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jeudi 30 mars 2017

The (very) Good Fight

Moins d’un an après l’arrêt de ce qui est sans doute le meilleur drama des networks américains des années 2010 - à savoir The Good Wife - CBS a dégainé un spin-off de la série judiciaire baptisé The Good Fight autour du personnage ô combien emblématique de Diane Lockhart. A part un pilote diffusé sur la chaine historique, le reste de la saison, qui comptera au final 10 épisodes, est diffusée sur CBS All Access, la plateforme VOD du network, depuis la mi-février. Il faut bien reconnaitre que les deux dernières saisons de The Good Wife nous avaient un peu ennuyés. L’idée de replonger dans l’univers créé par Robert et Michelle King était donc à double tranchants : soit les King confirmaient avec ce spin-of qu’ils avaient définitivement perdu leur modjo, soit c’était un moyen pour eux de retrouver une fraicheur oubliée sur la fin de TGW. Avec déjà 6 épisodes visionnés, on est heureux de voir que la série a donné raison à cette seconde option. The Good Fight est un vrai plaisir à regarder parce qu’il nous permet de retrouver 5 éléments qui nous manquaient cruellement depuis l’arrêt de The Good Wife.


Diane Lockhart : sans spoiler ceux qui n’auraient pas vu la saison 7 de The Good Wife, on ne peut pas dire que le personnage de Diane avait eu la fin qu’elle méritait (même si elle a quand même bénéficié d’un meilleur traitement que d’autres personnages – cc Cary !). C’est donc particulièrement jouissif de retrouver ce personnage charismatique, classe et intelligent qu’est Diane Lockhart. Sa silhouette élancée, ses cheveux toujours impeccables, ses tenues magnifiques, ses lunettes emblématiques, sa diction parfaite, tout ce qui fait le personnage nous avait manqué !
Que c’est bon de la retrouver ! Magistralement interprétée par la belle et talentueuse Christine Baranski (qu’on aime tous fort d’amour), Diane crève l’écran à chacune de ses apparitions. Bien malmenée dans le pilote, elle prouve dans the Good Fight que son âge n’a en rien entamé sa rage de se battre et sa volonté de défendre les causes justes. On aurait tous aimé qu’elle devienne juge dans une vie passée, mais on est ravi de la voir s’engager dans de nouveaux combats et dans sa nouvelle vie. Diane, ON TE KIFFE !

Lucca Quinn : petite dernière arrivée dans l’ultime saison de The Good Wife, Lucca était très vite devenue la nouvelle meilleure amie d’Alicia Florrick (la Good Wife de la série originale, pour les novices). Avocate émérite et philanthrope ayant gravi les échelons rapidement au cours de la saison 7 de TGW, elle était pourtant restée discrète sur sa vie personnelle. Et nous, spectateurs curieux, étions condamnés à quitter ce personnage sans en apprendre plus sur un plan privé.
On est donc bien content de la revoir ici, et avec une place de choix, qui plus est. Toujours aussi malicieuse et combative, l’avocate ouvre dans The Good Fight les portes de son intimité et nous laisse enfin voir une facette jusqu’ici inconnue : sa vie amoureuse et/ou sexuelle. Et sur ce point aussi, Lucca incarne définitivement une femme moderne et indépendante qui mène la danse avec les hommes et notamment dans sa jolie relation avec le personnage de Justin Bartha. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un toyboy sympathique entr’aperçu dans le pilote (on la comprend, elle aurait tort de se gêner).

Les guests : l’une des grandes forces de The Good Wife était d’avoir réussi à créer une riche galerie de personnages secondaires récurrents génialement caractérisés. Le spectateur prenait un plaisir énorme à retrouver des visages familiers parmi les juges, les procureurs, les avocats adverses ou les clients.
The Good Fight n’avait donc que l’embarras du choix pour faire revenir certains de ces personnages, Et les scénaristes ne se sont pas restreints. Outre Marissa Gold - la fille géniale de l’inoubliable Eli Gold - qui devient ici l’assistante de Diane, on retrouve le juge Abernathy, toujours aussi dandiesque, l’inénarrable Elsbeth Tascioni (interprétée par l’excellentissime Carrie Preston) ou encore Neil Gross, le Steve Jobs fictif de The Good Wife. Et les retours successifs de tous ces personnages donnent l’impression de retrouver une bande de copains qu’on connait par cœur et qui nous avait bien manquée. Un peu comme quand on ressort enfin ses habits d’été préférés après 6 mois d’hiver pénible.

