bouche (pour peu qu’on arrive à comprendre ce qui en sortait). Elle
était aussi la fille qui avait réussi à nous faire aimer Seth, le seul
personnage secondaire ayant réussi à se tailler une place de choix dans la
série, et ce, probablement grâce au charme de Kelly et à l’alchimie de leurs
personnages. Mais malheureusement la réalité a rattrapé la fiction… Lauren
Socha a été contrainte à des travaux d’intérêt généraux (comme les persos de la
série, pour ceux qui l’ignorent) et à 4 mois de prison pour avoir agressé un
chauffeur de taxi. La production dément que le départ de Kelly soit lié à la
peine de la comédienne, mais on peut imaginer que ce genre de sentence
handicape quelque peu le tournage d’une série. Quoiqu’il en soit, Kelly ne
reviendra pas. A l’heure qu’il est, je ne sais pas quelle excuse ils ont trouvée
pour expliquer son absence. Seth, lui, est toujours présent. Mais pour combien
de temps ?
Au final, du
casting original, il ne reste que Nathan Stewart-Jarrett qui interprète l’insipide
Curtis. Pas vraiment intéressant, on aurait préféré qu’il soit le premier à
quitter la série. Tant pis pour nous. Si je reprendsles cinq raisons qui me faisaient aimer la série, il en manque aujourd’hui trois, ça craint. Je donnerai tout
de même une chance à la saison 4 parce que, au-delà de ses supers personnages
et de ses talentueux acteurs, la série reste une perle de réalisation. Mais avouons
qu’après cette hémorragie de comédiens, l’intérêt est fortement retombé.
Déception, donc…
Il n’y a pas que les Américains qui savent faire des séries. Les Anglais se débrouillent également très bien. Et ils le prouvent avec MisFits, qui renouvelle totalement le genre du super-héros, que les US avaient massacré avec le très surestimé Heroes, ou le vieux Superminds (dont MisFits est sensé être librement inspiré). Le pitch de départ est très simple, voire simpliste. Cinq délinquants condamnés à des travaux d’intérêt général sont pris dans une tempête mystérieuse qui les dote chacun de super-pouvoirs.
Pour ceux qui ne connaissent pas, voilà 5 raisons de s’y mettre très rapidement :
- Les pouvoirs : Le premier coup de génie de la série est de ne pas perdre de temps à essayer d’expliquer l’étrange phénomène météorologique qui a transformé les héros. On préfère ignorer les causes de cet orage magique pour s’intéresser aux conséquences qu’il a sur les persos : les super-pouvoirs. Le deuxième coup de génie est d’avoir donné aux personnages principaux des pouvoirs qui reflètent leur personnalité : Simon, mal dans sa peau, rejeté de tous, invisible socialement, gagne la faculté de disparaitre pour de bon. Alisha, petit bombe qui chauffe tout ce qui passe, ne peut plus toucher ses proches sans déclencher chez eux une excitation sexuelle animale et agressive. Curtis, ancien champion d’athlé rongé par les remords de s’être dopé, découvre qu’il peut inverser le cours du temps pour corriger les erreurs du passé. Kelly, une fille au physique ingrat qui a connu les moqueries toute sa vie, se met à entendre les pensées encore plus offensantes des gens. Bref, les pouvoirs deviennent une catharsis pour les héros, pas si supers que ça.
- Nathan (Robert Sheehan) : présenté comme le personnage principal de la série, il possède la particularité de ne pas comprendre quel est son superpouvoir pendant tout la première saison (je n’ai rien vu venir, mais au vu de ce que j’ai écrit au dessus, j’aurais dû piger…). Mais il n’en reste pas moins un des personnages les plus intéressants de la série. Irrévérencieux, vulgaire, inconscient, il est surtout très drôle. Rien ne l’atteint et donc il se permet tout, même (et surtout) le politiquement incorrect. Il devient la meilleure incarnation de l’humour britannico-trash de la série.
- Simon (Iwan Rheon) : je le dis direct, c’est mon personnage préféré. Au départ, très timide, voire mutique, Simon est de prime abord assez flippant. Son physique si particulier et ses habitudes à la limite du TOC ne l’aident pas vraiment à se faire des potes. Mais comme à chaque fois avec les personnages en retrait, Simon se dévoile petit à petit et s’impose comme l’un des cerveaux du groupe sans perdre pour autant son étrangeté. Ce qui fait que les autres continuent de le regarder avec une pointe d’incompréhension. Mention spéciale au comédien, incroyable !!!
- Kelly (Lauren Socha) et son accent : la série se passant à Londres avec des personnages issus des classes populaires, il n’est pas étonnant d’entendre un bon vieil accent cockney dans la série. C’est bien simple, sans sous-titres, je capte que dalle à ce que Kelly raconte (et les autres personnages non plus, d’ailleurs). C’est inimitable et ça donne énormément de charme à la série. Pour une fois que le bouseux de service ne parle pas avec un accent texan !
Ici, les 1ères répliques de Kelly, non sous-titrées…
- La réalisation : très esthétisée, la série magnifie ses décors de banlieue bétonnée. Les tours HLM et les cages d’escalier deviennent presque futuristes grâce à des prises de vue ultra travaillées. C’est incroyable de dire ça de ces cités mais c’est beau. Par ailleurs, les effets spéciaux, très discrets (à des kilomètres des effets tape à l’œil de Heroes) continuent d’ancrer la série dans un réalisme surprenant pour une série fantastique. Et ça tombe bien, les héros ne veulent pas être extraordinaires, ils rêvent d’être considérés normalement, pour une fois (MisFits veut dire marginaux rapport au statut de délinquant des héros).
La troisième saison vient de s’achever sur E4, la chaine anglaise qui nous avait déjà offert Skins (décidément, question perles, ils s’y connaissent). Pour ceux qui ne voudraient pas savoir ce qu’il s’y passe, je conseille d’arrêter votre lecture ici. Pour les autres, sachez que la troisième saison ne faiblit pas. Le départ volontaire du comédien Robert Sheehan* a forcé les scénaristes à remplacer Nathan par un nouveau personnage, Rudy, à peu près aussi barré que le précédent. C’est réussi. D’autant qu'un autre personnage Seth, fait son entrée dans cette saison 3 et contribue à densifier les intrigues de ces 8 nouveaux épisodes. Un peu moins étrange que les autres, il est pourtant à l’origine de bon nombre de rebondissements intéressants, y compris le final, bien frustrant comme il faut (‘tain, il va falloir attendre un an !!!). L’épisode sur les comics est brillant et a ma petite préférence cette année (normal Simon y est à l’honneur). Et le suivant nous offre une des meilleures répliques de Kelly : "Focking Nazis !".
*Spoiler de dernière minute: il se murmure que d'autres comédiens pourraient lâcher l'affaire pour la saison 4. Damned!!