Les sujets d’actualité : les affaires judiciaires traités dans The Good Wife trouvaient souvent leur inspiration dans l’actualité et certains épisodes faisaient clairement référence à des faits précis et réels (le scandale marital d’Alicia, au cœur de la série, n’était d’ailleurs pas sans rappeler l’affaire DSK). D’autres épisodes s’étaient même révélés étrangement prémonitoires, comme l’épisode 19 de la saison 1 diffusé en 2010 qui évoquait un journal attaqué par des terroristes à cause de caricatures de Mahomet.
The Good Fight reste fidèle à cette ligne éditoriale et place plus que jamais la série dans le monde actuel. Dans le scandale fil-rouge de la série, Madoff y a remplacé DSK. Et le pilote s’ouvre sur le visage de Diane, démocrate invétérée, qui assiste, impuissante, à l’investiture de Donald Trump. En cela, The Good Fight est sans doute la première série de l’ère Trump, même si elle passe l’essentiel de son temps à dénigrer le nouveau résident de la Maison Blanche. L’épisode 5 est particulièrement délicieux puisqu’on y mentionne la fâcheuse tendance du président à tweeter à tout-va (notamment pour commenter ce qu’il regarde à la télévision) et l’impact que de tels tweets ont sur les médias (ici, une chaine de télévision qui renonce à diffuser un épisode de série anti-trump). Savoureux et passionnant !

Les nouvelles technologies : parmi les affaires traitées par Alicia dans The Good Wife, nombreuses étaient celles qui faisaient référence aux problèmes légaux que les nouvelles technologies posent aujourd’hui. Les systèmes d’écoute, les réseaux sociaux, les voitures autonomes… toutes ces innovations trouvaient un écho dans la série d’origine, résolument moderne.
The Good Fight emprunte le même chemin. En plus de faire revenir Neil Gross, elle réutilise tout l’univers digital créé dans The Good Wife et notamment ChumHum, l’équivalent fictionnel de Google. Et elle poursuit sa réflexion sur le danger des réseaux sociaux, des trolls et du cyber-harcèlement, que ce soit avec le personnage de Maia, qui se retrouve au cœur du scandale financier de ses parents ou avec l’épisode 6 qui traite frontalement la problématique de la modération des commentaires haineux sur les réseaux sociaux.


Tout aussi élégante, intelligente et efficace que sa grande sœur, The Good Fight a repris le flambeau de son ainée avec panache. En plaçant Diane et Lucca sur le devant de la scène (avec, à leurs côtés, Maia et Marissa), la série continue de revendiquer plus que jamais son féminisme, auquel elle ajoute fièrement sa volonté de lutter aussi contre le racisme. Parfaitement écrite, magnifiquement réalisée, cette nouvelle série semble tout droit sortie des meilleures saisons de The Good Wife et nous fait par là-même oublier la déception des dernières. Et c’est sans surprise mais avec grand plaisir qu’on a appris récemment le renouvellement de The Good Fight pour une saison 2. The Good Wife est morte, vive The Good Fight !

mercredi 11 mai 2016

The (not so) Good Wife (anymore)… in my opinion.



Plutôt discrètement, The Good Wife a tiré sa révérence dimanche soir. Programme phare de CBS depuis 7 ans, la série judiciaire intelligente et drôle suivait les déboires surtout professionnels mais aussi personnels d’Alicia Florrick (Julianna Margulies), une avocate de Chicago mêlée malgré elle aux scandales politico-sexuels de ton procureur (puis gouverneur) de mari. De prime abord assez classique dans sa forme, ce procedural (un épisode, un procès) a pris de plus en plus d’ampleur au fil des épisodes et des saisons, notamment grâce à une galerie de personnages secondaires récurrents délicieux et à des storylines feuilletonnantes de plus en plus complexes. Moi-même d’abord sceptique, j’ai fini par plonger et force est d’admettre que The Good Wife est une excellente série. Du moins jusqu’à sa saison 5. Sans être ratée, la saison 6 amorce déjà un certain déclin qualitatif. Et pour être franc, malgré un regain d’intérêt durant quelques épisodes en fin de saison, on s’est franchement ennuyé pendant une bonne partie de la saison 7. Alors pourquoi ça ne marchait plus ? Pourquoi The Good Wife est devenue l’ombre d’elle-même sur sa fin ?  J’y vois cinq raisons.
(bon, forcément, ça spoile un peu mais je reste vague sur les derniers épisodes)


La carrière d’Alicia en dents de scie : pendant les cinq premières saisons, Alicia n’avait de cesse de gravir les échelons petit à petit au sein de son cabinet allant même jusqu’à créer sa propre société avec Cary ; mais depuis le début de la saison 6, sa carrière est un peu plus chaotique. Et il faut bien dire qu’elle change d’avis comme de chemisier. Après avoir essayé de devenir procureur (LA fausse bonne idée de la saison 6), Alicia lâche la boite qu’elle avait avec Cary (LA vraie bonne idée de la saison 5), essaye d’être avocate commise d’office, monte finalement son business, d’abord toute seule puis avec Lucca, mais finalement abandonne pour revenir chez Lockhart Gardner (qui entre temps a changé 10 fois d’associés et de noms) pour en devenir associé. Bref, les scénaristes font des choix qu’ils semblent regretter quelques épisodes plus tard. A chaque fois, on se dit "ah tiens pourquoi pas, ça peut être cool" et puis finalement on nous coupe l’herbe sous le pied avec autre chose. Du coup, on attend de ce qu’on va bien pouvoir nous sortir du chapeau et on s’ennuie.

L’inexistence de Diane et Cary : c’est vraiment le plus grand échec de cette saison.
Diane est un personnage super fort, incarnée par une comédienne ultra charismatique (<3 Christine Baranski) et avec qui il ne se passe malheureusement plus rien depuis de nombreux épisodes. L’idée géniale de la faire juge a été abandonnée alors qu’on tenait là un développement inédit, largement à la hauteur du perso. L’associer à Cary était un pis-aller pas inintéressant mais la sauce n’a jamais pris.
Cary, justement, parlons-en : depuis qu’il a rejoint le vaisseau-mère, il ne sert plus à rien. C’est même risible à quel point les scénaristes ne savent plus quoi faire de lui. Des embryons d’intrigues sont amorcés (un collègue gay qui se méprend, une accusation de discrimination à l’embauche…) mais aucune n’est menée à son terme. A part celle des quatre derniers épisodes, trop courte et trop floue pour être vraiment réussie. Dommage le talent (et la voix) de Matt Czuchry méritait mieux.
Dans l’épisode final, qui personnellement m’a beaucoup déçu (à ce propos, je vous invite à lire cet article de mon pote Marc, pas content, et celui-ci de mon pote Maxime, bcp plus nuancé : ils ne sont pas d'accord mais leurs deux avis m'ont intéressé), Diane et Cary sont pour moi LES personnages oubliés. Rien n’est fini, rien n’est bouclé pour eux. Certes la série s’appelle The Good Wife et se concentrait sur  l’histoire d’Alicia mais c’est dommage de ne pas donner une fin claire à ces personnages.

Les affaires de Peter et donc d’Eli : Boooring. OSEF. Balek’. J’en passe et des pas mûres.
Ok, je n’ai JAMAIS aimé Peter (la faute au comédien qui jouait Big dans Sex & the City, personnage que je détestais déjà). Mais alors là dans cette saison 7, on les accumule avec lui. Je me fous de sa campagne électorale en début de saison et je m’ennuie carrément avec son nouveau procès en seconde partie de saison. J’avoue même avoir été totalement largué pendant un bon bout de temps avant de comprendre quoique ce soit à cette histoire de grand jury. Ca sort de nulle part, c’est flou ; une fois de plus, on a le sentiment que les scénaristes ne savent pas où ils vont avant de nous sortir une vieille affaire de derrière les fagots.
Quant à Eli, j’ai beau aimé son personnage (et son comédien), j’ai toujours trouvé qu’il avait un rôle à part, difficilement conciliable avec le reste de l’univers de la série. Et au bout de 7 ans, ça ne marche définitivement plus. Il nous fatigue à revenir sans cesse vers Alicia pour des politiqueries qui n’intéressent que lui et Peter. Seul moment passionnant (et au final peu exploité) : lorsqu’il révèle à Alicia l’un de ses plus gros coups de pute datant des premières saisons.

Les p’tits nouveaux, pas à la hauteur : à force d’essorer les personnages existants précédemment cités et de ne plus savoir quoi leur faire faire, il fallait bien en créer d’autres pour apporter un peu de sang frais. Et c’est souvent assez réussi… du moins en apparence. Car rapidement, ces personnages tournent à vide et se révèlent être de jolies coquilles dénuées de vrais enjeux. C’était le cas de Finn arrivé en saison 5, largement développé en saison 6 et totalement zappé en saison 7. Mais c’est surtout le cas de Lucca Quinn, avocate badass et nouvelle confidente d’Alicia et de Jason, détective privé et amant d’Alicia. Deux supers personnages sur le papier mais qui n’ont finalement pas grand-chose à défendre si ce n’est une répartie cinglante à la cour pour l’une et une moue séducto-charmante pour l’autre. Ces deux-là offrent de jolies scènes mais ont du mal à s’extraire de leur rôle de faire-valoir.

Le départ de Kalinda : on ne va pas se voiler la face, l’un des meilleurs personnages (le meilleur ?) de la série a tiré sa révérence en fin de saison 6. Et c’est vraiment regrettable. Kalinda (Archie Panjabi) était le perso le plus original, le plus complet, le plus sexy, bref le plus intéressant de la série, au coude à coude avec Alicia. On ne reviendra pas sur les vraies raisons de son départ (en gros, Julianna Margulies ne pouvait pas encadrer Panjabi), mais ça a laissé un énorme vide que les scénaristes n’ont jamais réussi à combler. D’ailleurs, on a très rarement vu Jason à l’œuvre, là où on se délectait des méthodes d’investigation peu orthodoxes de Kalinda. Preuve que le nouveau détective ne lui arrive pas à la cheville.


L’une des meilleures séries des networks s’est achevée dimanche dernier mais peut-être aurait-elle mérité de se terminer deux ans plus tôt. The Good Wife n’a jamais réussi à retrouver les sommets des saisons 4 et 5 et nous sert une dernière saison (et un final) en demi-teinte, pas complètement satisfaisante, voire franchement décevante. Tant pis, on gardera plutôt en mémoire Colin Sweeney, Elsbeth Tascioni, Patti Nyhom, Bishop, Chumhum et la NSA qui ont fait les grandes heures de The Good Wife. In my opinion. 

dimanche 22 avril 2012

Les Experts: la battle !


J’ai passé la barre des 5000 pages vues sur ce blog (youpi ! merci !) et dans un grand élan de narcissisme exacerbé, j’ai relu mes premiers billets. Dans le post pilote, je soulevais une question tant de fois débattue : des trois franchises des Experts (par ordre d’apparition sur les écrans : Las Vegas, Miami et Manhattan), laquelle est la meilleure ? En ces temps électoraux, j’ai décidé d’élire la meilleure franchise, en les comparant, point par point.

La ville et leurs enquêtes : Le lieu de l’action reste la première façon de différencier ces séries sœurs. Absolument pas anodin, le choix des villes donne un ton général original à chacune des trois séries.
A Las Vegas, les enquêtes et les meurtres sont à l’image de la ville du vice : sulfureux, ils se passent essentiellement la nuit, dans des ambiances de fêtes, de jeux, de prostitutions et de spectacles plus ou moins grand public. Évidemment, certains meurtres se déroulent dans des contextes un peu moins extravagants, mais globalement, la série exploite assez bien l’image déviante de Vegas.
Les Experts : Manhattan exploite également deux des facettes bien connues de New York : le coté cosmopolite de la mégalopole et sa place de superpuissance économique. Les enquêtes traitées par la série sont donc généralement tournées vers le monde des affaires et utilisent pleinement le jeu des communautés très variées qui cohabitent malgré elles dans la Grande Pomme.
Pour Les Experts : Miami (que je regarde moins, je l’avoue), je n’ai pas réellement réussi à ressentir l’influence de la ville sur le choix des enquêtes. La série pourrait sans problème se dérouler dans une autre ville des Etats-Unis, comme San Diego ou Honolulu (pour prendre des villes au climat similaire) Un premier mauvais point pour Miami.
Bilan : Las Vegas : 1, NY : 1, Miami : 0.

 
La photographie : encore plus marquée que les lieux où se déroule l’action, la photographie est résolument différente d’une série à l’autre et donne une forte identité à chaque dérivée de la franchise.
Dans Les Experts (entendez Las Vegas), les couleurs fluos des néons des casinos et des machines à sous dominent. Les ambiances sont toujours très contrastées, très saturées et donnent à la série une dimension acidulée, hystérique, raccord avec les ambiances de la ville.
A Miami, la photographie reflète parfaitement le climat floridien : chaude, lourde, moite, elle est servie par des tons jaunes étouffants, parfaitement raccord avec l’idée que l’on peut se faire de cette région.
Plus froide, au cœur de ses buildings de pierre et d’acier, les Experts : Manhattan utilise une photographie aux tons bleus, électriques, glacés et donne à la série l’image plus impersonnelle, plus anonyme que dégagent les grandes villes.
Bilan : Las Vegas : 1, Miami : 1, NY : 1. La photographie est une réussite dans les trois séries.

 
Le chef : chaque série des Experts suit une équipe de policiers scientifiques. A la tête de ces équipes, un homme est là pour diriger ce petit monde et la personnalité de ces trois chefs d’équipes impacte profondément sur le ton de la série. Sur ce point, les séries diffèrent énormément. Ce qui confirme qu’avant de raconter des histoires, une série se doit de se doter de personnages parfaitement écrits (ouais, ok, c'est un porte ouverte que j'enfonce, là).
 A Vegas, on a affaire à Gil Grissom (interprété tout en finesse par William Petersen) : véritable papa poule, Grissom prend grand soin de ses ouailles. Il est là pour manager ses employés, les faire grandir dans leur métier et les élever à son niveau. Très respecté, il est reconnu pour être une sommité dans son travail. Sa surdité naissante, son amour pour les insectes et sa relation à demi-avouée avec Sara Sidle (Jorja Fox) aident fortement à humaniser ce personnage et à en faire le patron qu’on rêve tous d’avoir un jour. La série ne se remet d’ailleurs pas très bien de son départ en fin de saison 9, les chefs suivants n’ayant pas son aura ni son charisme.
A Manhattan, Mac Taylor (joué par Gary Sinise) fait lui aussi partie des chefs qui placent le bien-être de son équipe avant le sien. Fortement marqué par la disparition de sa femme dans les attentats du World Trade Center, Mac est un taiseux qui ne parle pas pour ne rien dire et qui reste globalement maitre de ses émotions. Certes moins réussi que Grissom, ce personnage posé et réfléchi contribue tout de même largement au succès de la série.
Dans les Experts : Miami, il faut bien dire que le choix du comédien principal est l’erreur numéro un de la série. David Caruso incarne le lieutenant Horatio Caine. Absolument pas charismatique, totalement dépourvu d’émotions, ce personnage passe la moitié de son temps à mettre et à enlever ses lunettes de soleil (bah oui, y fait beau à Miami) pour se donner une pauvre consistance et pour occuper les silences lourds qui viennent ponctuer artificiellement chacune de ses phrases. Caruso est insupportable, soporifique et transparent ! C’est à cause de lui que je ne regarde pas Miami. Un gros bouh !!!
Bilan : Las Vegas : 2, NY : 1, Miami : 0 (et encore, je suis gentil de ne pas mettre de point négatif !)

L’équipe : les séries ne se limitent malgré tout pas qu’à leur chef et le reste des équipes contribue aussi à donner une patte particulière à chacune des trois séries.
Je suis à peu près autant fan de l’intégralité de l’équipe de Vegas que je le suis de Grissom. J’adore le charisme et le passé trouble de Catherine Willows, j’aime la rivalité amicale entre Nick Stokes, Sara Sidle et Warrick Brown, j’aime aussi la montée en puissance de Greg Sanders. C’est la plus belle réussite des Experts : Las Vegas : avoir su mettre en scène une équipe aussi attachante qui parvient à exister et à évoluer dans une série qui privilégie avant tout les meurtres et les enquêtes.
A Miami, c’est l’inverse. L’équipe n’existe pas, totalement plombée par la présence de leur chef imbuvable. Ok, j’en fais trop mais vous avez compris l’idée. Je ne les connais pas parce que Caruso m’en a empêché. Dommage, j’aimais bien Emily Pocter dans The West Wing.
L’équipe de Manhattan est dans l’entre deux. Tous les membres ne m’intéressent pas de la même façon. En fait, j’aime bien l’histoire d’amour qui se développe entre Danny et Lindsay, fraichement débarquée de son Montana natal (ce qui lui vaut son surnom dans la série) en début de saison 2. Stella Bonasera m’intéresse moins que Willows, son alter-go à Las Vegas mais sa complicité avec Mac est plutôt réussie.
A noter qu’hormis le capitaine Jim Brass à Vegas, les flics qui accompagnent nos experts scientifiques ont un peu de mal à exister réellement. Tout comme les médecins légistes qui restent des personnages très secondaires moyennement développés.
Bilan : Las Vegas : 2, NY : 1, Miami : 0.

Le générique : trois séries, trois chansons des Who. Les gouts sont dans la nature et mon choix n’est absolument pas justifié mais je préfère le générique des Experts : Manhattan. Et parce que j’aime la série, j’aime bien celui de Vegas aussi.



Bilan, de façon purement arbitraire donc : NY: 2, Las Vegas : 1, Miami : 0.

Au final, Las Vegas remporte 7 points, Manhattan en compte 6 et Miami n’en récolte qu’un. C’est parfaitement représentatif de ce que je pense de ces trois séries. Donc que celui qui vient me voir pour me parler des Experts : Miami sache à quoi s’en tenir. Je fais un blocage total. Viva Las Vegas !

lundi 19 décembre 2011

2 Broke Girls: pas déplaisant.

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Aux États-Unis, les audiences d’un programme sont analysées de deux manières. L’audience sur le public global, comme son nom l’indique, donne une idée du nombre de téléspectateurs devant un programme. Mais ce que les annonceurs étudient le plus, c’est l’impact des séries sur les 18-49 ans (qu’on appelle en France de manière un poil plus sexiste la ménagère de moins de 50 ans) : ce sont eux qui achètent, ce sont donc eux qu’il faut séduire. Et sur cette tranche de la population, la nouveauté de l’année qui fait le meilleur score s’appelle 2 Broke Girls.

Autant prévenir tout de suite, cette sitcom n’est pas une révolution. Très classique dans sa forme (les épisodes sont enregistrés en public dans des décors en U à la manière du théâtre, comme Friends, How I met ou Seinfeld), elle n’est pas non plus ultra innovante dans ce qu’elle raconte : en plein crise économique, deux serveuses galèrent ensemble pour essayer de mettre de l’argent de coté et de monter leur propre business. Max, la brune, est fauchée depuis toujours. Elle n’a jamais quitté son quartier situé dans Brooklyn et assume un pessimisme assez prononcé. Caroline, la blonde, est la fille d’un escroc dont tous les biens ont été saisis du jour au lendemain par le Fisc américain (toute ressemblance avec Paris Hilton et Bernard Madoff est parfaitement volontaire). Ultra optimiste, elle continue de croire que tout va s’arranger et qu’elle retrouvera son train de vie d’antan. C’est le bon vieux classique des opposés qui s’attirent. Du coup, par exemple, quand il s’agit de fêter son anniversaire à une cliente du diner où elles travaillent, les deux serveuses ne réagissent pas tout à fait de la même manière.


Autour d’elles, les personnages secondaires sont très souvent caricaturaux mais suffisamment secondaires pour ne pas devenir encombrants.

Ça n’est donc pas un bouleversement cathodique, mais ça marche. Les Américains sont plutôt doués pour créer des comédies de ce genre. Et pour peu qu’on y traite de sujets qui les touchent, c’est gagné. Et là, en 2011, la crise, la galère et les problèmes de thunes, ça leur parle. En toile de fond, on trouve également une bonne critique du mouvement hipster: Un peu l’équivalent des bobos français, les hipsters sont très implantés dans Brooklyn. Branchés, djeun’s et artistes, ils ont certes le mérite de réhabiliter de vieux quartiers mais ont surtout l’inconvénient de repousser les populations plus pauvres vers la périphérie des villes. D’où la haine que le personnage de Max voue à ces hipsters. Pour ceux qui comprennent l’anglais :


Voilà, je me devais de regarder ce qui est donc un hit de cette rentrée 2011. Au final, ça n’est pas fatigant ni ennuyeux. Ça se laisse regarder. C’est du easy-watching, comme diraient les hipsters.